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La critique est un sport de combat

à propos de Pascale Casanova, La République mondiale des Lettres

par Marielle Macé



À l’occasion de la sortie en poche de La République mondiale des lettres de Pascale Casanova, Marielle Macé revient sur les possibilités ouvertes par l’ouvrage pour la critique et la sociologie du champ littéraire. Ces possibilités, que nourrissent encore de nombreux travaux, reposent sur un passage à l’échelle de la mondialité pour penser le champ littéraire comme champ transnational de luttes et de jeu de pouvoir.




Voici la réédition, au format de poche, d’un livre important – important par la juste colère qu’il véhicule autant que par sa démonstration. Paru en 1999, étendant à l’espace mondial la problématique sociologique du champ littéraire, fortement décentrant, implacable et engagé, La République mondiale des lettresa fait date en transformant subitement l’échelle des questions littéraires. Le livre se donnait deux objectifs : l’analyse de la structure du monde littéraire contemporain, et le récit d’une histoire structurale des révoltes et des révolutions littéraires. Ces deux projets, qui forment les deux parties du livre, sont indissociables et leur articulation fait la force de l’ensemble : c’est parce que l’univers littéraire est organisé en structure inégale, selon des relations de rivalités et de domination, mais aussi parce que ces relations sont nécessairement – fonctionnellement – voilées, tues, déniées, que la seule façon d’y trouver sa place et d’en mette l’histoire en branle est disruptive : tout événement, sur la scène littéraire mondiale, sera une révolte, à la fois l’arrachement d’un individu à son destin national, et la redéfinition des règles d’un jeu de domination par ceux qui se situent d’abord en dehors de ce jeu.



Imbrication du politique et du littéraire



Tout commence avec un du Bellay figurant une sorte de créole de notre Renaissance : Pascale Casanova date en effet la formation de l’espace littéraire international des révoltes linguistiques dirigées contre le latin au XVIe siècle. Ce moment est pour elle celui où la littérature s’invente comme enjeu de lutte. L’univers lettré désigne alors rapidement ses propres centres, ses frontières et ses périphéries — système qui, n’étant pas homogène à l’espace politique, ouvre à la conquête d’autonomie du champ littéraire.



Puis, on suit dans l’ouvrage l’extension de ce monde, depuis sa naissance jusqu’au polycentrisme et aux effets de marché complexes et contraignants d’aujourd’hui : de Paris à Cuba ou à la Somalie, en passant par l’élargissement décisif imprimé par les théories de Herder, qui au XVIIIe siècle, ont fait entrer la culture populaire dans le jeu (la légitimité populaire, nationale ou régionaliste devenant une sorte de « seconde chance » pour les « petites » littératures). La question des répartitions successives des lieux de production et de consécration de la valeur littéraire – par les écrivains, les lecteurs, les prix, les traducteurs, etc. — est traitée avec une grande clarté. Paris apparaît vite comme la capitale de cette république mondiale des Lettres (et tout aussi vite se trouve-t-elle mise en concurrence avec d’autres centres possibles). Lieu de convergence du plus grand prestige et de la plus grande croyance (qui réunit toutes les représentations historiques de la liberté, donc les chances d’autonomisation de la littérature), la « ville-littérature » est entretenue dans sa domination par la force des représentations et par l’accumulation des ressources symboliques et concrètes : croire à l’universalité de Paris a en effet été pour bien des artistes étrangers le moteur d’un exil bien réel dans cette ville où ils vinrent revendiquer et proclamer des nationalismes politiques tout en inaugurant littératures et arts nationaux.



La solidarité de la littérature et de la politique est ici, comme on le voit, très fortement marquée. La formation de l’État moderne dans les nations occidentales et l’émergence de littératures écrites dans de nouvelles langues naissent en effet d’un même principe, qui est celui de la définition de soi par différenciation d’avec les autres espaces. Les conséquences de ce principe de différenciation sont puissantes et paradoxales en ce qu’elles défont le lien généalogique qui associe une littérature à une patrie : chaque littérature n’est ainsi pas l’émanation isolée d’une identité nationale dont elle serait déductible, mais se construit toujours dans une rivalité internationale, en lutte horizontale avec les autres littératures.



