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Mai 68 : le débat continue

A propos de l'article de Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5

par Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn

à propos de

Xavier Vigna

« Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5

Dans notre numéro précédent, Xavier Vigna publiait « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 ». Un certain nombre d’auteurs cités dans l’article ont réagi aux thèses et aux jugements de Xavier Vigna. Voici plusieurs de ces réactions et de ces éclaircissements, ainsi que la réponse de Xavier Vigna.


Réponse de Kristin Ross


M’étant entendu dire, en des termes dépourvus d’ambiguïté, dans un article portant, qui plus est, sur rien moins que Mai 68, qu’en raison d’une supposée question d’archive, je n’avais pas de droit à la parole, je me sens mise en demeure d’adresser trois remarques au sujet du long passage en revue par Xavier Vigna des textes historiques consacrés à Mai 68 à l’occasion de la commémoration des quarante ans de l’événement.

1) Au moment où la France entame un processus d’inclusion des mouvements insurrectionnels de Mai au patrimoine ou à l’héritage nationaux, on ne saurait nier que la logique commémorative contient toute une part et toute une série d’éléments propres à favoriser l’apparition d’un nouvel échelon du nationalisme. Pourtant, le besoin qu’a Vigna de distinguer soigneusement les historiens « français » des historiens « étrangers » (il évoque « les meilleurs travaux étrangers ») est le signe qu’il présume implicitement que les historiens français bénéficient d’un accès privilégié, pas loin d’être inné, à leur histoire nationale.

2) La passion classificatoire de Vigna développe chez lui le besoin de discriminer les perspectives « militantes » des perspectives scientifiques ou « institutionnelles », comme si – rappelons une fois encore que le sujet en question est Mai 68 ! – l’histoire ne pouvait pas réunir ces deux caractères.

3) Pour finir, je m’étonne que Vigna ne soit pas capable de considérer comme historique une recherche autre que celle qu’il tient pour archivistique – sans qu’il se préoccupe le moins du monde de proposer une théorie de l’archive qui pourrait être opératoire pour nous tous. Mon ouvrage de 2002, Mai 68 et ses vies ultérieures, par exemple, s’est développé à partir de ce que je ressentais comme une nouvelle visibilité des années 1960 dans le sillage des grèves de 1995. Je l’ai écrit sans égard pour les commémorations et ce, bien qu’il ait pour ambition d’historiciser les effets de ces dernières sur la mémoire politique de Mai 68. À ce titre, il s’agit moins de l’histoire des événements de Mai 68 que de celle de leurs représentations. Toutefois, Vigna reconduit mon livre du côté d’une rubrique que j’avais choisi d’éviter, celle de l’histoire événementielle – puis me fait savoir que je n’ai pas de droit à la parole ! Les heures et les heures d’émissions télévisées consacrées à Mai 68 que j’ai visionnées constituent-elles une archive ? La conception de « l’archive », théorisée de façon indigente, sur laquelle s’appuie Vigna se laisse entraîner par le rêve d’une science sociale dont la prétention scientifique suffirait à garantir la neutralité idéologique, une science sociale digne de Talcott Parsons (et, ajouterais-je, tout à fait incompatible avec ce que me semble être la position de la RILI). Il évoque une conception de l’enquête empirique innocente qui, d’une manière ou d’une autre, n’entérine pas une quelconque conception du social implicite. Quelle est cette archive que Vigna invoque avec un tel fétichisme ? Quels sont ses contours ? Qui l’a assemblée ? Quelles expériences l’historien empreint-il de l’autorité archivistique ? Les archives de la police constituent-elles l’autorité suprême, la meilleure base pour réfléchir à Mai 68 ? Rien ne met mieux en valeur le fait que les archives de Mai 68 sont en voie d’élaboration que la tendance continue chez les historiens à mener leurs recherches sous la forme de contributions brèves, extrêmement spécialisées et ciblées, à des volumes encyclopédiques. Un tel travail de spécialiste est bien entendu précieux. Mais pas lorsqu’il vient renforcer les catégories classificatoires élaborées par la sociologie – des catégories qui, au final, n’ont de meilleure utilité que de prendre la place du processus réel de construction d’une archive. Une des choses que nous a révélées le quarantième anniversaire de Mai 68 en France, c’est que l’élévation d’un événement au rang d’héritage national paraît consolider les plus conventionnelles des pratiques historiennes. La crise touche la pensée historique. Vigna est incapable de traiter, dans les termes propres de celui-ci, un travail dont la méthode a pris à coeur la « critique de la spécialisation » qui a été une part centrale de la culture politique de 68. À ce titre, son propre programme risque de reprendre tous les sermons d’un positivisme méthodologique d’autrefois et moins fécond.

Traduit de l’anglais par Claire Saint-Germain.



Réponse de Nicolas Hatzfeld


J’ai lu hier l’article riche et brillant de Xavier Vigna dans le numéro 5 de la Revue internationale des livres et des idées, intitulé « Mai 2008, Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », et voilà qu’à la fin, je tombe des nues en me voyant pris à partie.

Dans un chapitre écrit avec Cédric Lomba, « La grève de Rhodiaceta en 1967 », pour un livre collectif sur mai-juin 1968, nous serions à l’origine d’une des quatre questions soulevées par cette historiographie. Mais une mauvaise question. En produisant une idée fausse, nous renouerions avec un « motif idéologique conservateur ». D’où l’affirmation d’un « litige » par Xavier Vigna, et la provocation selon lui d’un des principaux « enjeux » de la recherche historienne sur la période. « Bougrebigre », pour reprendre la formule d’un ouvrier de Rhodia. Je vais indiquer au lecteur qu’à mon avis Xavier Vigna a créé un mauvais litige, et proposer un vrai bon chantier de recherche sur les années 68.

1) Nous avons, dans une note de bas de page, écrit : « Sur le rôle prépondérant des ouvriers diplômés déclassés en Mai 68, cf. Antoine Prost […]. » Je reconnais que nous avons prêté à Antoine Prost plus qu’il ne dit, et que nous aurions dû écrire : « Sur le rôle déclencheur ». Sur ce point, nous faisons amende honorable. Mais est-ce ce que nous l’affirmons nous-mêmes ? Nous signalons en note de bas de page, ni plus ni moins, qu’Antoine Prost a écrit sur le sujet.

Si nous ne reprenons pas l’analyse que nous prêtons à Antoine Prost, c’est avant tout parce que ce n’est pas notre propos. D’abord, notre texte explique ne pas traiter de 68 (expédié en quelques lignes dans la conclusion), ni de l’après-68. Il affiche clairement, dans l’introduction, une volonté de décentrement vers les années 1961-1967. Ensuite, dans la partie incriminée, notre texte n’étudie pas la qualification d’un mouvement gréviste. Il traite d’une nouvelle vague d’engagement militant qui, au début des années 1960, marque la recomposition des organisations syndicales CGT et CFTC-CFDT. Par ailleurs, nous n’étudions nullement dans ce texte l’évolution du processus de scolarisation, pas même ouvrière, et ce que nous écrivons n’illustre pas ce processus. Pour ces raisons, il n’est pas dans notre propos de « faire des grèves de 1968 un mouvement de jeunes ouvriers déclassés », ni en général ni en particulier. Nous sommes, sur ce plan, une mauvaise cible. Ce n’est pas le cas en ce qui concerne la notion de déclassement.

2) Xavier Vigna alerte les lecteurs, dans sa critique, sur le risque de faire rentrer par la fenêtre ouvrière la notion de déclassement qui a été chassée par la porte étudiante, notamment par Boris Gobille. Nous traitons effectivement de déclassement. Qu’en disons-nous ? Qu’une jeune génération militante évince en quelques brèves années les anciens dirigeants professionnels reconnus dans leur emploi et prend simultanément les rênes des deux syndicats. Que cette nouvelle génération « est composée d’ouvriers spécialisés (OS) en 4 x 8 dont une bonne partie dispose d’un diplôme professionnel d’un niveau remarquable, mais qui ne correspond pas à leur activité et n’est pas reconnu ». Mais nous avons aussi constaté que tous les nouveaux animateurs ne répondent pas à ce type, et notons que « les salariés qui ont travaillé dans les domaines de l’artisanat ou de l’agriculture vivent quant à eux une perte d’identification sociale et professionnelle. » Nous parlons du rôle de déclassements et dépossessions identitaires et professionnelles, sans établir pour autant de causalité déterministe ni exclusive. Ces déclassements n’ont pas de rapport avec l’enseignement général, à l’exception d’un bachelier dont nous notons la singularité. Mais la discordance entre statut professionnel et emploi-travail d’OS n’en est pas moins douloureuse, de même que le sentiment de dépossession de soi dans l’usine. Je maintiendrai l’analyse, exprimée dans cette génération de syndicalistes.

3) Sur quoi, finalement, Xavier Vigna entre-t-il en litige ? Il alerte le lecteur sur le fait que la notion de déclassement, qu’il stigmatise comme conservatrice en se rangeant aux côtés de Boris Gobille, « risquerait également de conduire à négliger la participation d’ouvrières, d’ouvriers immigrés, ou le rôle contestataire d’ouvriers professionnels […] ». Passons sur la stigmatisation de conservatisme, qui appellerait des éclaircissements. J’en viens à la sorte d’exclusive ou d’alternative ainsi établie pour la contester, à propos des ouvriers immigrés, comme on pourrait le faire à propos des ouvrières. Dans un article connu de Xavier Vigna, Laure Pitti explique la difficulté que pose l’usage de catégories homogènes. À la Rhodia, nous l’écrivons dans le texte, il y a peu d’étrangers dans le personnel ouvrier et dans les groupes militants. Pour d’autres situations concernant des coloniaux et des immigrés, je renvoie à des Algériens de Renault titulaires de diplômes professionnels, étudiés par Laure Pitti, et un peu par moi-même. L’un, devenu syndicaliste, explique le choc subi lorsque postulant pour un emploi d’employé, il s’était fait orienter vers l’embauche des ouvriers. Parmi d’anciens lycéens marocains devenus animateurs cégétistes, étudiés par Jean-Louis Loubet et moi-même sur le site de Poissy, l’un s’était amusé, une fois embauché, à cesser de faire le paysan et à administrer à son chef une démonstration de mathématiques. Il progressa par le syndicalisme (maison). D’autres s’engageront dans la CGT, aux côtés de camarades marocains peu scolarisés. Sur Sochaux, je commence par un souvenir militant. Participant en 1973 au soutien d’une lutte de jeunes ouvriers immigrés tunisiens contre les conditions de logement imposées par leur patron, nous avions affaire à un groupe d’anciens lycéens qui élargissaient de façon flamboyante leur combat contre l’entreprise et la circulaire Fontanet. L’un d’eux est devenu, vingt ans plus tard, militant CGT chez Peugeot, interviewé par Michel Pialoux dans un très beau texte. Le lien entre le déclassement et l’engagement militant concerne les ouvriers immigrés. Il faut, pour eux comme pour les autres, faire jouer la dimension plurielle de l’agencement identitaire – formule que je remercie Xavier Vigna de citer – qui s’appuie sur le chevauchement des catégories. et je le retrouve dans des archives du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) au début des années 2000, combattant pied à pied sur les conditions de travail.

4) Par ailleurs, le texte écrit avec Cédric Lomba met l’accent sur une question symétrique, qui concerne l’agencement identitaire de syndicalistes français et, là plus largement, d’un sens inédit que comportent les luttes d’une génération d’ouvriers français. Nous avons farfouillé dans le linge blanc prolétarien des années 1960 et examiné des passerelles entre la guerre d’Algérie et 68, concrétisant des pistes suggérées notamment par Kristin Ross. Et nous avons trouvé comment l’expérience de la guerre interfère avec la contestation des chefs et l’inacceptation de l’usine ; comment d’anciens bidasses recyclent une camaraderie de classes (militaires) dans une dynamique de lutte de classe et, pour certains, dans le combat syndical. À côté du déclassement, de la dépossession identitaire et sociale que suscite l’usine, à côté d’autres composantes de la conflictualité ouvrière et de l’engagement militant, nous voyons intervenir la marque d’un passé d’Algérie dans la recomposition du monde ouvrier de cette époque et dans ses perspectives d’avenir. Question sensible et complexe, à examiner avec délicatesse. Parmi les jeunes OS syndicalistes déclassés de la Rhodia, l’un est étranger. Menacé par deux fois d’expulsion, dont une pour avoir dénoncé en meeting le colonialisme guerrier de la France. Par deux fois, les mobilisations auxquelles participent des camarades de l’usine empêchent son expulsion. À moi parmi d’autres, ces interférences de l’ouvrier et du national, comme de l’ouvrier et du genre, semble offrir de beaux, de vrais chantiers pour Clio.


Réponse d’Antoine Artous, Didier Epsztajn et Patrick Silberstein


[...] Nous pensions, et nous l’avions écrit dans notre avant-propos, que La France des années 1968 ne serait pas encensé (voire simplement recensé) car notre ouvrage est un peu hors-norme, tant par son regard tourné plus que sympathiquement vers celles et ceux qui trouvent ce vieux monde insupportable que par son rapport d’extériorité aux réseaux académiques traditionnels et institutionnels. Extériorité bien illustrée d’ailleurs par le fait qu’aucun de nous trois n’est universitaire. Par ailleurs, tout en étant à la fois non académiquement qualifié et politiquement engagé, nous avons passé le plus clair de notre vie à discuter et à commenter des livres et des écrits, en nous gardant de dénigrer leur qualité, sous prétexte d’angle d’approche hétérodoxe, de divergences « politiques »… ou de poursuite de carrières diverses. Ceci étant dit, nous ne pensions pas nous trouver en position de devoir faire une telle mise au point dans La Revue internationale des livres et des idées à propos des jugements, peu situés, mais néanmoins fort doctement assénés par Xavier Vigna dans la livraison de mai-juin 2008.

Celui-ci trouve que ce livre collectif, dont le résultat est « décevant », pêche par « académisme militant». C’est effectivement un risque dans le type de travail que nous avons proposé à de multiples auteur-e-s. Cela dit, Xavier Vigna n’est guère convaincant, lorsque, pour le démontrer, il trouve, par exemple, « saugrenu » qu’un livre intitulé La France des années 1968 contienne « plusieurs contributions sur l’étranger ». De même que le nuage de Tchernobyl ne s’est pas arrêté à nos frontières, les études et les réflexions ne sauraient être bornées par celles de l’imaginaire national ; c’est même le contraire qui est, selon nous, indispensable. Cet enfermement dans les frontières de l’Hexagone, que nous rejetons, est, à nos yeux, une mauvaise tradition d’un certain socialisme à la française. Mais, s’il n’y avait que cela, nous resterions dans l’espace d’une discussion « normale » qui n’appellerait en rien une « mise au point ».

Les choses se compliquent un peu lorsque Xavier Vigna affirme que nous avons eu « la volonté de rassembler (quoique pas exclusivement) des auteurs militants ou proches de la Ligue communiste révolutionnaire». Comme indiqué plus haut, nous avons souhaité que les choix et les actions des groupes – dits « révolutionnaires » pour aller vite – soient intégrés dans les « inventaires » des contestations, sans idéaliser leurs rôles, mais sans les minimiser pour autant. Les débats sur ces sujets ne sont bien évidemment pas clos.

Cependant, ni dans le choix éditorial, ni dans la recherche d’auteur-e-s, nous n’avons pourtant voulu privilégier une aventure militante plus qu’une autre. Mais nous assumons l’absence de neutralité des un-e-s et des autres, que nous partagions ou non leur soubassement idéel, leurs rêves ou leurs espérances. Cela perturbe sans doute le champ de vision que de très nombreux auteurs ont construit sur les années 1968, en survalorisant les courants maoïstes. On retrouve d’ailleurs cette survalorisation dans le livre de Xavier Vigna. Ce qui explique, sans doute, son étonnement méprisant (et ouvriériste) sur le choix que nous avons fait de classer les grèves des postiers ou le Mai des Banques de 1974 dans les « luttes ouvrières radicales ».

Nous avons la faiblesse de croire que le prolétariat est plus large et composite que les réductions sociologiques ou les vulgates marxistes. Nous ne pouvons croire que Xavier Vigna ignore les débats sur ces questions qui ont traversé les années 1970 et 1980. Et puisqu’il question des auteurs, nous voulons aussi souligner – car cela nous semble important – qu’environ un tiers des soixante-quatre contributeur-e-s sont des « jeunes auteur-e-s » qui travaillent sur cette période sans l’avoir connu.

« On ne comprend pas bien d’où parlent ces auteur-e-s militant-e-s », ajoute Xavier Vigna, qui développe alors une politique du soupçon, laissant entendre qu’à cause de leur statut, elles et ils ne peuvent travailler l’histoire avec sérieux. Toutefois, ici encore, une mise au point ne serait pas justifiée si, pour argumenter son positionnement, Xavier Vigna ne dérapait. Non seulement, il reprend un terme (« coucou») employé dans les années 1970 par Edmond Maire dans la CFDT pour dénigrer certains syndicalistes liés ou influencés par la gauche révolutionnaire, mais il se lance dans la calomnie.

Une citation s’impose : ces textes sont « émaillés de pénibles pratiques de coucou, consistant à emprunter des catégories ou des périodisations sans citer les collègues qui les ont élaborées : Antoine Artous, par exemple, évoque« les années 68 » sans signaler le séminaire de l’IHTP construit sur cette périodisation problématique, et qui a débouché sur un colloque publié;de même, Pierre Cours-Salies ne daigne pas citer l’ouvrage fondamental de Frank Georgi sur la CFDT , sans pourtant s’en expliquer, tandis que Georges Ubbiali pille mes travaux pour aboutir à une pâle compilation dans son texte« Luttes ouvrières radicales » ». Comme trois auteur-e-s seulement trouvent grâce aux yeux de Xavier Vigna, on peut penser que ce constat vaut pour la plupart des contributions. Les accusations sont graves et, à vrai dire, ahurissantes.

Concernant la périodisation des années 1968, il faut avoir la vue bien basse ou le regard braqué sur les seuls colloques universitaires pour ignorer que les discussions à ce propos ont commencé dès le mitan des années 1980, d’abord dans les cercles militants. Cela sur la double base du bilan des années Mitterrand et de la publication de livres comme ceux d’Hervé Hamon et Patrick Rotman qui avaient tendance à clore la période 68 en 1972-1973 pour ne retenir que la courte période du « gauchisme flamboyant » marquée notamment par les maoïstes de La Cause du peuple. L’approche va devenir dominante par la suite.

Nous n’allons pas multiplier les références pour montrer que, sur leur sujet, les auteurs de La France des années 68 n’avaient en rien besoin de piller en catimini les idées des autres. Ainsi, pour prendre ce seul exemple, Pierre Cours-Salies, qui n’a jamais caché ses divers engagements militants, est, entre autres, un historien reconnu de la CFDT. Et son livre sur la CFDT, qui fait référence, a été publié en 1988, alors que celui de Frank Georgi date de 1995. Par ailleurs, vu notre projet éditorial, nous avions demandé aux auteurs de ne pas multiplier les citations et les références bibliographiques, comme cela est souvent de mise dans les publications dites scientifiques.

L’attitude hostile de Xavier Vigna par rapport à notre livre est d’autant plus manifeste que, par ailleurs, il tresse des lauriers à d’autres publications qui, elles aussi, portent sur l’histoire de cette période. Peut-être est-ce, pour reprendre sa formule, parce qu’il se retrouve alors entre « collègues » ? Reste que cette morgue mensongère, qui se drape dans un discours d’expert (de « chercheur »), est difficile à supporter.

Qu’il nous soit permis, à l’occasion de cette réponse de remercier l’ensemble des auteur-e-s pour leur travail gratuit, mais pas désintéressé, surtout en ces temps de renoncements et de reniements.


Réponse de Georges Ubbiali


Xavier Vigna m’accuse de « piller [s]es travaux pour aboutir à une pâle compilation […] ». Au-delà du ton insultant, j’aimerais rappeler que je n’ai pas attendu la parution des travaux de Xavier Vigna pour travailler sur la thématique de Mai 68. Dans ma thèse (« La professionnalisation des directions syndicales à la CGT et la CFDT », Paris 1, 1997), je consacre un chapitre aux critiques et argumentaires des organisations gauchistes développés à l’encontre du mouvement syndical dans la période post-68. Cent pour cent des sources que je mobilise dans ce chapitre sont également utilisés par Xavier Vigna dans son ouvrage paru dix ans plus tard. Dois-je en conclure à un pillage systématique ? L’objet Mai 68 (et plus précisément la thématique « luttes ouvrières post-68 ») n’est pas la propriété d’un chercheur, dont le travail, cité dans la bibliographie, a par ailleurs été utilisé. C’est, me semble-t-il, la fonction des recherches d’enrichir le patrimoine de connaissances commun.

J’ajouterais que la stricte honnêteté intellectuelle aurait dû amener Xavier Vigna à préciser qu’il a participé par un chapitre dans chacun des deux livres dont il offre une critique positive. Cela permet de relativiser le parti pris qu’il développe à l’égard de l’ouvrage de Syllepse dans laquelle figure ma contribution.


Réponse aux réponses, par Xavier Vigna


Les réponses formulées par mes différents contradicteurs appellent de ma part quatre considérations successives.

1) La RILIm’a sollicité pour proposer une lecture de quelques ouvrages sortis à l’occasion de la commémoration du quarantième anniversaire de mai-juin 1968, avec l’objectif de les inscrire dans le champ historiographique français et étranger, et d’en présenter les prolongements possibles. Sur les cinq livres recensés, dont quatre de manière positive, j’ai participé à deux d’entre eux : un chapitre dans le volume de l’Atelier, trois contributions dans celui de La Découverte. J’aurais en effet dû préciser ce point dans la recension critique.

2) Je maintiens les critiques que j’ai formulées à l’encontre du volume publié par Syllepse, et je souhaite rapidement les préciser. Contrairement à ce que suggèrent les trois directeurs de l’ouvrage, celui-ci n’est en aucune manière l’oeuvre d’outsiders : les travaux de Pierre Cours-Salies, comme ils l’écrivent eux-mêmes, font autorité ; de même René Mouriaux, Marnix Dressen, Gérard Mauger, Daniel Bensaïd et Catherine Samary sont des universitaires réputés. Plusieurs contributions résument également des travaux remarqués et publiés antérieurement sous une forme plus développée. Il faut en outre espérer que les docteurs et doctorants rassemblés dans l’ouvrage puissent à leur tour devenir enseignants-chercheurs. Dès lors, ce sont bien des collègues qui ont écrit la grande majorité des contributions. Dans un strict rapport d’égalité, je discute certains papiers.

Je maintiens donc le terme de « coucou » pour les trois textes cités, quelque usage qu’Edmond Maire ait fait de ce terme. Certes, aucune bibliographie n’est jamais exhaustive, mais certaines omissions posent problème. Ainsi, je ne vois pas en quoi le fait que Pierre Cours-Salies ait publié sa thèse en 1988 le dispense de citer un ouvrage datant de 1995 dans une contribution paraissant en 2008. Il en va de même pour Georges Ubbiali, sociologue spécialiste des syndicats et de l’extrême gauche trotskyste. Au printemps dernier, il lit attentivement et chronique une thèse soutenue en 2003 : la mienne. La lecture qu’il en propose reprend d’ailleurs les deux problématiques qui l’intéressent, et qu’on retrouve dans sa réponse présente : « les directions syndicales », les « organisations gauchistes ». Mais cet intérêt ne transforme pas Georges Ubbiali en chercheur compétent sur les luttes ouvrières des années 68. Sa compilation, loin d’enrichir un hypothétique « patrimoine commun », l’obscurcit sur un point essentiel : le rapprochement qu’il opère entre ouvriers et employés.

En me reprochant de maintenir cette disjonction, Antoine Artous, Didier Epsztajn et Patrick Silberstein invoquent ouvriérisme et mépris. Rappelons d’abord que l’ouvriérisme stigmatise une proximité forcée avec le monde ouvrier, et suppose a contrarioune juste distance dont j’attends avec curiosité la mesure. Surtout, l’histoire des ouvriers et des employés diffère radicalement par au moins trois aspects : la composition de la main-d’oeuvre d’abord qui, dans l’industrie, comprend une large fraction d’immigrés, sur laquelle pèse par conséquent une menace d’expulsion lors de grèves ; l’histoire des relations sociales ensuite, avec notamment des stratégies patronales pour fixer la main-d’oeuvre et le long développement du mouvement syndical ; les conditions de travail d’autre part : extraire du plomb chez Penarroya à Lyon n’expose pas aux mêmes dangers que trier des sacs de courriers ou rendre de l’argent derrière un guichet. De deux choses l’une : soit Georges Ubbiali travaille mal sur les sujets qu’il ne maîtrise pas ; soit il opère cette équivalence parce qu’elle coïncide davantage avec l’implantation sociologique et le « travail ouvrier » de la LCR dans les années 68. C’est précisément face à ce type de passe-passe, qu’on est en droit de s’interroger sur le lieu d’où parle Georges Ubbiali, et qu’on peut regretter un académisme militant.

Pour le reste, comme je l’écrivais encore, d’autres contributions « opèrent des mises au point précieuses ou ouvrent des pistes ». Cela aussi je le maintiens.

3) Le commentaire vigoureux de Kristin Ross est étrange en même temps qu’il pose un problème de fond. J’avoue être surpris de l’accusation de chauvinisme, parce que j’ai tenu à signaler l’apport de travaux étrangers, inédits de surcroît en français : de quoi eussé-je été accusé si j’en étais resté aux auteurs nationaux ? Où peut bien résider le chauvinisme quand on se félicite de regards étrangers ?

Au-delà, ma recension ne prétendait nullement à une réflexion épistémologique, mais puisque Kristin Ross me reproche de sacraliser l’archive, l’occasion m’est offerte d’insister brièvement sur un point qui m’est cher. Le livre de Kristin Ross porte en effet davantage sur les vies ultérieures de 68 que sur « Mai 68 » lui-même. C’est d’ailleurs pourquoi les attaques qu’elle mène contre les déformations successives de 68, et ceux qu’elle appelle « les fonctionnaires et les gardiens officiels de la mémoire » sont jubilatoires. De même, j’ai souligné la finesse de son intuition sur le lien à construire entre les guerres coloniales et les années 68. Reste que son argumentation repose sur une espèce de proto-récit historien de 68. À l’inverse, le recours aux archives (bien au-delà des seules archives de police : j’ai mentionné plusieurs centres dans la recension), a deux vertus principales pour notre sujet. Il permet en premier lieu la déconstruction toute une série de « mythèmes » sur 68 (la trahison de la CGT, la situation révolutionnaire, la commune de Nantes, l’écran noir de la télévision, un mouvement sans drame, etc.), et oblige à prendre en compte les événements en province, avec des chronologies et des situations spécifiques, d’examiner les réactions de l’appareil d’État, etc. Force est de reconnaître que l’ouvrage de Kristin Ross, dans son proto-récit, n’est pas exempt de ces mythèmes. Les archives favorisent également l’administration de la preuve, dont Carlo Ginzburg a rappelé l’impérieuse nécessité ; faute de quoi, on en revient à l’argument d’autorité, que Kristin Ross ne saurait évidemment admettre.

Dans un tel registre, je n’ignore pas les sources audiovisuelles et leurs apports. Cependant, je ne crois pas que le visionnage des dizaines d’heures d’archives télévisuelles suffise en soi. Comme pour chaque type d’archives, il s’agit classiquement de chercher qui les produit, les monte, comment, à partir de quelles images, dans quel but, sur quelle chaîne et pour quel public. En outre, il faut étudier l’espace de réception (si les images ont été vues) et les effets que peuvent avoir ces images, ce que les téléspectateurs en font, puisqu’ils ne se content pas simplement de les ingérer, quels effets elles ont pu avoir sur les événements, etc.

J’ai bien conscience de risquer davantage encore l’accusation de positivisme réactionnaire. J’ai pourtant la faiblesse de croire que l’élaboration patiente des faits n’est pas tout à fait vaine, y compris en histoire contemporaine : quand Robert Paxton a ouvert les archives allemandes de l’Occupation ou Raphaëlle Branche les archives militaires de la guerre d’Algérie, pour prendre deux exemples brûlants, ils n’ont après tout pas si mal travaillé.

4) L’interpellation de Nicolas Hatzfeld enfin me semble davantage reposer sur un malentendu que sur un différend. Dans le paragraphe qu’il incrimine, je refuse une interprétation qu’une lecture hâtive du papier en question pourrait opérer : faire des grèves de 68 un mouvement d’ouvriers déclassés. J’avais pris soin d’ajouter explicitement que les auteurs se gardaient bien d’une telle interprétation. Par maladresse, j’ai sans doute maintenu une certaine ambiguïté, dont je prie Nicolas Hatzfeld et Cédric Lomba de bien vouloir m’excuser.

Dès lors, je souscris aux analyses et suggestions de Nicolas Hatzfeld, à la fois sur la réalité d’un sentiment de déclassement, les registres identitaires et l’articulation entre la guerre d’Algérie et les années 68. Qu’il y ait discordance entre statut professionnel et emploi-travail d’OS est un fait que les études mentionnées établissent, et on a toutes les bonnes raisons de penser que ce sentiment de déclassement est douloureux. Il est également probable que ces ouvriers sont au coeur de l’insubordination en mai-juin 1968 comme après. Les Renseignements généraux l’ont d’ailleurs établi, à la suite à la grève à la Régie Renault au Mans en 1971 : ils montrent en effet que, dans le service qui a été à l’initiative de la grève, les ouvriers spécialisés sont plus fréquemment titulaires d’un CAP qu’ailleurs. Mais ils incriminent surtout le système de rémunération et concluent leur analyse ainsi : « le conflit des OS du Mans a été, à l’origine, surtout une réaction de jeunes récemment embauchés, rejointe ensuite par les ouvriers les plus anciens. Il apparaît aussi qu’il ne s’est pas agi d’un mouvement de mécontentement de titulaires du CAP. » Je crois que Nicolas Hatzfeld et moi nous retrouverons pour saluer la prudence et la sagacité des Renseignements généraux !

De même, je souscris à l’articulation entre guerre d’Algérie et années 68 pour certains militants. À l’aune de certaines communications entendues lors de différents colloques de ce printemps, il apparaît désormais que l’articulation joue sur une échelle plus vaste encore : elle fonctionne dans l’extrême droite et à Marseille par exemple. De même, Stéphane Gacon montre que 68, par la seconde loi d’amnistie promulguée en juillet pour les anciens de l’OAS, met paradoxalement fin à la séquence de la guerre d’Algérie. Dès lors, ce sont bien la sortie de guerre de la société française dans son ensemble, au-delà de ses seuls combattants, et toutes les séquelles de la situation coloniale qu’il faut s’attacher à scruter.

On le voit, à mesure que les lampions du quarantième anniversaire s’éteignent lentement, les disciples de Clio peuvent se remettre au travail : les récoltes du printemps 2008 ont paradoxalement produit des semailles passionnantes. Il y a lieu de s’en réjouir.




Antoine Artous
Antoine Artous, Didier Epsztajn et Patrick Silberstein ont dirigé l'ouvrage La France des années 1968 paru aux éditions Syllepse en mars 2008. Par ailleurs, Antoine Artous est l'auteur de Marx, l'État et la politique,tiré de sa thèse de doctorat ; Patrick Silberstein est l'un des fondateurs des éditions Syllepse.

Didier Epsztajn
Antoine Artous, Didier Epsztajn et Patrick Silberstein ont dirigé l'ouvrage La France des années 1968 paru aux éditions Syllepse en mars 2008. Par ailleurs, Antoine Artous est l'auteur de Marx, l'État et la politique,tiré de sa thèse de doctorat ; Patrick Silberstein est l'un des fondateurs des éditions Syllepse.

Kristin Ross
Kristin Ross est professeur de littérature comparée à New York University et l'auteur de nombreux articles sur la littérature française, la théorie critique et l'histoire culturelle. Deux de ses ouvrages sont disponibles en français : Rouler plus vite, laver plus blanc. Modernisation de la France et décolonisation au tournant des années 60 (Flammarion) et Mai 68 et ses vies ultérieures (Complexe). Elle a traduit en anglais du livre de Jacques Rancière Le Maître ignorant.

Nicolas Hatzfeld
Nicolas Hatzfeld est maître de conférences en Histoire contemporaine à l'université d'évry. Il a soutenu en 2000 à l'EHESS sa thèse d'histoire, Organiser, produire, éprouver. Histoire et présent de l'usine de carrosserie de Peugeot à Sochaux, 1948-1996. Il est membre des comités de rédaction des revues Le Mouvement social et Sociétés contemporaines. Il est notamment l'auteur des Gens d'usine. 50 ans d'histoire à Peugeot-Sochaux.
Autre(s) article(s) du même auteur paru(s) dans la RiLi
30 ans d'usine
L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

Patrick Silberstein
Antoine Artous, Didier Epsztajn et Patrick Silberstein ont dirigé l'ouvrage La France des années 1968 paru aux éditions Syllepse en mars 2008. Par ailleurs, Antoine Artous est l'auteur de Marx, l'état et la politique,tiré de sa thèse de doctorat ; Patrick Silberstein est l'un des fondateurs des éditions Syllepse.

Xavier Vigna
Xavier Vigna est Agrégé d'histoire, maître de conférences d'histoire contemporaine à l'université de Bourgogne. Membre du Centre Georges Chevrier, il poursuit des recherches sur la conflictualité sociale et politique dans le second xxe siècle. Il est coauteur de Le Pain, la paix, la liberté. Expériences et territoires du Front Populaire (La Dispute, 2006) et vient de publier L'Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d'histoire politique des usines (PUR, 2007).
Autre(s) article(s) du même auteur paru(s) dans la RiLi
Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68
Pour citer cet article : Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn, « Mai 68 : le débat continue », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 16/07/2008, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=248
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Rili, Numéro 6, juillet-aout 2008

Numéro 6

juillet-aout 2008


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903

Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes.

à propos de
Les cours de Gilles Deleuze en ligne
François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée
Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


John Banville - Ode criminelle

à propos de
Otto Penzler (dir.), The Black Lizard Big Book of Pulp


Jerôme Game - Flip Book

Enzo Traverso - Messianisme, orientalisme et Holocauste. Un bilan historique du sionisme

à propos de
Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine
Arno J. Mayer, Ploughshares into Swords. From Zionism to Israel
Idith Zertal, La Nation et la Mort. La Shoah dans le discours et la politique d’Israël
Amnon Raz-Krakotzkin, Exil et Souveraineté. Judaïsme, sionisme et pensée binationale


Mahmood Mamdani et Nermeen Shaikh - « Bons » et « mauvais » musulmans. Terreur d’État et terreur non étatique : de la Guerre froide au 11 septembre

Lila Abu-Lughod - "La femme musulmane". Le pouvoir des images et le danger de la pitié

Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

à propos de
Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Nathalie Quintane - Et court.

Elva Zabunyan - La conscience féministe noire, ou la radicalité d’une pensée contemporaine

à propos de
Elsa Dorlin, Black Feminism. Une anthologie du féminisme africain-américain 1975-2000


Où sont les folles ?

à propos de
Jean-Yves Le Talec, Folles de France. Repenser l’homosexualité masculine


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

à propos de
Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Alain Desrosières - Histoire des menues techniques

à propos de
Delphine Gardey, Écrire, calculer, classer. Comment une révolution de papier a transformé les sociétés contemporaines (1800-1940)


Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn - Mai 68 : le débat continue

à propos de
Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines




Articles en accès libre

Yves Citton - Foules, nombres, multitudes : qu'est-ce qu'agir ensemble ?

à propos de
Collectif, Local Contemporain n°5
Thomas Berns, Gouverner sans gouverner. Une archéologie politique de la statistique
Pascal Nicolas-Le Strat, Expérimentations politiques
Pascal Nicolas-Le Strat, Moments de l'expérimentation


Philippe Minard - « À bas les mécaniques ! »: du luddisme et de ses interprétations

à propos de
François Jarrige, Au temps des "tueuses à bras". Les bris de machines à l'aube de l'ère industrielle (1780-1860)


Jérôme Vidal - La dernière « intox »
de l’industrie atomique :
le nucléaire, une énergie propre et sûre

à propos de
À propos de Frédéric Marillier, EPR. L’impasse nucléaire,


Charlotte Nordmann - Insoutenable nucléaire

à propos de
À propos de Laure Noualhat, Déchets, le cauchemar du nucléaire,


A l'attention de nos lecteurs et abonnés

La Revue internationale des Livres et des Idées reparaît en septembre !

"Penser à gauche. Figures de la pensée critique" en librairie

Jean-Numa Ducange - Editer Marx et Engels en France : mission impossible ?

à propos de
Miguel Abensour et Louis Janover, Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx
Karl Marx, Le Capital


J. R. McNeill - La fin du monde est-elle vraiment pour demain ?

à propos de
Jared Diamon, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie


Antonio Negri - Produire le commun. Entretien avec Filippo Del Lucchese et Jason E. Smith

Alfredo Gomez-Muller - Les luttes des "indigènes en Bolivie : un renouveau du socialisme ?

Arne Næss et la deep ecology: aux sources de l'inquiétude écologiste

Comment vivons-nous ? Décroissance, "allures de vie" et expérimentation politique. Entretien avec Charlotte Nordmann et Jérôme Vidal

Giovanna Zapperi - Neutraliser le genre ?

à propos de
Camille Morineau, L'adresse du politique


Politiques du spectateur

Partha Chatterjee - L’Inde postcoloniale ou la difficile invention d’une autre modernité

Le climat de l’histoire: quatre thèses

Alice Le Roy - Écoquartier, topos d’une écopolitique ?

Jérôme Vidal et Charlotte Nordmann - J’ai vu « l’Esprit du monde », non pas sur un cheval, mais sur un nuage radioactif : il avait le visage d’Anne Lauvergeon1 (à la veille du sommet de l’ONU sur les changements climatiques)

Charlotte Nordmann et Bernard Laponche - Entre silence et mensonge. Le nucléaire, de la raison d’état au recyclage « écologique »

Jérôme Ceccaldi - Quelle école voulons-nous?

Yves Citton - Beautés et vertus du faitichisme

Marie Cuillerai - Le tiers-espace, une pensée de l’émancipation

Tiphaine Samoyault - Traduire pour ne pas comparer

Sylvie Thénault - Les pieds-rouges, « gogos » de l’indépendance de l’Algérie ?

Michael Löwy - Theodor W. Adorno, ou le pessimisme de la raison

Daniel Bensaïd - Une thèse à scandale : La réaction philosémite à l’épreuve d’un juif d’étude

Bourdieu, reviens : ils sont devenus fous ! La gauche et les luttes minoritaires

Samuel Lequette - Prigent par lui-même – Rétrospections, anticipations, contacts

Laurent Folliot - Browning, poète nécromant

David Macey - Le « moment » Bergson-Bachelard

Hard Times. Histoires orales de la Grande Dépression (extrait 2: Evelyn Finn)

La traversée des décombres

à propos de
Bruno Tackels, Walter Benjamin. Une vie dans les textes


Delphine Moreau - De qui se soucie-t-on ? Le care comme perspective politique

Hard Times. Histoires orales de la Grande Dépression (extrait 1: Clifford Burke)

Thomas Coutrot - La société civile à l’assaut du capital ?

Anselm Jappe - Avec Marx, contre le travail

à propos de
Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale
Isaac I. Roubine, Essais sur la théorie de la valeur de Marx


L'histoire du Quilt

Jacques Rancière - Critique de la critique du « spectacle »

Yves Citton - Michael Lucey, ou l'art de lire entre les lignes

à propos de
Michael Lucey, Les Ratés de la famille.


Wendy Brown - Souveraineté poreuse, démocratie murée

Marc Saint-Upéry - Y a-t-il une vie après le postmarxisme ?

à propos de
Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, Hégémonie et stratégie socialiste


Razmig Keucheyan - Les mutations de la pensée critique

à propos de
Göran Therborn, From Marxism to Postmarxism?


Yves Citton et Frédéric Lordon - La crise, Keynes et les « esprits animaux »

à propos de
George A. Akerlof et Robert J. Shiller , Animal Spirits


Yves Citton - La crise, Keynes et les « esprits animaux »

à propos de
A. Akerlof et Robert J. Shiller, Animal Spirits
John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie


Version intégrale de : Le Hegel husserliannisé d’Axel Honneth. Réactualiser la philosophie hégélienne du droit

à propos de
Axel Honneth, Les pathologies de la liberté. Une réactualisation de la philosophie du droit de Hegel


Caroline Douki - No Man’s Langue. Vie et mort de la lingua franca méditerranéenne

à propos de
Jocelyne Dakhlia, Lingua franca. Histoire d’une langue métisse en Méditerrannée


Pierre Rousset - Au temps de la première altermondialisation. Anarchistes et militants anticoloniaux à la fin du xixe siècle

à propos de
Benedict Anderson, Les Bannières de la révolte


Yves Citton - Démontage de l’Université, guerre des évaluations et luttes de classes

à propos de
Christopher Newfield, Unmaking the Public University
Guillaume Sibertin-Blanc et Stéphane Legrand, Esquisse d’une contribution à la critique de l’économie des savoirs
Oskar Negt, L’Espace public oppositionnel


Christopher Newfield - L’Université et la revanche des «élites» aux États-Unis

Antonella Corsani, Sophie Poirot-Delpech, Kamel Tafer et Bernard Paulré - Le conflit des universités (janvier 2009 - ?)

Judith Revel - « N’oubliez pas d’inventer votre vie »

à propos de
Michel Foucault, Le Courage de la vérité, t. II, Le gouvernement de soi et des autres


Naomi Klein - Ca suffit : il est temps de boycotter Israël

Henry Siegman - Les mensonges d'Israël

Enzo Traverso - Le siècle de Hobsbawm

à propos de
Eric J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991)


Yves Citton - La pharmacie d'Isabelle Stengers : politiques de l'expérimentation collective

à propos de
Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient


Isabelle Stengers - Fabriquer de l'espoir au bord du gouffre

à propos de
Donna Haraway,


Serge Audier - Walter Lippmann et les origines du néolibéralisme

à propos de
Walter Lippmann, Le Public fantôme
Pierre Dardot et Christian Laval, La Nouvelle Raison du monde. Essai sur la société néolibérale


Nancy Fraser - La justice mondiale et le renouveau de la tradition de la théorie critique

Mathieu Dosse - L’acte de traduction

à propos de
Antoine Berman, L’Âge de la traduction. « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire


Daniel Bensaïd - Sur le Nouveau Parti Anticapitaliste

à propos de
Jérôme Vidal, « Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA », RiLi n°9


Iconographie (légende)

La RiLi a toutes ses dents !

Yves Citton - La passion des catastrophes

Marielle Macé - La critique est un sport de combat

David Harvey - Le droit à la ville

Grégory Salle - Dérives buissonières au pays du dedans

Bibliographies commentées: "L'étude des camps" et "Frontière, citoyenneté et migrations"

Jérôme Vidal PS - Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA

Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

à propos de
Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux
Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine
Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie
Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

L’anthropologie sauvage

Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

Frédéric Lordon - Finance : La société prise en otage

Mahmood Mamdani - Darfour, Cour pénale internationale: Le nouvel ordre humanitaire

André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

à propos de
Marcel Gauchet, L’Avènement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche »

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de
Marcel Gauchet,


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de
Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de
Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de
Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos de
Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn - Mai 68 : le débat continue

à propos de
Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

à propos de
Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

à propos de
Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes.

à propos de
Les cours de Gilles Deleuze en ligne
François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée
Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

à propos de
Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie
Tzvetan Todorov, La Littérature en péril
Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes
Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)


Marc Escola - Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire

à propos de
Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature


Xavier Vigna - Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos de
Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68
Serge Audier, La Pensée anti-68
Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective
Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


Peter Hallward - L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

à propos de
Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom ? Circonstances, 4


François Cusset - Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne

à propos de
Jean-Loup Amselle, L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes


Warren Montag - Sémites, ou la fiction de l’Autre

à propos de
Gil Anidjar, Semites : Race, Religion, Literature


Alain de Libera - Landerneau terre d'Islam

Frédéric Neyrat - Géo-critique du capitalisme

à propos de
David Harvey, Géographie de la domination


Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l’avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne

à propos de
Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme


Artistes invités dans ce numéro

Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

à propos de
Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais


François Héran - Les raisons du sex-ratio

à propos de
Éric Brian et Marie Jaisson, Le Sexisme de la première heure :


Michael Hardt - La violence du capital

à propos de
Naomi Klein, The Shock Doctrine


Giorgio Agamben et Andrea Cortellessa - Le gouvernement de l'insécurité

Cécile Vidal - La nouvelle histoire atlantique: nouvelles perspectives sur les relations entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques du xve au xixe siècle

à propos de
John H. Elliott, Empires of the Atlantic World
John H. Elliott, Imperios del mundo atlántico


Antonio Mendes - A bord des Négriers

à propos de
Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History


Nicolas Hatzfeld - 30 ans d'usine

à propos de
Marcel Durand, Grain de sable sous capot. Résistance et contre-culture ouvrière


Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

à propos de
Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

à propos de
Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

à propos de
Alessandro Piperno, Proust antijuif


Artistes invités dans ce numéro

Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

à propos de
George L. Mosse, Zeev Sternhell, Emilio Gentile,


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

à propos de
John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir
Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Slavoj Zizek - La colère, le ressentiment et l’acte

à propos de
Peter Sloterdijk, Colère et Temps


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

à propos de
Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

à propos de
Xavier Bébin, Pourquoi punir ?


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

à propos de
Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de
Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de
Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de
Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de
Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de
Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de
Jack Goody, The Theft of History


Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de
Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de
Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro