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Theodor W. Adorno, ou le pessimisme de la raison
à propos de Arno Münster, Adorno. Une introduction
Par Michael Löwy
Personnage contradictoire, à l’oeuvre fragmentaire et multiple, résistant à tout système, Adorno ne se prête pas à une présentation simplificatrice. L’introduction qu’en propose Arno Münster parvient cependant à saisir les lignes de force de sa critique radicale de la civilisation occidentale, hantée par le désir impossible et pourtant irréductible de l’émancipation.

Theodor Wiesengrund Adorno est un personnage fascinant et paradoxal: bourgeois aux goûts raffinés et aristocratiques, il est l’auteur d’une des critiques les plus dévastatrices de la société bourgeoise moderne; mandarin universitaire hostile aux agitations étudiantes, il a été l’un des principaux maîtres à penser de la génération de jeunes allemands rebelles des années 1960; homme des Lumières quant au coeur de ses valeurs et de sa philosophie, il a impitoyablement déconstruit la rationalité moderne héritée des Lumières; refusant tout engagement politique, il n’est pas moins resté fidèle, dans l’exil américain et dans l’Allemagne conservatrice de l’après-guerre, aux idéaux émancipateurs du marxisme; enfin, typiquement eurocentrique dans tous ses écrits – où les questions concernant les pays du Sud et leurs cultures brillent par leur absence – il n’a pas moins été l’un des inspirateurs d’Edward Saïd et du courant postcolonial contemporain. Cet individu traversé de part en part par des contradictions a produit une oeuvre dont la cohérence est impressionnante. Ces paradoxes, l’auteur des Minima Moralia en était parfaitement conscient, puisqu’il écrivait, avec une bonne dose d’auto-ironie: «Les intellectuels sont les derniers ennemis des bourgeois et en même temps les derniers bourgeois».

La réception d’Adorno en France a privilégié son oeuvre esthétique, grâce notamment aux remarquables essais de Marc Jimenez. Certains de ses lecteurs se sont cependant intéressés plus particulièrement à sa critique de la domination: Miguel Abensour, Pierre Zima, Jean-Marie Vincent. Ce livre appartient plutôt à ce deuxième groupe. Arno Münster est un universitaire franco-allemand, spécialiste internationalement reconnu de l’oeuvre d’Ernst Bloch et auteur d’un grand nombre d’ouvrages importants sur la pensée allemande, notamment sur Nietzsche, Heidegger, Hermann Cohen, Walter Benjamin, Hannah Arendt, Jürgen Habermas. L’ouvrage ici recensé n’est ni une biographie d’Adorno, ni un essai critique sur un aspect particulier de ses écrits, mais, comme son sous-titre l’indique, une introduction. Tâche difficile concernant une oeuvre aussi complexe, dont l’écriture aphoristique échappe obstinément à toute tentative de systématisation. L’auteur s’en sort admirablement, qu’on soit ou non d’accord avec tous ses commentaires et critiques. Il a choisi comme fils conducteurs deux dimensions essentielles de l’oeuvre, qu’il va suivre selon un ordre chronologique: la polémique contre l’ontologie heideggerienne et la critique de la société industrielle (capitaliste) avancée. Nous nous intéresserons surtout à ce deuxième aspect.

Raison calculatrice et barbarie

Commençons donc au début: le jeune Theodor Wiesengrund – ce n’est que plus tard qu’il adoptera le nom juif de sa mère, Adorno – est un disciple du professeur néo-kantien de Francfort Hans Cornelius, et il présente, sous sa direction, une thèse inaugurale intitulée «La transcendance du chosal et du noématique dans la phénoménologie de Husserl» (1924); le chapitre qui traite de cet écrit et d’autres travaux de cette époque est réservé aux initiés, à ceux qui connaissent bien la différence entre la réduction eidétique et le noème chosal… (ce qui n’est pas mon cas!) Ce n’est que plus tard – en fait au début des années 1930 – que Wiesengrund va découvrir le matérialisme historique, grâce à la lecture d’Histoire et Conscience de Classe(1923) de György Lukacs – le livre culte pour toute cette génération d’intellectuels de gauche – et grâce à ses discussions amicales avec Walter Benjamin et Max Horkheimer, et qu’il va devenir un participant actif de l’Institut de recherche sociale de Francfort. On peut considérer son livre sur Kierkegaard – publié, ironie de l’histoire, en janvier 1933, au moment même où un sinistre peintre autrichien devenait chancelier du Reich allemand – comme son premier ouvrage marxiste: l’«intériorité» du philosophe danois est analysée et impitoyablement déconstruite, comme repli du sujet bourgeois sur soi-même, à l’époque du capitalisme développé, c’est-à-dire de la prédominance de la valeur d’usage.

Réduit à l’exil par le nazisme, d’abord en Angleterre, et ensuite aux USA, où s’était déjà installé l’Institut de recherche sociale dirigé par son ami Horkheimer, il écrira, pendant la guerre, en collaboration avec ce dernier, une des plus grandes oeuvres de théorie critique du XXe siècle: la Dialectique de la Raison (1946). On pourrait résumer l’esprit subversif de ce texte par le passage suivant, qui mériterait d’être inscrit, en lettres de feu, dans le préambule d’une future Constitution européenne: «avec l’extension de l’économie bourgeoise marchande, le sombre horizon du mythe est illuminé par le soleil de la raison calculatrice, dont la lumière glacée fait lever la semence de la barbarie».

Sans cacher son admiration pour la pertinence et la lucidité des analyses critiques de ce livre, notre auteur avance un certain nombre de réserves. La première, que je partage, concerne le chapitre sur l’Odyssée, qui fait de la ruse d’Ulysse une figure symbolique de la rationalité calculatrice – une démarche qui fait fi de toute analyse socio-historique et risque d’effacer la spécificité de l’esprit de calcul rationnel de l’entrepreneur capitaliste moderne. L’autre, qui me semble bien plus discutable, reprend en fait les critiques faites par Habermas à l’École de Francfort première manière – il est difficile de savoir si l’auteur, qui cite ses propos, les partage tout à fait.

Habermas va critiquer, notamment dans son Discours philosophique de la modernité,le «pessimisme historique et civilisationnel» d’Adorno/Horkheimer, lesquels, sous l’influence de Nietzsche et Schopenhauer, ont mis en question l’optimisme du progrès des Lumières d’un Kant, d’un Hegel ou d’un Condorcet, en proclamant la thèse de la dégénérescence inévitable de la Raison en déraison – oubliant ainsi l’existence, à côté de la raison instrumentale, d’une autre forme de rationalité, à vocation émancipatrice, la raison communicationnelle. Toujours selon Habermas, la Dialectique de la raison est un ouvrage marqué par un contexte historique spécifique, les années noires de la victoire – temporaire – du fascisme et de la barbarie totalitaire.

Or, il me semble que le «pessimisme» d’Adorno/Horkheimer est incomparablement plus apte à comprendre le XXe siècle que l’«optimisme» illuministe d’un Habermas, qui semble considérer les «années noires» 1933-1945 comme une regrettable parenthèse dans l’histoire du progrès de la civilisation – et non, comme les premiers francfurtiens, comme l’illustration tragique des sinistres potentialités que comporte cette civilisation. Si l’on s’éloigne quelque peu de la perspective étroitement eurocentrique de Habermas, il est évident que la barbarie n’est pas disparue du monde avec la fin du Troisième Reich, le 8mai 1945. Quelques mois plus tard, avec la bombe atomique sur Hiroshima, un nouveau chapitre s’ouvre, qui se poursuit avec les guerres coloniales et/ou impériales en Algérie, en Indochine et en Afrique, les dictatures militaires en Amérique Latine (encouragées et soutenues par les USA), etc. – la liste est bien plus longue. Hélas, dans ces épisodes, la barbarie n’est plus le fait du totalitarisme – fasciste ou stalinien – mais bel et bien de la «civilisation occidentale» et, notamment, des grandes puissances démocratiques. Certes, Adorno et Horkheimer étaient, eux aussi, eurocentriques, mais leurs concepts - rationalité instrumentale, réification, barbarie moderne – et leur «pessimisme civilisationnel» permettent du moins de rendre compte de ces nouvelles formes de l’inhumanité.

Par ailleurs, la critique de la Dialectique de la raison ne concerne pas que le fascisme et le totalitarisme; elle s’attaque aussi – comme l’observe très bien Arno Münster – avec autant de lucidité féroce, aux manifestations d’aliénation, de réification et d’aveuglement (Verblendung) qui résultent du fétichisme de la marchandise, de la réification capitaliste et de l’industrialisation de la culture aux États-Unis et en Europe occidentale. Quant à la rationalité communicationnelle – sans doute une contribution importante de Habermas – que peut-elle tant que la société reste soumise aux impératifs de la valeur d’échange?

Ces questions se trouvent aussi au coeur de l’autre grand ouvrage d’Adorno, Minima Moralia, un étonnant recueil d’aphorismes rédigés entre 1944 et 1947. Selon Miguel Abensour, son éditeur en France, cité par Münster, on trouve dans ce livre «trois ensembles de fragments erratiques, décentrés, lacunaires, de pans de systèmes en ruine, avec des sauts d’intensité, des explosions aphoristiques». Il fallait un outsider, un intellectuel marginal, un exilé pour produire un diagnostic aussi puissant et mélancolique sur la vie mutilée dans la société bourgeoise moderne. Bien entendu, c’est aussi une réflexion sur le fascisme et sur la guerre: paraphrasant ironiquement la célèbre préface de Hegel à la Phénoménologie de l’Esprit – où il était question de Napoléon comme «l’Esprit du Monde sur un cheval», Adorno écrit: «J’ai vu l’Esprit du Monde, non pas à cheval mais sur les ailes d’une fusée et sans tête». D’une façon plus générale, ces fragments tentent d’opposer une rationalité dialectique à la raison dominante, «pour laquelle le cours du monde est intangible», et à la réification bourgeoise. Adorno ne renonce pas à l’espérance utopique/messianique d’une vie authentiquement humaine, où l’autonomie des individus pourrait s’épanouir; mais il est conscient de «l’impossibilité d’une vie vraie dans la vie fausse». Ces mots se trouvent, gravés dans le marbre, sur sa pierre tombale…

Après la guerre, Adorno et Horkheimer – qui n’ont jamais pu renoncer à leur attachement profond à la culture allemande – vont revenir en Allemagne (occidentale), en rétablissant leur Institut à Francfort. C’est de cette époque que date l’ouvrage philosophique le plus important d’Adorno, La Dialectique négative (1966), qui, malgré son apparence moins fragmentaire, n’a rien de «systématique». Au contraire, son objectif est, à travers une polémique intense avec Kant, Hegel et Heidegger, de délivrer la dialectique du système, de l’essence affirmative, de la synthèse positive, et de l’objectivisme ontologique. L’esprit de système, suggère-t-il, n’est pas autre chose, depuis Descartes et Spinoza, que la traduction philosophique de la rationalité bourgeoise fondée sur le calcul économique. La dialectique est négativedans son opposition au principe d’identité, dans sa résistance à l’immédiat, dans son refus des concepts fermés qui prétendent à une vérité éternelle et absolue, dans sa solidarité avec l’expérience subjective de la souffrance face à l’objectivité du monde administré. En affirmant ainsi l’importance du facteur subjectif, la dialectique négative résiste à l’objectivation totalisante du scientisme positiviste – à partir de Kant – fondé sur la «violence d’une quantification déchaînée» qui exclut toutes les qualités ou les réduit à des «déterminations mesurables».

La critique du principe d’identité résulte sans doute, en partie du moins, d’une réflexion sur l’expérience du Troisième Reich et du judéicide. Dans Auschwitz, on trouve la pure identité comme mort, comme anéantissement systématique du non-identique. Mais on trouve aussi, observe Adorno, l’indifférence, ou plutôt, la froideur, «ce principe fondamental de la subjectivité bourgeoise sans lequel Auschwitz n’aurait pas été possible».

Réification, impuissance

Dans sa discussion sur La Dialectique négative, Arno Münster donne beaucoup d’importance à la polémique contre l’ontologie anti-humaniste de Heidegger, dont la mythologisation de l’être relève d’une sorte de «clôture éléatique». Sans nier l’importance de ce débat, je voudrais insister davantage sur un autre aspect, bien entendu présent lui aussi dans ce chapitre: Adorno comme penseur anticapitaliste, critique impitoyable d’un monde où la domination universelle de la valeur d’échange sur les êtres humains empêche les sujets d’être des sujets, et rabaisse la subjectivité à un simple objet. Selon Adorno, plus le système capitaliste, fondé sur le caractère fétiche de la marchandise, se reproduit, plus la structure de la réification s’enfonce dans la conscience des individus et les condamne à l’impuissance.

Dans ces conditions, peut-on concevoir un mouvement d’auto-émancipation des dominés? Adorno ne cachait pas son scepticisme envers toute tentative de praxis subversive, qu’il soupçonnait de contenir des germes de totalitarisme, ou d’être un prétexte pour étouffer – au nom de l’urgence pratique – la pensée critique. C’est la raison de sa brouille avec les étudiants de la nouvelle gauche allemande, qui se réclamaient pourtant de ses idées; cette attitude lui vaudra les critiques sévères de son vieil ami Herbert Marcuse, qui lui conseillait de faire un geste envers les jeunes rebelles. Adorno hésitait à suivre cet avis, mais dans sa réponse à Marcuse, rédigée la veille de sa mort (le 6 août 1969), il reconnaissait tout de même «les mérites du mouvement étudiant relatifs à l’interruption de la transition vers lasociété totalement administrée»…

La grande Théorie esthétique d’Adorno, son dernier grand ouvrage – inachevé –, a été publiée après sa mort, en 1970. Dédiée à Samuel Beckett, il s’agit en fait d’un complément esthétique à la Dialectique négative:la promesse de bonheur de l’art, son contenu de vérité, se traduisent par la négativité, la résistance à l’intégration, le refus de la neutralisation par la réification marchande; la force de l’oeuvre d’art tient à ce qu’elle nie le monde présent, et témoigne des souffrances accumulées au cours de l’histoire.

Utopie ou négation?

Deux annexes complètent cette introduction: la première, dédiée à Nietzsche, tente un bilan de l’attitude – mélange inextricable de fascination et de répulsion – d’Adorno envers le «philosophe au marteau»; autant la protestation de Nietzsche contre la civilisation chrétienne – cette négation institutionnelle de la volonté de vie – et sa critique radicale des systèmes rationalistes (bourgeois) sont légitimes et libératrices, autant son culte de la force et de la volonté de puissance semble annoncer le fascisme allemand.

Le deuxième concerne les rapports personnels et philosophiques entre Theodor Wiesengrund et Ernst Bloch. Tandis qu’au cours des années 1920 et 1930 des liens d’amitié et d’admiration réciproque vont se tisser, autour de certaines convergences importantes (l’intérêt pour la musique, la critique de Kierkegaard et de Heidegger, le refus du dogmatisme «réaliste socialiste» de Lukacs), ces rapports vont se dégrader pendant l’exil aux États-Unis, aboutissant en 1942 à une brouille. Ce n’est qu’en 1958 qu’ils se reverront, lors d’un colloque sur Hegel à Francfort, et ce n’est qu’en avril 1964 qu’ils accepteront de dialoguer en public – très amicalement d’ailleurs – lors d’un débat sur l’utopie dans une radio allemande. Mais leurs désaccords philosophiques et politiques n’avaient pas disparu pour autant, puisqu’Ernst Bloch – qui était devenu un ami proche de Rudi Dutschke – s’est ouvertement solidarisé avec la révolte étudiante. La question de fond, bien entendu, est celle du conflit, ou non, entre la négativité adornienne et l’esprit de l’utopie selon Bloch.

Arno Münster critique, dans une note, un texte que j’avais écrit en collaboration avec Max Blechman – à titre d’introduction à un numéro de la revue Europe dédié à Bloch et Adorno – affirmant l’existence d’une certaine réciprocité entre les deux, puisque «la négation chez Adorno inclut la dimension utopique, et le principe espérance de Bloch implique le travail de la négativité». Münster n’a probablement pas tort de mettre en doute le concept de «réciprocité», mais il me semble difficile de contester la présence d’un moment utopique au coeur de la négativité adornienne. Le scepticisme d’Adorno ne concerne pas tellement l’utopie en tant que telle, mais les mouvements pratiques qui tentent de la réaliser. C’est d’ailleurs ce que dit, en d’autres termes, Münster lui-même vers la conclusion de son livre: Adorno, dans les dernières années de sa vie, était trop pessimiste sur les possibilités de réalisation de l’utopie d’une société libertaire et non-répressive qu’il appelait pourtant de ses voeux dans ses écrits – ne serait-ce qu’un critiquant les sociétés de la consommation, de l’aliénation et de la réification.

On peut conclure, avec l’auteur de cette utile introduction, en constatant non seulement l’importance de la contribution d’Adorno à la critique matérialiste de la culture et de la civilisation contemporaine, mais aussi le puissant rayonnement de ces écrits, «qui marquent à jamais, par leur probité, leur profondeur et leur lucidité, l’histoire intellectuelle du XXe siècle».
Michael Löwy
Michael Löwy, sociologue et philosophe marxiste franco-brésilien, spécialiste de la théologie de la libération, est directeur de recherche émérite au CNRS et enseignant à l’EHESS. Il est notamment l’auteur de Walter Benjamin : avertissement d’incendie. Une lecture des thèses sur le concept d’histoire, de Franz Kafka, rêveur insoumis; et avec Olivier Besancenot, Che Guevara, une braise qui brûle encore. Il a publié en 2001 avec Joel Kovel un Manifeste écosocialiste international qui a nourri le débat sur les liens entre écologie politique et anticapitalisme.
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Michael Löwy
Pour citer cet article : Michael Löwy, Theodor W. Adorno, ou le pessimisme de la raison, in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 06/05/2010, url:http:www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=479
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Rili, Numéro 14, novembre-décembre 2009

Numéro 14

novembre-décembre 2009


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Mathieu Dosse - L’acte de traduction

à propos de : Antoine Berman, L’Âge de la traduction. « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire


Daniel Bensaïd - Sur le Nouveau Parti Anticapitaliste

à propos de : Jérôme Vidal, «Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA», RiLi n°9


Iconographie (légende) -

éditorial - La RiLi a toutes ses dents !

Yves Citton - La passion des catastrophes

à propos de Anne-Marie Mercier-Faivre et Chantal Thomas, L’Invention de la catastrophe au xviii e siècle.Du châtiment divin au désastre naturel, Christopher L. Miller, The French Atlantic Triangle. Literature and Culture of the Slave Trade, Frédéric Neyrat, Biopolitique des catastrophes, René Riesel et Jaime Semprun, Catastrophismes. Administration du désastre et soumission durable et de François Walter, Catastrophes. Une histoire culturelle xvie-xxie siècle


Marielle Macé - La critique est un sport de combat

à propos de Pascale Casanova, La République mondiale des Lettres


Cornel West - Un prisonnier de l’espoir dans la nuit de l’empire américain

entretien avec Gabriel Rockhill


David Harvey - Le droit à la ville

Grégory Salle - Dérives buissonières au pays du dedans

à propos de Jann-Marc Rouillan, Chroniques carcérales (2004-2007)


Sandro Mezzadra - Bibliographies commentées: "L'étude des camps" et "Frontière, citoyenneté et migrations"

Jérôme Vidal - Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA

à propos de Daniel Bensaïd, éloge de la politique profane et de Penser Agir


Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

À propos de Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux, Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine, Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie, Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Marc Saint-Upéry - Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

à propos de Quentin Meillassoux, Après la finitude. Essai sur la nécessité de la contingence


Grégory Hosteins - L’anthropologie sauvage

à propos de Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Marshal Sahlins, La Découverte du vrai sauvage et autres essais et de Lucienne Strivay, Enfants sauvages. Approches anthropologiques


Iconographie - Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

Tour d’horizon de la bande dessinée indépendante


Frédéric Lordon - Finance : La société prise en otage

entretien avec Yann Moulier Boutang et Jérôme Vidal


Mahmood Mamdani - Darfour, Cour pénale internationale: Le nouvel ordre humanitaire

Jan-Frederik Abbeloos - La Chine, dernière chance du capitalisme ?

à propos de Giovanni Arrighi, Adam Smith in Beijing. Lineages of the Twenty-first Century


André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

à propos de: L’Avénement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche » -

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de l’oeuvre de Marcel Gauchet


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Collectif - Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Financiarisation et crise des subprimes: cartographie des parutions récentes


Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Entretien réalisé par Raúl Dellatorre


Penser le contemporain (1): Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos d’Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

A propos de Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Kristin Ross, Nicolas Hatzfeld, Antoine Artous... - Mai 68 : le débat continue

A propos de l'article de Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

A propos de Xavier Vigna, L’insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

A propos de Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Maxime Cervulle - Où sont les folles ?

A propos de Jean-Yves Le Talec, Folles de France. Repenser l’homosexualité masculine


Elvan Zabunyan - La conscience féministe noire, ou la radicalité d’une pensée contemporaine

A propos d’Elsa Dorlin, Black Feminism. Une anthologie du féminisme africain-américain 1975-2000


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

Apropos d’Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes. Cours croisés, pensées parallèles

A propos de Les cours de Gilles Deleuze en ligne (http://www.univ-paris8.fr/deleuze), François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée, et Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903 -

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

A propos de Jacques Bouveresse, La Connaissance de l'écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie, Tzvetan Todorov, La Littérature en péril, Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes, Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)


Marc Escola - Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire

A propos de Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature (trad. Etienne Dobenesque)


Xavier Vigna - Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos d’Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68, Serge Audier, La Pensée anti-68, Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective et Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


Peter Hallward - L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

A propos de Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom? Circonstances, 4


François Cusset - Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne

A propos de Jean-Loup Amselle, L'Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes


Warren Montag - Sémites, ou la fiction de l’Autre

A propos de Gil Anidjar, Semites: Race, Religion, Literature


Alain de Libera - Landerneau terre d'Islam

Frédéric Neyrat - Géo-critique du capitalisme

à propos de David Harvey, Géographie de la domination


Jérôme Vidal - Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l’avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne

Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme : une présentation critique


Artistes invités dans ce numéro -

Terry Castle, Yuki Onodera, Daniel J. Gerstle.


Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

à propos de Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais (Anthologie établie et préfacée par Laurence Allard, Delphine Gardey et Nathalie Magnan)(trad. Laurence Allard, Pierre-Armand Canal, Marie-Hélène Dumas, Delphine Gardey,Charlotte Gould, Nathalie Magnan et Denis Petit)


François Héran - Les raisons du sex-ratio

à propos de Éric Brian et Marie Jaisson, Le Sexisme de la première heure : hasard et sociologie


Michael Hardt - La violence du capital

A propos de Naomi Klein, The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism


Giorgio Agamben - Le gouvernement de l'insécurité

Entretien avec Andrea Cortellessa


Cécile Vidal - La nouvelle histoire atlantique: nouvelles perspectives sur les relations entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques du xve au xixe siècle

A propos de John H. Elliott, Empires of the Atlantic World: Britain and Spain in America 1492-1830 et de Imperios del mundo atlántico. España y Gran Bretaña en América, 1492-1830


Antonio de Almeida Mendes - A bord des Négriers

A propos de Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History


Nicolas Hatzfeld - 30 ans d'usine

A propos de Marcel Durand, Grain de sable sous capot. Résistance et contre-culture ouvrière : les chaînes de montage chez Peugeot 1972-2003


Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

A propos de Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe. Pour une sociologie de la philosophie dans la France contemporaine


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

A propos de Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura: La Espana Inquisitorial Y La Alemania Nazi Cara a Cara


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

A propos de Alessandro Piperno, Proust antijuif (trad. Fanchita Gonzales Batlle)


Artistes invités dans ce numéro -

Claude Cahun, Georges Rousse et Marion Franzini


Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

A propos de George L. Mosse, Zeev Sternhell et Emilio Gentile


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

A propos de John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir (trad. Sylvie Bosserelle) et de Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Entretien avec Elke Wagner


Slavoj Žižek - La colère, le ressentiment et l’acte

A propos de Peter Sloterdijk, Colère et Temps. Essai politico-psychologique (trad. Olivier Manonni)


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

À propos de Claude Lefort, Le Temps présent – Écrits 1945-2005


Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

A propos de Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

A propos de Xavier Bébin, Pourquoi punir ? L’approche utilitariste de la sanction pénale


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

A propos de Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro -

Florence Reymond, Lynne Cohen et Charles-Alexandre Lesueur.


Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale (trad. Christine Vivier), et de François Denord, Néo-libéralisme version française


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant, de Comité invisible, L’Insurrection qui vient, et de David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de Sonia Shah, Cobayes humains. Le Grand Secret des essais pharmaceutiques (trad. Pierre Saint-Jean)


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République. L’avenir des intellectuels en France


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de Stanley Fish, Quand lire c’est faire. L’autorité des communautés interprétatives (trad. Etienne Dobenesque)


Artistes invités dans ce numéro -

Fred Hultstrand, L'Affiche, revue murale de poésie, et Anne Nordmann.


Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de Jack Goody, The Theft of History


Editorial - Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation (trad. Françoise Bouillot)


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée (trad. Marc Saint-Upéry)


Thierry Labica - Le grand récit de la postmodernité

à propos de Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif (trad. Florence Nevrolty) et Fredric Jameson, La Totalité comme complot (trad. Nicolas Vieillescazes)


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de Michael Scott Christofferson : French Intellectuals Against the Left.


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro -

Yann Delacour, Estelle Contamin, Mathieu Pernot