La situation des écrivains se définit alors doublement : par la place qu’ils occupent dans leur propre littérature (dans le destin de celle-ci), et par la part qu’ils parviennent à prendre dans la structure mondiale de la production littéraire. Mais elle se définit également contradictoirement, car cette dernière conquête se produit nécessairement contre leur propre littérature, dans un arrachement aux contextes nationaux. Le livre manifeste, de ce point de vue, la stupéfiante permanence des trajectoires de « légitimation » : un écrivain qui veut entrer dans le jeu mondial (c’est-à-dire dans le jeu parisien, et via le jeu parisien) doit composer violemment avec ces deux espaces ; violemment, car les deux territoires et, partant, les deux légitimations, sont en conflit, et font de toute biographie d’auteur la réponse difficile à un dilemme structurel. L’écrivain peut ainsi refuser son héritage national et tenter de le dissoudre pour s’intégrer à un espace dominant : c’est le cas de Michaux, de Cioran ou de Naipaul ; ce fut aussi l’échec de Ramuz avant qu’il n’invente sa « bonne distance », c’est-à-dire une possibilité inédite d’affirmer ses différences. Il peut se situer dans un rapport filial avec sa propre tradition littéraire, mais il doit alors lutter pour transformer et autonomiser son patrimoine afin de l’imposer dans l’espace international, à la manière de Joyce. Il peut encore, à l’inverse, imposer la différence et l’importance de sa littérature nationale – mais fatalement cela se fera encore sur la scène parisienne, et par une série d’importations et de détournements paradoxaux – comme dans les cas de Yeats, Kafka, ou Kateb Yacine. Finalement, tout se passe comme si le processus mondial d’autonomisation de la littérature exigeait, de la part de tout écrivain issu d’une « petite » littérature, une humiliation en soi-même de l’héritage. Le meilleur de la démonstration, à ce titre, est dans la mise en lumière effectuée par Casanova d’un continuum entre espaces dominés, continuum assuré par la dynamique de trajectoires souvent inconfortables ou contradictoires : oppositions, concurrences, retournements des stratégies empêchent le dessin d’une hiérarchie linéaire, et les périphéries se rejoignent souvent, formant des alliances surprenantes face au centre parisien. L’Espagne des années 1950, l’Algérie, l’Amérique latine se retrouvent ainsi autour d’un même désir de recueillir la libération faulknérienne, cette brusque émancipation du roman américain à l’égard de l’histoire européenne du genre… que Sartre lui-même avait jouée contre le roman français.



Qui perd gagne : les enjeux de la lutte



Cette énergie des luttes pour la valeur littéraire pénètre tous les aspects de la littérature, à commencer par sa temporalité. L’espace littéraire mondial est en effet temporalisé, et ouvre ainsi la structure à une histoire : ancienneté d’un patrimoine, mode d’existence des classiques, retard constitutif de toute domination… le temps des Lettres est une coordonnée de leur territoire, il repose sur le volume de capital littéraire accumulé dans les diverses régions de l’espace mondial. Il faudrait repenser ici aux principes restés implicites dans la sociologie du champ de Bourdieu, qui débouche sur une chronologie agonique dont on a rarement perçu qu’elle propose une véritable histoire esthétique : histoire des places à prendre, des oeuvres à faire et des vies à vivre, rythme des temps et des contretemps du littéraire, récit des modes de constitution d’un présent où il s’agit, pour chaque écrivain, d’arriver à temps ou mieux : de faire date . Pascale Casanova redéfinit fortement, à son tour, les conditions de possibilité temporelles de la modernité, car la distance au centre se définit elle aussi comme un écart chronologique, en l’occurrence un retard qu’il faut combler, dans un mouvement qui fait que l’on ne prête qu’aux riches : il faut avoir un long passé national pour prendre part à l’évolution littéraire, il faut être ancien pour avoir quelque chance d’être moderne ; tout sera donc question de vitesse – la hâte étant le rythme des révoltés.



La question de la valeur pénètre aussi celle, apparemment tout entière « interne », de la langue littéraire. C’est l’une des forces du livre que de repenser les rapports entre les différentes langues littéraires comme un enjeu majeur de lutte : détermination de leurs places respectives, mesure de leur prestige, politisation de leur statut… tout invite à sortir d’une vision euphorique de la traduction comme liberté de circulation des oeuvres et des hommes ; l’internationalisation dont il est ici fait état n’est pas seulement un appel d’air, c’est aussi la preuve d’un monde dangereux, contraint et concurrentiel : contrôles à la frontière littéraire, admissions et refoulements. Un chapitre passionnant, d’autant plus convaincant qu’il se rend précisément attentif à la littérature comme fait de langue (et non pas seulement à l’activité créatrice comme fabrique de prestige), est consacré à l’importance de la traduction. Bien plus qu’un acte d’ouverture, celle-ci devient le mot-clé d’une série d’issues incertaines, difficiles, tragiques : adoption de la langue des dominants, autotraduction (Beckett), oeuvre double et autotraduction (Beckett encore, et aujourd’hui Kundera), promotion d’une langue populaire (le yiddish dénié de Kafka), créolisation (celle des Antillais, mais aussi des Suisses romands), création d’une langue nouvelle (Beckett toujours)… Tous ces actes sont indissolublement aliénés et libérateurs, car le refus du centre passe fatalement, ici encore, par une reconnaissance de ce centre et un besoin d’être reconnu par lui ; secrétées par des situations de déséquilibre politique apparemment aporétiques, ces « stratégies » linguistiques et stylistiques révèlent que les acteurs ont trouvé à s’arracher à l’aporie, mais que cela n’a pu avoir lieu que dans une tragédie intime, tragédie de la redéfinition des liens entre l’identité et la parole. Je crois, à et égard, que le livre de Pascale Casanova est profondément lié à cette période littéraire en équilibre violent que fut le premier XXe siècle, un siècle de l’exil, des déplacements et des déracinements intimes, mais pas encore de la globalisation.



L’histoire de la littérature universelle proposée ici est donc celle des classiques modernes, des grands écrivains révolutionnaires qui sont parvenus, du fait même de leur excentricité ou de leur hérétisme, à subvertir les règles littéraires – la structure reste le moteur de la révolte. C’est un plaidoyer fort pour la relecture de Kafka (dont l’oeuvre, contre Deleuze et Guattari, est replacée dans sa situation profondément historique et politique), Beckett, ou Faulkner. Dans un jeu de qui-perd-gagne, les « dominés » sont rétablis dans leur puissance propre : celle de la lucidité, c’est-à-dire d’une compréhension des règles de domination qui a une véritable force de dévoilement et, partant, une capacité à déplacer les règles du jeu. Ces ex-dominés se trouvent par là même propulsés dans une conscience vive du contemporain, car ils ont inventé des outils durables, et activé une révolte contagieuse (en Algérie, en Amérique latine, le modèle faulknérien est un instrument de libération). Toute une pensée de la violence invisible se noue, qui a une capacité de dessillement, c’est-à-dire de décentrement, considérable. Mais sans doute l’unité, l’opacité, voire la facilité de la métaphore de la Révolution globalisent-elles à l’excès les enjeux, car le temps de du Bellay, celui de Ramuz, celui de la décolonisation se décrivent ici dans les mêmes termes.



La métaphore de la révolution



On peut, comme l’a fait Laurent Jenny dans un essai récent , considérer la métaphore révolutionnaire comme la signature d’un moment, singulier et non universalisable, de la représentation de la littérature occidentale et de ses pouvoirs : ce moment proprement moderne où les auteurs se sont trouvés en délicatesse avec leur propre instrument qui est le langage, et parfois démunis devant le monde commun. Ce n’est alors que de Hugo à Tel Quel que l’innovation esthétique s’est totalement identifiée à l’idée politique de Révolution, incitant les écrivains à poursuivre un événement absolu, déchirant l’ordre du temps. La pensée structurelle du champ littéraire, elle, globalise cette métaphore pourtant très historique. Ce faisant, elle égalise des moments et des modalités selon nous trop différents d’accrochage de la littérature à la politique : que la violence propre à l’univers postcolonial n’apparaisse pas comme un bouleversement fondamental du jeu culturel, qu’une révolte symbolique contre la langue soit équivalente à la libération d’un peuple, cela pose problème. Le livre de Laurent Jenny a précisément montré ce qu’il y a pu avoir d’exorbitant dans les usages de la révolution comme métaphore esthétique. Ces différenciations historiques exigeraient un débat en partie éludé dans le livre de Casanova par la généralisation du modèle de l’émancipation. Mais éludé en partie seulement, car cette dernière met l’accent sur l’essentiel (c’est-à-dire, dans ses termes, le permanent, le structurel) qui est le caractère tragique des situations de double-bind, celles de l’impuissance des « hommes traduits ». La vertu de son hypothèse est de les rendre comparables, et de donner un sens fort à ce sentiment d’exil dans la langue que produit toute grande oeuvre. En cela, son essai doit être lu comme une proposition au présent : il donne des instruments pratiques, indique les chemins de la liberté et la seule voie possible pour la novation.



Naissance d’un champ



Ce livre a été pendant un temps isolé dans les études littéraires en France. Il ne l’est plus, et il s’est rapproché de nous : l’ouverture des études critiques à des espaces-temps qui ne soient pas ceux des littératures nationales s’est considérablement affermie et diversifiée. Cette extension rend aussi plus visible la singularité du point de vue défendu par Pascale Casanova, et nous oblige à considérer son livre non plus comme l’appel d’air qu’il pouvait représenter en 1999, mais comme une porte d’entrée parmi d’autres dans la question désormais partagée et débattue de la mondialité littéraire. Depuis une dizaine d’années se multiplient aux États-Unis (et plus récemment en Europe, mais avec moins de portée politique) les débats sur les formes plurielles de cette mondialisation : où situer nos lectures, comment organiser le paysage et régler la focale ? Quelle est l’extension de notre bibliothèque réelle ? Une littérature « globale », celle des aéroports, menace-t-elle la littérature « mondiale » qui a ses lieux et son histoire propre ? L’idée de « mondialité » (et, partant, d’altermondialité) a-t-elle une force réelle de décloisonnement des pratiques ? À quels échanges, transferts, déplacements, exclusions, l’analyse littéraire doit-elle se montrer attentive ?



Les notions, les valeurs et les problèmes de la globalisation se trouvent exportés dans le marché esthétique, et servent au renouveau d’une discipline aux contours flous, le comparatisme. Dans les départements de littérature américains comme dans la New Left Review anglaise, la Comp Lit réapparaît en World Lit, épistémologiquement et idéologiquement transformée. Bref, la littérature qui n’était pas née mondiale l’est devenue. Très récemment relayé en France , le débat présente désormais des positions bien clarifiées, organisées autour de quelques couples notionnels : mondialisation ou globalisation, localisation ou délocalisation, centres ou réseau, traduction ou multilinguisme, exil ou transnationalisme, empires ou minorités, petite ou grande échelle, littérature de masse ou littérature canonique, Ancien ou Nouveau monde, etc. Quelques noms propres en situent les pôles principaux : Edward Said (le seul mentionné dans l’ouvrage), Franco Moretti, David Damrosch, Gayatri Spivak, Homi Bhabha, Christopher Prendergast, Emil Apter…



C’est dans cette mondialité critique qu’il faut situer à son tour le livre de Pascale Casanova. L’originalité de son propos réside en fait dans sa dureté, loin d’un cosmopolitisme béat, dureté qui est directement empruntée à la pensée de Bourdieu et à ses enjeux politiques : il s’agit pour Pascale Casanova de révéler, en particulier à l’intention des dominés, les voies pour l’innovation dans un univers dont la violence reste déniée, plutôt que de considérer avec euphorie l’ampleur des nouveaux espaces. La critique y devient « un sport de combat », comme la sociologie de Bourdieu et des Règles de l’art dont elle procède. Pourquoi dans ces pages le nom de Bourdieu est-il pourtant si rare, alors que la démonstration repose sur une activation et une extension de sa théorie de la production de valeur littéraire ? Pascale Casanova préfère se placer « sous la double invocation de Henry James et de Valery Larbaud » (p. 23) ; et les mots-clés de la sociologie du champ, lisibles en palimpseste à la surface de la démonstration, sont rapportés à des écrivains – le capital à Valéry, le déni à James, l’économie culturelle à Goethe, le crédit littéraire à Pound… Peut-être s’agit-il de se dégager d’un protocole méthodologique ou d’une exigence statistique qui n’auraient pas ici leur place ; peut-être est-ce pour souligner des enjeux véritablement inédits, ceux de l’assimilation ou de la dissimilation esthétiques ; peut-être enfin l’auteure cherche-t-elle à se faire entendre des « littéraires » en leur parlant la langue de leurs héros, en indiquant l’existence d’une communauté de vues et de langage entre les plus « lucides » des acteurs culturels et leurs analystes.



Penser l’aura de la littérature



Il y a pourtant là, aussi, tout un usage de la littérature, dont l’aura s’impose « malgré tout » : la sociologie du champ s’emploie à révéler le déni de violence que recouvre l’illusio nécessaire des acteurs (nécessaire au jeu du symbolique, nécessaire pour le maintien d’une croyance en la littérature comme valeur), à dévoiler les mécanismes de production du prestige littéraire (de là, par exemple, la conclusion qui rejoint ici les paradoxes du positionnement académique de la sociologie, située en surplomb nécessaire et parfois violent des études littéraires réputées engluées dans le désir d’une littérature pure) ; mais elle revêt, à certains moments de la démonstration, cette même aura. Pascale Casanova trouve par exemple dans « Le motif dans le tapis » de Henry James, dans l’alternance du « microscope » et du « télescope » proustiens ou dans les fables de Beckett, des allégories de son propre projet, et des alliés pour le formuler. Elle cite à des moments clés de son discours (exergues, citations, conclusions suspensives) de longs extraits littéraires qui doivent parler d’eux-mêmes, et qui n’ont manifestement pas une simple fonction d’ornement ou de clin d’oeil lettré, mais font tout à coup éclater la puissance propre de la littérature. Je crois en effet que la valeur littéraire – le rayonnement, le prestige – est aussi une aura, autrement dit une portée, une force positive de formulation et de sens qui invite à la relance, et que cette aura des oeuvres littéraires n’est pas seulement une énergie dont on doive se défendre. La sociologie du champ, dont l’essai de Pascale Casanova est une émanation et un élargissement puissant, pense avant tout la fabrique de la valeur littéraire, voire son truquage, et nous ouvre les yeux sur les mécanismes de sa circulation ; mais peut-être est-ce la vérité de l’aura littéraire qui est aussi à penser : vérité de son effet sur la vie, le langage et la pensée, vérité de sa portée qui pénètre, comme ici, jusqu’aux discours qui la dévoilent. Non pas dans le but de souligner, en esthètes, la fatalité un peu blanchotienne ou dandy d’un commentaire infini, mais pour articuler les entreprises historiques et structurelles à une pensée méditée des usages, une pensée de la façon réelle dont nous nous servons, dans nos discours, des oeuvres littéraires, et dont nous nous appuyons sur leur force propre.



Si elle n’en est pas le catéchisme, la sociologie de la valeur littéraire reste donc le principe indépassable et sans doute discutable de ce livre : elle lui fournit sa vision (celle d’un univers de luttes et de placements), son lexique, ses outils, son style de perception et de jugement, quelque chose comme une herméneutique, voire une idée du monde. Le tourniquet à la fois puissant et inconfortable de l’avant-propos (qui vient enrichir cette nouvelle édition), où l’auteur de cet ouvrage de nombreuses fois traduit se montre à son tour prise dans le jeu des rapports de force qu’elle avait observés, manifeste sincèrement cela. La République mondiale des lettres, en lutte avec son propre espace intellectuel, est à tous ces titres (comme L’Orientalisme de Saïd qu’il rappelle parfois) un livre essentiel : solitaire, libérateur, formidable, contestable.







Marielle Macé
Marielle Macé est chercheur au CNRS (CRAL, CNRS-EHESS), membre de l'équipe Fabula et enseigne à l'ENS et à l'EHESS. Elle a publié notamment Le Temps de l'essai. Histoire d'un genre en France au xxe siècle (Belin, « L'extrême contemporain  », 2006), coordonné « L'écrivain préféré  » (Fabula-LHT, n ° 4, 2008), Le Savoir des genres (La Licorne, 2007) et Barthes, au lieu du roman (Desjonquères- Nota Bene, 2002).
Pour citer cet article : Marielle Macé, « La critique est un sport de combat », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 12/01/2009, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=300
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Marcel Gauchet, L’Avènement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche »

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de
Marcel Gauchet,


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de
Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de
Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de
Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos de
Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn - Mai 68 : le débat continue

à propos de
Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

à propos de
Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

à propos de
Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes.

à propos de
Les cours de Gilles Deleuze en ligne
François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée
Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

à propos de
Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie
Tzvetan Todorov, La Littérature en péril
Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes
Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)


Marc Escola - Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire

à propos de
Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature


Xavier Vigna - Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos de
Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68
Serge Audier, La Pensée anti-68
Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective
Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


Peter Hallward - L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

à propos de
Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom ? Circonstances, 4


François Cusset - Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne

à propos de
Jean-Loup Amselle, L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes


Warren Montag - Sémites, ou la fiction de l’Autre

à propos de
Gil Anidjar, Semites : Race, Religion, Literature


Alain de Libera - Landerneau terre d'Islam

Frédéric Neyrat - Géo-critique du capitalisme

à propos de
David Harvey, Géographie de la domination


Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l’avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne

à propos de
Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme


Artistes invités dans ce numéro

Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

à propos de
Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais


François Héran - Les raisons du sex-ratio

à propos de
Éric Brian et Marie Jaisson, Le Sexisme de la première heure :


Michael Hardt - La violence du capital

à propos de
Naomi Klein, The Shock Doctrine


Giorgio Agamben et Andrea Cortellessa - Le gouvernement de l'insécurité

Cécile Vidal - La nouvelle histoire atlantique: nouvelles perspectives sur les relations entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques du xve au xixe siècle

à propos de
John H. Elliott, Empires of the Atlantic World
John H. Elliott, Imperios del mundo atlántico


Antonio Mendes - A bord des Négriers

à propos de
Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History


Nicolas Hatzfeld - 30 ans d'usine

à propos de
Marcel Durand, Grain de sable sous capot. Résistance et contre-culture ouvrière


Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

à propos de
Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

à propos de
Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

à propos de
Alessandro Piperno, Proust antijuif


Artistes invités dans ce numéro

Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

à propos de
George L. Mosse, Zeev Sternhell, Emilio Gentile,


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

à propos de
John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir
Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Slavoj Zizek - La colère, le ressentiment et l’acte

à propos de
Peter Sloterdijk, Colère et Temps


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

à propos de
Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

à propos de
Xavier Bébin, Pourquoi punir ?


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

à propos de
Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de
Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de
Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de
Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de
Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de
Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de
Jack Goody, The Theft of History


Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de
Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de
Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro