Accueil | Qui sommes-nous? | Numéros parus | Se procurer la RiLi | S'abonner | Newsletter | Contacts | Liens | La toile de la RiLi

Ca suffit : il est temps de boycotter Israël

par Naomi Klein

Dans cette tribune, publiée le 7 janvier sur le site de l’hebdomadaire états-unien The Nation, puis dans le quotidien britannique The Guardian, l’activiste canadienne Naomi Klein prend parti en faveur d’un boycott d’Israël, boycott dont la nécessité a été rendue plus pressante par l’offensive militaire israelienne de décembre 2008 à Gaza. Nous publions à la suite de cet appel la réaction de Robert Pollin, co-directeur du Political Economy Research Institute de l’université de Massachusetts, ainsi que la réponse que lui a faite Naomi Klein.





Il est temps. Plus que temps. La meilleure stratégie pour mettre un terme à l’occupation tous les jours plus sanglante d’Israël est que cette occupation devienne la cible d’un mouvement mondial du même ordre que celui qui précipita la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud. En juillet 2005, une grande coalition de groupes palestiniens conçut un plan pour mener ce projet à terme. Elle appela tous « les gens de conscience, de toute la planète, à imposer un boycott massif à Israël et à mettre en oeuvre des initiatives de désinvestissement, comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid». Ainsi naissait la campagne « Boycott, désinvestissement et sanction » (BDS).



Chaque jour qu’Israël bombarde Gaza fait de nouveaux convertis à la cause de la campagne BDS, y compris parmi les Juifs israéliens. Au beau milieu de l’offensive, à peu près cinq cent Israéliens, dont une douzaine d’artistes et d’universitaires célèbres, envoyèrent une lettre aux ambassadeurs étrangers présents sur le sol israélien. Ils en appelaient à « l’adoption de sanctions et de mesures restrictives immédiates » et faisaient explicitement référence à la lutte anti-Apartheid : «Le boycott en Afrique du Sud fut efficace, et pourtant on continue à ménager Israël.[…]Ce soutien international doit cesser. »



Certains d’entre nous sont tout bonnement incapables d’entendre ces appels. Les raisons de cette surdité sont complexes, émotionnelles et tout à fait compréhensibles. Mais elles ne sont pas pour autant acceptables. Les sanctions économiques restent les armes les plus efficaces de l’arsenal de la non-violence : rendre ces armes signifie se rendre coupable de complicité active. Exposons ici les quatre principales objections à la stratégie du BDS, ainsi que les contre-arguments correspondants.



1) Des mesures punitives radicaliseront plutôt qu’elles ne persuaderont les Israéliens.



La communauté internationale s’est déjà essayée à ce qu’elle appelle « l’engagement constructif», et elle a totalement échoué. Depuis 2006, Israël n’a pas cessé d’intensifier ses actions criminelles : expansion des colonies, déclenchement d’une guerre scandaleuse contre le Liban et punition collective des Palestiniens de la bande de Gaza au moyen d’un blocus assassin. Malgré cette escalade dans l’horreur, Israël n’a fait l’objet d’aucunes représailles de la part de la communauté internationale. Bien au contraire. Les armes et les trois milliards de dollars d’aide annuelle que les États-Unis envoient à Israël ne sont que la partie la plus visible de cet état de grâce. Israël a en effet bénéficié pendant cette période cruciale d’une incroyable embellie dans ses relations commerciales, diplomatiques et culturelles avec un certain nombre de pays alliés. Israël est, par exemple, devenu en 2007 le premier pays hors de l’Amérique latine à signer un accord de libre-échange avec le Mercosur. Au cours des neuf premiers mois de 2008, les exportations israéliennes vers le Canada ont augmenté de 45 %. Un nouvel accord commercial avec l’Union européenne va lui permettre de doubler ses exportations de denrées en conserve. Et, pour finir, en décembre dernier, les ministres européens ont « mis à jour » l’accord de partenariat entre l’Union Européenne et Israël, une récompense longtemps attendue par Jérusalem.



C’est dans ce contexte que les dirigeants israéliens ont lancé leur dernière guerre, avec la quasi-certitude que le prix n’en serait pas trop élevé. Il est à cet égard remarquable qu’en sept jours de guerre, l’indice de la Bourse de Tel-Aviv ait augmenté de 10,7 %. Lorsque les carottes ne fonctionnent plus, il est temps de sortir le bâton.



2) Israël n’est pas l’Afrique du Sud



C’est vrai. Mais l’intérêt du modèle sud-africain réside avant tout dans le fait qu’il nous prouve que, quand d’autres types d’actions ont échoué (manifestation, pétition, lobbying), la tactique du BDS peut encore s’avérer efficace. De plus, précisons que les territoires occupés en Palestine font tristement écho à l’Apartheid : les codes couleur des cartes d’identité, les permis de déplacement, les maisons rasées et les déportations, ou encore les routes réservées aux colons. Ronnie Kasrils, un grand homme politique sud-africain, a confessé que la structure de ségrégation qu’il avait pu observer en Cisjordanie et à Gaza était « infiniment pire que celle de l’Apartheid. » C’était en 2007, avant qu’Israël ne se lance dans une guerre totale contre la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.



3) Pourquoi montrer Israël du doigt quand les États-Unis, l’Angleterre et d’autres pays occidentaux font exactement les mêmes choses en Irak ou en Afghanistan ?



Le boycott est une tactique, et non un dogme. La seule raison de mettre en oeuvre cette stratégie est d’ordre pratique : elle pourrait bien marcher dans un pays aussi petit et dépendant de son commerce extérieur.



4) Un boycott interromprait la communication. Or, nous avons besoin de plus de dialogue.



Je répondrai à cette objection en me permettant de raconter une histoire personnelle. Durant huit ans, mes livres ont été publiés en Israël par une maison d’édition commerciale nommée Babel. Mais, quand j’ai publié La Stratégie du choc, j’ai voulu respecter le boycott. Sur le conseil d’activistes du BDS, dont l’extraordinaire écrivain John Berger, j’ai pris contact avec un petit éditeur nommé Andalus. C’est une maison d’édition militante, très impliquée dans le mouvement anti-occupation, et sans doute la seule maison israélienne à se consacrer exclusivement à la traduction de textes arabes vers l’hébreu. Nous avons rédigé un contrat spécifiant que tous les bénéfices seraient reversés à Andalus. Tout ça pour dire que si je boycotte l’économie israélienne, je ne boycotte pas pour autant les Israéliens.



Ce projet a nécessité des douzaines de coups de fil, de courriers électroniques et de textos entre Tel-Aviv, Ramallah, Paris, Toronto et la ville de Gaza. Cela signifie que, à partir du moment où vous mettez en place une stratégie de boycott, le dialogue ne peut que s’intensifier. L’argument selon lequel le boycott nous couperait les uns des autres est particulièrement spécieux au regard du nombre d’outils de télécommunication mis à notre disposition et de leur faible coût. Nous « croulons » sous les manières de communiquer par delà les frontières, et aucun boycott n’est en mesure de mettre un terme à cette communication.



À l’instant même, j’imagine qu’un grand nombre d’orgueilleux sionistes se réjouissent à l’idée de pouvoir me rabattre le caquet : ne suis-je donc pas consciente que la plupart des jouets technologiques auxquels je fais allusion sortent directement des départements de R&D d’Israël, leaders mondiaux des infotechnologies ? Oui, mais pas tous.



Quelques jours après l’attaque de Gaza par Israël, Richard Ramsey, gérant d’une entreprise britannique de télécom spécialisée dans les services vocaux sur internet, envoya un courrier électronique à l’entreprise israélienne MobileMax : «Suite aux actions du gouvernement israélien au cours de ces derniers jours, je suis au regret de vous annoncer que nous ne pourrons plus faire affaire avec vous, ni non plus avec une autre entreprise israélienne. » Ramsey a soutenu que sa décision n’était absolument pas politique ; il désirait juste ne pas perdre de clients. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des clients ; ce n’était donc rien d’autre qu’une réaction de défense commerciale. » C’est ce genre de froid calcul commercial qui poussa il y a une vingtaine d’années un grand nombre d’entreprises à déserter l’Afrique du Sud. Et c’est précisément dans ce calcul que réside le plus réaliste des espoirs de rendre enfin justice à la Palestine.



© janvier 2009 Naomi Klein



(Distributed by The New York Times Syndicate)






Sur la question du boycott unilatéral



Par Robert Pollin*




Je m’oppose avec force à la proposition de Naomi Klein de lancer une campagne de désinvestissement et de boycott d’Israël similaire à celle déployée contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Klein anticipe quatre objections à sa proposition et essaye d’y apporter des réponses. Mais elle ignore la plus importante et la plus évidente des objections : punir Israël de la sorte et ne faire porter que sur Israël la responsabilité de l’horrible cycle de violence qui embrase la région reflète un point de vue parfaitement unilatéral.



Je suis complètement d’accord sur le constat que l’occupation israélienne est d’une rare brutalité. Mais le Hamas aussi est violent. À ce jour, la seule chose qui empêche le Hamas d’égaler Israël dans l’horreur sont ses ressources limitées. Le Hamas lance des rockets sur Israël dans le but avoué de terroriser et de tuer des civils. Si l’Iran, par exemple, réussissait à fournir au Hamas des armes plus efficaces, il ne fait aucun doute que le Hamas aurait beaucoup plus de succès dans son entreprise, qu’il terroriserait et tuerait beaucoup plus de citoyens israéliens. Les rockets explosent maintenant à une trentaine de kilomètres à peine au sud de Tel-Aviv.



Le nombre de civils palestiniens morts dans l’offensive actuelle contre Gaza est terriblement élevé. Mais reconnaissons également que le Hamas utilise délibérément des civils comme bouclier humain. La bombe qui a frappé la maison d’un des leaders du Hamas, Nizar Rayyan, a tragiquement tué du même coup sa femme et ses enfants. Mais pourquoi donc Rayyan exposait-il sa famille à un tel danger ?



J’accorde également à Klein que le levier économique est sans doute la meilleure manière d’ébranler décisivement le statu quo(même si, en tenant compte de l’histoire et des affects en jeu, il semble clair qu’une initiative économique ne suffira pas, seule, à changer la donne). Mais, plutôt que de proposer un boycott unilatéral pour punir Israël, pourquoi ne pas engager un programme positif de développement économique qui bénéficierait aux deux camps ? Imaginons, par exemple, un programme d’aide au développement de l’ordre de dix milliards de dollars, étalé sur deux ou quatre ans, et dont les fonds seraient fournis, sur une base équitable, par les États-Unis, l’Union européenne et les pays arabes exportateurs de pétrole. Cette somme serait suffisante pour : 1) entreprendre la création d’un programme de création d’emplois, ainsi qu’un investissement massif dans les infrastructures à Gaza et en Cisjordanie, afin de créer un État palestinien économiquement viable ; 2) réinstaller dans les meilleures conditions le demi-million d’Israéliens qui vivent actuellement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et rendre ces terres aux Palestiniens. Cette seconde initiative implique la construction à grande échelle de maisons d’habitation, ainsi que des programmes de création d’emplois et d’infrastructures communautaires en Israël, peut-être concentrés dans les régions moins développées du Sud et du Nord.



La somme que j’annonce peut sembler excessive. Mais rappelons que 10 milliards de dollars représentent à peu près 7 % de ce que les États-Unis ont dépensé en Irak en 2007, et 5 % des revenus pétroliers de l’Arabie Saoudite en 2008 (194 milliards de dollars). Cette somme semble donc bien modeste en comparaison des opportunités qu’elle peut contribuer à faire naître en vue d’une paix durable et équitable dans la région.



© Robert Pollin



Réponse de Naomi Klein



Robert Pollin semble croire que le plus gros problème avec la stratégie du « Boycott, désinvestissement et sanction » (BDS) réside dans le fait qu’elle ne prenne pour cible que l’un des acteurs du conflit. Pour Pollin, ce conflit oppose deux parties également coupables, qui méritent des châtiments équivalents. Ce n’est pas vrai. Israël a déporté des centaines de milliers de Palestiniens en 1948, annexé la plus grande partie de leurs terres en 1967, et continue à occuper leur pays aujourd’hui. Les forces d’occupation et les habitants d’un pays occupé ne partagent pas les mêmes responsabilités, ce qui explique pourquoi les devoirs et les responsabilités définis par la Convention de Genève ne concernent que la puissance d’occupation – lois, soit dit en passant, qu’Israël viole en toute impunité.



Même si l’on accepte l’argument de Pollin selon lequel toute sanction devrait punir équitablement les deux camps, nous nous retrouvons face à un bien plus gros problème. Comment le professeur Pollin peut-t-il proposer de punir les habitants de Gaza plus qu’ils ne le sont déjà ? Au cas où il ne l’aurait pas remarqué, il existe déjà une féroce campagne de boycott et de sanction, et cette campagne est parfaitement unilatérale. Je me réfère, bien entendu, au siège de dix-huit mois qu’Israël a imposé à Gaza, comme punition pour avoir élu le Hamas au cours d’élections pourtant soutenues par les États-Unis. Conséquence immédiate de cet état de siège, les habitants de Gaza ont été privés de médicaments, de combustibles et de papier – sans parler de l’approvisionnement en nourriture. Cela va bien plus loin qu’un simple boycott : c’est une « punition collective » au sens où l’entend Richard Falk, rapporteur spécial auprès des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. En comparaison, le genre de boycott légal auquel appelle la campagne du BDS coûtera à Tel-Aviv quelques concerts internationaux et, si les choses se passent vraiment bien, privera Israël d’un petit nombre d’investissements étrangers. Cela n’affamera pas un pays entier ni ne le rendra malade. Dans ce contexte de punition unilatérale bien réelle infligée aux Palestiniens, et cautionnée par le monde soi-disant civilisé, se plaindre d’un boycott unilatéral contre Israël est, disons-le, franchement obscène.



En ce qui concerne l’allocation de 10 milliards de dollars pour un redéveloppement et une « relocalisation », il ne fait aucun doute que, si jamais un accord de paix devait être trouvé, un dividende de paix généreux sera nécessaire à sa mise en application. Mais avant de nous décerner des récompenses pour une paix inexistante, il faut qu’Israël apprenne que cette guerre sans fin lui coûte trop cher. Et c’est bien là l’utilité de la stratégie du BDS : aider Israël à parvenir à cette conclusion éminemment raisonnable.



© Naomi Klein 2009



(Traduit de l’anglais par Aurélien Blanchard)



Naomi Klein
Naomi Klein est une journaliste et essayiste canadienne, auteure, entre autres, de No Logo. La tyrannie des marques et de La Stratégie du choc.
Pour citer cet article : Naomi Klein, « Ca suffit : il est temps de boycotter Israël », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 17/03/2009, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=319
Rechercher :
Espace abonnés
Mot de passe oublié ?
Rili, Numéro 10, mars-avril 2009

Numéro 10

mars-avril 2009


Naomi Klein - Ca suffit : il est temps de boycotter Israël

Henry Siegman - Les mensonges d'Israël

Amira Hass - Retour à Gaza : une prison à ciel ouvert

Enzo Traverso - Le siècle de Hobsbawm

à propos de
Eric J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991)


Yves Citton - La pharmacie d'Isabelle Stengers : politiques de l'expérimentation collective

à propos de
Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient


Isabelle Stengers - Fabriquer de l'espoir au bord du gouffre

à propos de
Donna Haraway,


Serge Audier - Walter Lippmann et les origines du néolibéralisme

à propos de
Walter Lippmann, Le Public fantôme
Pierre Dardot et Christian Laval, La Nouvelle Raison du monde. Essai sur la société néolibérale


oeil en terre 2

Ariane Bart - crise économique

Nancy Fraser - La justice mondiale et le renouveau de la tradition de la théorie critique

Mathieu Dosse - L’acte de traduction

à propos de
Antoine Berman, L’Âge de la traduction. « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire


Stéphane Chaudier - Plus belle la vie : bienvenue en enfer

à propos de
Plus belle la vie


Daniel Bensaïd - Sur le Nouveau Parti Anticapitaliste

à propos de
Jérôme Vidal, « Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA », RiLi n°9


Nicolas Weill - De l’« autre » au « frère ». La figure de Jésus dans la littérature hébraïque contemporaine

à propos de
Neta Stahl, Tzelem yéhoudi. Yétsougav Yéshou ba-sifrout ha-’ivrit chèl ha-méa ha-èsrime [Image juive : représentations de Jésus dans la littérature hébraïque du XXe siècle]


Mathieu Dosse - Traduction : une enquête sociologique

à propos de
Gisèle Sapiro, Translatio. Le marché de la traduction en France à l’heure de la mondialisation


Iconographie (légende)

Jérôme Vidal - Réaction de Nous sommes la gauche (et une réponse de Jérôme Vidal)



Articles en accès libre

Yves Citton - Foules, nombres, multitudes : qu'est-ce qu'agir ensemble ?

à propos de
Collectif, Local Contemporain n°5
Thomas Berns, Gouverner sans gouverner. Une archéologie politique de la statistique
Pascal Nicolas-Le Strat, Expérimentations politiques
Pascal Nicolas-Le Strat, Moments de l'expérimentation


Philippe Minard - « À bas les mécaniques ! »: du luddisme et de ses interprétations

à propos de
François Jarrige, Au temps des "tueuses à bras". Les bris de machines à l'aube de l'ère industrielle (1780-1860)


Jérôme Vidal - La dernière « intox »
de l’industrie atomique :
le nucléaire, une énergie propre et sûre

à propos de
À propos de Frédéric Marillier, EPR. L’impasse nucléaire,


Charlotte Nordmann - Insoutenable nucléaire

à propos de
À propos de Laure Noualhat, Déchets, le cauchemar du nucléaire,


A l'attention de nos lecteurs et abonnés

La Revue internationale des Livres et des Idées reparaît en septembre !

"Penser à gauche. Figures de la pensée critique" en librairie

Jean-Numa Ducange - Editer Marx et Engels en France : mission impossible ?

à propos de
Miguel Abensour et Louis Janover, Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx
Karl Marx, Le Capital


J. R. McNeill - La fin du monde est-elle vraiment pour demain ?

à propos de
Jared Diamon, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie


Antonio Negri - Produire le commun. Entretien avec Filippo Del Lucchese et Jason E. Smith

Alfredo Gomez-Muller - Les luttes des "indigènes en Bolivie : un renouveau du socialisme ?

Arne Næss et la deep ecology: aux sources de l'inquiétude écologiste

Comment vivons-nous ? Décroissance, "allures de vie" et expérimentation politique. Entretien avec Charlotte Nordmann et Jérôme Vidal

Giovanna Zapperi - Neutraliser le genre ?

à propos de
Camille Morineau, L'adresse du politique


Politiques du spectateur

Partha Chatterjee - L’Inde postcoloniale ou la difficile invention d’une autre modernité

Le climat de l’histoire: quatre thèses

Alice Le Roy - Écoquartier, topos d’une écopolitique ?

Jérôme Vidal et Charlotte Nordmann - J’ai vu « l’Esprit du monde », non pas sur un cheval, mais sur un nuage radioactif : il avait le visage d’Anne Lauvergeon1 (à la veille du sommet de l’ONU sur les changements climatiques)

Charlotte Nordmann et Bernard Laponche - Entre silence et mensonge. Le nucléaire, de la raison d’état au recyclage « écologique »

Jérôme Ceccaldi - Quelle école voulons-nous?

Yves Citton - Beautés et vertus du faitichisme

Marie Cuillerai - Le tiers-espace, une pensée de l’émancipation

Tiphaine Samoyault - Traduire pour ne pas comparer

Sylvie Thénault - Les pieds-rouges, « gogos » de l’indépendance de l’Algérie ?

Michael Löwy - Theodor W. Adorno, ou le pessimisme de la raison

Daniel Bensaïd - Une thèse à scandale : La réaction philosémite à l’épreuve d’un juif d’étude

Bourdieu, reviens : ils sont devenus fous ! La gauche et les luttes minoritaires

Samuel Lequette - Prigent par lui-même – Rétrospections, anticipations, contacts

Laurent Folliot - Browning, poète nécromant

David Macey - Le « moment » Bergson-Bachelard

Hard Times. Histoires orales de la Grande Dépression (extrait 2: Evelyn Finn)

La traversée des décombres

à propos de
Bruno Tackels, Walter Benjamin. Une vie dans les textes


Delphine Moreau - De qui se soucie-t-on ? Le care comme perspective politique

Hard Times. Histoires orales de la Grande Dépression (extrait 1: Clifford Burke)

Thomas Coutrot - La société civile à l’assaut du capital ?

Anselm Jappe - Avec Marx, contre le travail

à propos de
Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale
Isaac I. Roubine, Essais sur la théorie de la valeur de Marx


L'histoire du Quilt

Jacques Rancière - Critique de la critique du « spectacle »

Yves Citton - Michael Lucey, ou l'art de lire entre les lignes

à propos de
Michael Lucey, Les Ratés de la famille.


Wendy Brown - Souveraineté poreuse, démocratie murée

Marc Saint-Upéry - Y a-t-il une vie après le postmarxisme ?

à propos de
Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, Hégémonie et stratégie socialiste


Razmig Keucheyan - Les mutations de la pensée critique

à propos de
Göran Therborn, From Marxism to Postmarxism?


Yves Citton et Frédéric Lordon - La crise, Keynes et les « esprits animaux »

à propos de
George A. Akerlof et Robert J. Shiller , Animal Spirits


Yves Citton - La crise, Keynes et les « esprits animaux »

à propos de
A. Akerlof et Robert J. Shiller, Animal Spirits
John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie


Version intégrale de : Le Hegel husserliannisé d’Axel Honneth. Réactualiser la philosophie hégélienne du droit

à propos de
Axel Honneth, Les pathologies de la liberté. Une réactualisation de la philosophie du droit de Hegel


Caroline Douki - No Man’s Langue. Vie et mort de la lingua franca méditerranéenne

à propos de
Jocelyne Dakhlia, Lingua franca. Histoire d’une langue métisse en Méditerrannée


Pierre Rousset - Au temps de la première altermondialisation. Anarchistes et militants anticoloniaux à la fin du xixe siècle

à propos de
Benedict Anderson, Les Bannières de la révolte


Yves Citton - Démontage de l’Université, guerre des évaluations et luttes de classes

à propos de
Christopher Newfield, Unmaking the Public University
Guillaume Sibertin-Blanc et Stéphane Legrand, Esquisse d’une contribution à la critique de l’économie des savoirs
Oskar Negt, L’Espace public oppositionnel


Christopher Newfield - L’Université et la revanche des «élites» aux États-Unis

Antonella Corsani, Sophie Poirot-Delpech, Kamel Tafer et Bernard Paulré - Le conflit des universités (janvier 2009 - ?)

Judith Revel - « N’oubliez pas d’inventer votre vie »

à propos de
Michel Foucault, Le Courage de la vérité, t. II, Le gouvernement de soi et des autres


Naomi Klein - Ca suffit : il est temps de boycotter Israël

Henry Siegman - Les mensonges d'Israël

Enzo Traverso - Le siècle de Hobsbawm

à propos de
Eric J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991)


Yves Citton - La pharmacie d'Isabelle Stengers : politiques de l'expérimentation collective

à propos de
Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient


Isabelle Stengers - Fabriquer de l'espoir au bord du gouffre

à propos de
Donna Haraway,


Serge Audier - Walter Lippmann et les origines du néolibéralisme

à propos de
Walter Lippmann, Le Public fantôme
Pierre Dardot et Christian Laval, La Nouvelle Raison du monde. Essai sur la société néolibérale


Nancy Fraser - La justice mondiale et le renouveau de la tradition de la théorie critique

Mathieu Dosse - L’acte de traduction

à propos de
Antoine Berman, L’Âge de la traduction. « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire


Daniel Bensaïd - Sur le Nouveau Parti Anticapitaliste

à propos de
Jérôme Vidal, « Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA », RiLi n°9


Iconographie (légende)

La RiLi a toutes ses dents !

Yves Citton - La passion des catastrophes

Marielle Macé - La critique est un sport de combat

David Harvey - Le droit à la ville

Grégory Salle - Dérives buissonières au pays du dedans

Bibliographies commentées: "L'étude des camps" et "Frontière, citoyenneté et migrations"

Jérôme Vidal PS - Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA

Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

à propos de
Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux
Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine
Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie
Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

L’anthropologie sauvage

Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

Frédéric Lordon - Finance : La société prise en otage

Mahmood Mamdani - Darfour, Cour pénale internationale: Le nouvel ordre humanitaire

André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

à propos de
Marcel Gauchet, L’Avènement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche »

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de
Marcel Gauchet,


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de
Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de
Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de
Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos de
Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn - Mai 68 : le débat continue

à propos de
Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

à propos de
Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

à propos de
Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes.

à propos de
Les cours de Gilles Deleuze en ligne
François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée
Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

à propos de
Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie
Tzvetan Todorov, La Littérature en péril
Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes
Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)


Marc Escola - Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire

à propos de
Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature


Xavier Vigna - Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos de
Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68
Serge Audier, La Pensée anti-68
Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective
Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


Peter Hallward - L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

à propos de
Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom ? Circonstances, 4


François Cusset - Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne

à propos de
Jean-Loup Amselle, L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes


Warren Montag - Sémites, ou la fiction de l’Autre

à propos de
Gil Anidjar, Semites : Race, Religion, Literature


Alain de Libera - Landerneau terre d'Islam

Frédéric Neyrat - Géo-critique du capitalisme

à propos de
David Harvey, Géographie de la domination


Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l’avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne

à propos de
Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme


Artistes invités dans ce numéro

Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

à propos de
Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais


François Héran - Les raisons du sex-ratio

à propos de
Éric Brian et Marie Jaisson, Le Sexisme de la première heure :


Michael Hardt - La violence du capital

à propos de
Naomi Klein, The Shock Doctrine


Giorgio Agamben et Andrea Cortellessa - Le gouvernement de l'insécurité

Cécile Vidal - La nouvelle histoire atlantique: nouvelles perspectives sur les relations entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques du xve au xixe siècle

à propos de
John H. Elliott, Empires of the Atlantic World
John H. Elliott, Imperios del mundo atlántico


Antonio Mendes - A bord des Négriers

à propos de
Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History


Nicolas Hatzfeld - 30 ans d'usine

à propos de
Marcel Durand, Grain de sable sous capot. Résistance et contre-culture ouvrière


Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

à propos de
Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

à propos de
Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

à propos de
Alessandro Piperno, Proust antijuif


Artistes invités dans ce numéro

Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

à propos de
George L. Mosse, Zeev Sternhell, Emilio Gentile,


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

à propos de
John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir
Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Slavoj Zizek - La colère, le ressentiment et l’acte

à propos de
Peter Sloterdijk, Colère et Temps


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

à propos de
Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

à propos de
Xavier Bébin, Pourquoi punir ?


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

à propos de
Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de
Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de
Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de
Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de
Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de
Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de
Jack Goody, The Theft of History


Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de
Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de
Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro