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Les filles voilées peuvent-elles parler ?

Apropos d’Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent

par Christophe Montaucieux

à propos de

Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian

Les Filles voilées parlent

Depuis 1989, les jeunes filles voilées entendent leur parole déformée ou la voient étouffée par le « progressisme » et le « féminisme » dont se parent les discours antivoile. Cette discrimination dont elles font l’objet avançant, la plupart du temps, sous le masque de la bonne conscience républicaine, il est difficile pour elles d’apparaître publiquement autrement que comme des victimes. Dans Les Filles voilées parlent, leurs voix s’élèvent et leur parole se libère de ceux qui, prétendant les défendre, écrasent leur identité et couvrent leur voix sous un discours prétendument salvateur.

Les Filles voilées parlent. Un titre sous forme de boutade, 350 pages, une somme de 44 témoignages de femmes d’âges et de profils divers qui relatent l’expérience intime de la stigmatisation. On pourra à la lecture de cet ouvrage mesurer l’ampleur de l’islamophobie en France et comment la loi antivoile a encouragé son expression. La motivation des auteurs est au départ de lutter contre la négation d’une simple compétence individuelle : la parole. Une tentative éditoriale pour faire entendre des voix inaudibles qui aurait tout aussi bien pu être conduite avec des prostitués, des drogués, etc. Les minorités opprimées sont immanquablement sans voix, particulièrement dans les débats médiatiques les concernant. Se font entendre experts, spécialistes, journalistes, politiques, une liste qui satisfait aux apparences du pluralisme mais qui exclue sans état d’âme les concernés. La commission Stasi, qui n’a pas auditionné de femmes voilées, montre combien, en France, il n’est pas considéré comme choquant ou intellectuellement problématique de « parler sur » en l’absence du sujet, même à l’heure de délivrer un avis d’importance dont on sait qu’il servira à une loi excluant des jeunes filles de l’école. La négation de la parole des dominées s’est faite au nom de valeurs universelles, et la cause des femmes a servi de prétexte. Nombreuses sont les féministes historiques à avoir pesé de tout leur poids symbolique pour que soit rejetée la parole des femmes voilées dès lors qu’elles ont voulu affirmer leur liberté de porter le foulard. L’argument avait déjà été employé pour disqualifier la parole des prostituées qui refusaient de s’exposer en victimes : soumises inconsciemment à la domination masculine, manipulées, ces femmes ne seraient plus en mesure de proférer une « parole libre ». Ce n’est pas tant leur argumentation qui est contestée que leur légitimité même à parler. C’est dans ce contexte que paraît Les Filles voilées parlent, édité par les éditions La Fabrique, coordonné par Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tévanian.

Une petite mésaventure arrivée à ce livre avec un éditeur initialement pressenti éclaire la difficulté d’une entreprise de prime abord assez simple : susciter, recueillir et organiser des témoignages en vue de leur publication. Les textes furent « rehaussés » par ce premier éditeur, et des expressions jugées trop familières furent reformulées. Ce nivellement des niveaux de langage, vécu par les auteurs comme une dénaturation des propos, abouti à une rupture et conduit le projet aux éditions La Fabrique. Pire arriva à une figure du mouvement des prostituées constitué en 2002 contre le projet de loi de Nicolas Sarkozy pénalisant le racolage passif. Claire Carthonnet, charismatique prostituée lyonnaise, trouva sans grande difficulté une maison d’édition, mais son manuscrit intitulé Paroles de putefut jeté aux oubliettes. Un « nègre » se chargea avec son accord de tout réécrire et le titre devînt J’ai des choses à vous dire… un livre sans surprise, policé, bien éloigné des analyses théoriques et des coups de gueule initiaux. La parole des minorités peut par maints chemins ainsi se perdre et se déformer. Elle n’a d’autres choix, pour espérer exister, que de se replier vers des médias sympathisants, alternatifs ou indépendants, au public hélas restreint, déjà convaincus ou en passe de l’être. Un recueil d’entretiens du type Les Filles voilées parlent est un exercice éditorial assez rare, au succès de librairie très incertain. Son existence est l’aboutissement d’une démarche militante tant de la part des femmes qui ont accepté de prendre la plume ou d’être interviewées que des auteurs et de l’éditeur. Relayer la simple parole suffit à poser un acte politique fort. C’est une conviction qui a engendré nombre de films documentaires construits autour de la voix des opprimés. Il fut toutefois reproché à beaucoup de films de la noyer dans un humanisme qui, pour éveiller les consciences, s’attarde sur les souffrances morales ou physiques, au risque d’une victimisation au bénéfice politique contestable et dans laquelle les protagonistes se sentent enfermer. La recherche de la prise de conscience par l’affect est exploitée depuis longtemps par le cinéma, notamment de fiction, par exemple lorsqu’il chercha à défendre la cause des Noirs aux États-Unis. Le récent film de Rachid Bouchareb, Indigènes, s’inscrit dans cette tradition. On pourrait encore chercher pourquoi la parole des minorités discriminées est si peu ou si mal relayée. Il y aurait évidemment beaucoup à écrire sur la médiation et l’objectivité journalistique qui se sont avérées incapables de sortir le débat sur le voile des amalgames qui l’ont parasité. Non pas que les témoignages et les points de vue contre le projet de loi aient été totalement absents de la presse et de la télévision, le souci journalistique d’impartialité et d’(apparence d’)objectivité ayant permis et justifié leur présence. Mais leur brièveté, les commentaires leur étant invariablement associés, leur relégation dans les rubriques « Opinion » ou « Débat », leur utilisation en encadré ou encore l’omniprésence des spécialistes de l’Islam et de la laïcité ont grandement participé à l’étouffement des voix discordantes. Ce même souci d’objectivité, ou tout du moins de son apparence, aurait tout aussi bien pu permettre de mettre en lumière plus de témoignages et d’avis nuancés ou contradictoires. Est-il possible de mesurer le rôle tenu par la violence rencontrée par quiconque s’est engagé ou fut soupçonné de s’engager aux côtés des filles voilées ?

L’auteur de ces lignes, alors qu’il filmait des filles voilées pour un documentaire, fut dénoncé auprès de sa maison de production comme dévoyé par des intégristes islamistes. Le site ReSPUBLICA, journal politique de gauche, républicain, laïque et social, m’accusa de filmer des militants laïcs afin de constituer un trombinoscope livrable à la vindicte des islamistes ! Dès les débuts du débat sur la loi sur le voile, beaucoup de citoyens se sont investis d’une mission pour sauver la laïcité, la République, la France, les femmes. La guerre contre l’obscurantisme est depuis déclarée. Chacun peut et doit y participer. Elle implique de désigner des ennemis et le droit de prendre directement celui-ci à parti. Cette violence n’est rien dans l’esprit de ceux qui l’infligent par rapport aux violences bien plus grandes (et dont les médias donnent des aperçus en Iran ou ailleurs) qui pourraient être exercées un jour en France, si on ne fait rien. Ce climat a indéniablement contribué à réduire l’expression des rares voix journalistiques dissonantes ou qui ont voulu dans ce débat passionnel raison gardée. Xavier Ternisien, du Monde, fut calomnié par Caroline Fourest dans la revue ProChoix, taxé de communautariste par Jean-François Kahn et violemment épinglé par quelques autres. La prudence fut de mise dans la profession. Les médias dans leur grande majorité ont relayé l’offensive laïque et républicaine et sa propagande confuse, abandonné leur antenne ou leur colonne à de douteux forcenés de la laïcité et laissé croire que le cheval de troie de l’Islam radical en France était le voile.

Les Filles voilées parlent fournira un corpus de textes précieux à tous ceux qui voudront dans quelques années se pencher sur l’expression du racisme hexagonal en ce début du troisième millénaire. Laissons-nous aller à quelques brèves remarques sur ces témoignages. La première est que, maintes fois, sont soulignés le poids et la responsabilité des médias.



« On nous explique aussi qu’il faut combattre un morceau de tissu sous prétexte qu’il symboliserait l’oppression des femmes. Mais ce sont de vraies femmes, et pas des symboles ni des morceaux de tissus, qu’on réprime en ne leur laissant pas avoir accès à l’école. Je crois en fait que l’opinion publique française a été prise en otage par la propagande médiatique qui posait les termes du débat de façon biaisée et manichéenne : soit on était démocrate, féministe, progressiste et moderne, et donc il fallait voter pour cette loi, soit on était contre la loi, ce qui faisait de nous de gens rétrogrades et obscurantistes voire potentiellement terroristes puisque de référence musulmane. La référence au 11 septembre, mais surtout à l’Algérie, l’Iran ou l’Afghanistan a très souvent été convoquée. »(Razek, 32 ans, Toulouse).



« Quant aux regards dans la rue ils sont assez changeants ; tantôt ça se calme, tantôt les gens nous regardent vraiment de travers, et alors on se dit « Mais qu’est-ce qui s’est passé hier à la télé ? » On va voir dans les programmes télé de la veille et on trouve toujours quelque chose ! Les médias font un vrai lavage de cerveau ! » (Sana, 25 ans, Aix-en-Provence).



Leurs rares apparitions dans les médias n’ont pas pu empêcher leur désincarnation. Chaque femme voilée est devenue un symbole, une abstraction. Une femme sous le voile vaut pour toutes les voilées du monde, en France ou en Iran, en Arabie saoudite ou à Montreuil. Elle est un stéréotype livré aux préjugés.



« J’ai pour ma part subi mon expérience la plus douloureuse tout récemment en octobre 2006. Je me suis fait agresser tout près de chez moi, par le libraire du coin. Je venais chercher des livres qu’une amie avait commandés. Le libraire a longtemps cherché avant de les retrouver, en s’énervant, en proférant des paroles violentes à mon encontre. Vu son état je me suis fait toute petite, en lui disant que je repasserai plus tard. Il s’est jeté sur moi, et m’a secoué violemment devant les clients. Quand j’ai essayé de lui échapper en dégageant son bras, il m’a poussé à trois reprises contre ses livres. J’espérais de l’aide de la part des clients, je criais mais personne n’a osé intervenir. Le libraire m’a même traitée de voleuse ! J’ai réussi à fuir, mais il m’a suivie et, tandis que j’arrivais près de ma maison, en sanglots, il m’a plaquée contre le mur, giflée et serrée à la gorge, puis il m’a traîné dans la rue. Je criais de toutes mes forces, j’appelais à l’aide, je demandais aux passants d’appeler la police, mais personne ne l’a fait. Il y a a même une passante qui m’a dit : « Madame rentrez chez vous, obéissez à votre mari sinon vous allez vous faire tuer. » D’autres, des automobilistes, m’ont lancé : « Rentre chez toi, arrête de provoquer ton mari ! » Ce qui m’a sauvé du pire, c’est l’arrivée de mon fils. Il a attrapé le libraire, qui a eu très peur et qui est parti. Je suis restée en état de choc, brisée, pendant plusieurs jours. Mes enfants étaient très inquiets. Ce qui m’a le plus humiliée, ce sont les réactions des gens qui correspondent bien aux préjugés d’une femme voilée, qui est forcément une femme battue. » (Houda, 45 ans, Montreuil-sous-Bois).
« Une femme m’a interpellée un jour en me disant « retourne dans ton pays ! » Je l’ai secouée, en espérant qu’à l’avenir elle réfléchirait à deux fois avant de tenir ce genre de propos racistes ! Elle s’est étonnée de ma réaction, persuadée que je ne savais ni parler, ni même me défendre. Au moment de la loi de 2004, le climat s’est durci davantage encore. La médiatisation de cette affaire a attisé les réactions de haine, de rejet et de violence. Je ressens aujourd’hui une profonde exclusion, le même rejet que j’ai subi lorsque j’étais gamine dans les années 1965, au lendemain de la guerre d’Algérie, quand on nous appelait « les négresses à plateau ». » (Nadjia, 43 ans, Montreuil-sous-Bois).



La pauvreté des réflexions subies, leur réitération et leur claironnement en toutes situations et en tous lieux témoignent de la puissance de la conviction et du dogme. L’argument islamophobe, comme tout propos raciste, se veut définitif, il se répète de bouche en bouche, jusqu’au bégaiement. Il émane de tous les niveaux de la société et de toutes les couches sociales.



« C’est comme cette histoire de mosquée : « j’enlève mes chaussures dans une mosquée, donc quand tu rentres dans un service public, tu dois enlever le foulard », il a suffi qu’un politicien le sorte un jour pour que tout le monde le reprenne. » (Karima,
29 ans, Boulogne-Billancourt).

Employeurs, professeurs, magistrats, assistantes sociales, médecins, quidam, chacun livre son combat personnel, peut témoigner auprès des filles voilées de sa colère et de sa conviction, jusqu’à l’agression verbale et physique. La lutte contre le voile est devenue l’affaire de tous. Le bon droit à s’en prendre à ces femmes semble tellement certain que la loi contre le foulard est interprétée et
abusivement étendue à des lieux où elle ne s’applique pas. Dès que le débat sur le voile a été relancé en 2003, et plus encore après le vote de la loi en 2004, des incidents se sont multipliés jusque dans les universités. La loi a beau ne s’appliquer qu’à l’enseignement secondaire, le climat de stigmatisation a poussé certaines administrations à faire du zèle, et à exclure ou à tenter d’exclure les étudiantes portant le foulard.



« D’une manière générale, notre situation devient de plus en plus difficile. Par exemple, on se met à exiger une photo d’identité sans notre voile pour la carte d’étudiant ! Pour la carte d’identité c’est la loi, donc je m’y soumets, – même si je trouve cela un peu ridicule, car je ne vois pas pourquoi on me reconnaîtrait mieux sans mon voile. Au contraire , je porte toujours mon voile, donc la photo avec mon voile est plus ressemblante ! Mais de toute façon, pour la carte d’étudiant, il n’y a aucune loi ! » (Sana, 25 ans, Aix-en-Provence).



La pression sociale est devenue suffisamment forte pour que le stigmate et les stéréotypes autour du foulard soient intégrés par les femmes voilées dans leur quotidien. Certaines se mettent à douter de leur place dans la société française et même d’une évolution de celle-ci favorable à l’avenir de leurs enfants.



« Ce que je vis aujourd’hui me fait revivre de manière très forte l’exclusion vécue par ma mère. Elle ne portait pas le foulard, mais elle a vécu les mêmes scènes en tant qu’Arabe qui ne savait ni lire ni écrire ; la voiture qui fait exprès de vous éclabousser, le mépris des employés au guichet, les insultes dans la rue, les crachats,… J’ai vu ma mère le subir quand j’étais enfant, et je le revis trente ans après sous les yeux de mes propres enfants. La seule différence c’est qu’à l’époque, c’était « sale Arabe », tandis qu’aujourd’hui c’est « sale islamiste ». Ce qui m’inquiète aujourd’hui ce sont mes deux enfants, qui se sont retrouvés à mes côtés lorsque je me suis fait bousculer ou insulter. Comment vont-ils intégrer ces attaques ? Que vont-ils en faire plus tard ? Nous sommes une génération sacrifiée, nos enfants vont-ils l’être aussi ? Pour assurer leur épanouissement, et la construction de leur personne, ne vaut-il pas mieux partir vivre ailleurs en Europe ? J’ai le devoir de leur offrir ce qu’il y a de mieux pour qu’ils deviennent des citoyens français exemplaires, soucieux d’une France plus libre, plus fraternelle, et plus égalitaire. Or j’ai l’impression qu’on me prive de ce projet et de ce droit. Je n’ai pas envie que mes enfants s’isolent, se construisent en rejet ou en opposition parce que la société aura exclu, dénigré, humilié, voire criminalisé leur mère. »(Houda, 45 ans, Montreuil-sous-Bois).



« J’ai toujours réussi à éviter l’affrontement avec l’administration ou les professeurs. Sauf un jour où j’étais venu avec un bandana. C’était un simple fichu que portaient pas mal de filles, pas forcément musulmanes, parce qu’il était à la mode et qu’elles le trouvaient joli. Mais je n’ai pas eu le droit d’être « à la mode » comme mes autres copines : ma professeure m’a immédiatement convoquée. Elle m’a dit « Je suis féministe, et je suis allergique au foulard. J’ai des copines musulmanes féministes qui refusent l’obligation de porter le voile, j’exigerai donc que vous le retiriez en entrant au lycée si vous voulez suivre le cours… » Je lui ai fait remarquer que ma copine en cours portait le même bandana, qu’elle n’avait eu droit à aucune remarque, et que cela s’appelait l’inégalité de traitement. Cette altercation m’a vraiment perturbée : j’ai ressenti une espèce de peur, et je n’ai jamais remis ce bandana. J’avais peur du conflit, peur d’entendre certaines réflexions, peur aussi de la réaction de mes parents. Car même s’ils étaient fier que je porte le voile il ne fallait surtout pas se faire remarquer par l’institution. J’ai perdu toute confiance en moi : car lorsque la société entière et les médias nous montre comme des filles soumises, fragiles, et « marginales », on finit forcément par le croire et par s’auto-exclure de la société. On perd tout espoir en l’avenir. C’est une véritable blessure psychologique, impossible à cicatriser. […] Face à cette violence, certaines filles voilées se sont repliées sur elles-mêmes et sur le soutien qu’elles trouvaient dans la « communauté » […] toute cette ambiance m’a reléguée dans une position de dominée. Je me souviens d’un jour où, sur le chemin de la fac, un homme m’a insultée, en m’accusant d’être responsable du terrorisme : j’ai baissé le regard comme si j’avais commis un crime, et j’ai continué ma route. Moi qui avais un fort caractère, je me retrouvais tout à coup soumise, enfermée dans ce schéma qu’avait souvent suivi mes parents : rester discrète, se rendre invisible, pour mieux être acceptée. »(Mellaaz, 22 ans, Paris).



Dans le prologue du livre, Ismahane Chouder explique que beaucoup de femmes ont refusé de participer à l’ouvrage par peur de s’exposer, y compris sous couvert de l’anonymat. « Beaucoup, même parmi celles qui ont fini par accepter de participer au livre, ont exprimé d’emblée de la méfiance, ou en tout cas une peur de voir leur parole déformée. Pourtant elle voyait bien qu’on ne leur était pas hostile, que Malika (Malika Latrèche, une autre des signataires du livre) et moi portions le foulard et que nous étions battues contre la loi antivoile. »



Pierre Tévanian cite le sociologue anglais Richard Hoggart qui décrit un réflexe de repli et une posture de « Je-m’en-foutisme » comme une réponse au mépris social : « du coup la parole n’est pas absente, mais elle reste dans l’entre-soi. On se parle entre voilées, entre femmes qui partagent non seulement une conviction et une pratique religieuse, mais aussi un vécu social […]. [A]u fond, les textes et témoignages que nous avons rassemblés nous raconte « L’histoire du point de vue des vaincues » : celles pour qui les mots d’ordre d’« interdiction des signes ostensibles » ou de « neutralité de l’espace public » n’ont été synonymes ni de « réaffirmation de la laïcité » ni d’« émancipation » ni de « promotion du vivre ensemble », mais tout simplement, prosaïquement, d’humiliations, d’exclusions, d’injures ou même d’agressions. »



Mais, pour conclure, nous citerons le point de vue d’une militante voilée :



« Il n’y a qu’à voir la solidarité qu’il y a eu pour les filles exclues de l’école. Pas grand-chose ! Une école pour tou-te-s n’a pas du tout eu l’ampleur du mouvement de soutien aux élèves sans-papiers, ce qui pour moi s’explique assez facilement. Ce n’est pas une question d’Islam, c’est plutôt que les sans-papiers sont hyper précaires, hyper vulnérables, et qu’ils connaissent mal la France, par conséquent « nous les militants, nous pouvons les prendre en charge ». C’est une relation de pouvoir. Mais le jour où le « sans-papiers » dira : «moi je mène ma lutte comme je l’entends », ou encore « je reste ici parce que hier vous m’avez colonisé, et je ne partirai que si vous me rendez tout ce que vous m’avez pris » je ne sais pas s’il sera aussi populaire et aussi soutenu qu’aujourd’hui. Les filles voilées ne sont pas comme les sans-papiers et donc elles agacent : elles sont françaises, elles connaissent parfaitement la langue, les pays, les lois et elles parlent d’égal à égal avec toi. Et c’est justement ça qui fait flipper tant de gens. « Qu’est-ce que c’est que cette petite prétentieuse ? » C’est comme ça que l’on parle de nous ! Si tout le monde ne s’est pas mis d’accord pour nous virer dès 1989, c’est qu’on avait encore de la pitié pour nous, on nous prenait pour des pauvres filles, victimes de leurs pères ou de leurs frères. C’est quand nous nous sommes affirmés libres et égales que nous avons suscité de la peur et de la haine. » (Hanane, 27 ans, Saint-Denis).








Christophe Montaucieux
Christophe Montaucieux est journaliste et documentariste. Il a notamment réalisé « Crack, la colère des pères  » et « Tag et Digicode  ».
Pour citer cet article : Christophe Montaucieux, « Les filles voilées peuvent-elles parler ? », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 24/09/2008, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=242
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Pierre Dardot et Christian Laval, La Nouvelle Raison du monde. Essai sur la société néolibérale


Nancy Fraser - La justice mondiale et le renouveau de la tradition de la théorie critique

Mathieu Dosse - L’acte de traduction

à propos de
Antoine Berman, L’Âge de la traduction. « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire


Daniel Bensaïd - Sur le Nouveau Parti Anticapitaliste

à propos de
Jérôme Vidal, « Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA », RiLi n°9


Iconographie (légende)

La RiLi a toutes ses dents !

Yves Citton - La passion des catastrophes

Marielle Macé - La critique est un sport de combat

David Harvey - Le droit à la ville

Grégory Salle - Dérives buissonières au pays du dedans

Bibliographies commentées: "L'étude des camps" et "Frontière, citoyenneté et migrations"

Jérôme Vidal PS - Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA

Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

à propos de
Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux
Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine
Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie
Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

L’anthropologie sauvage

Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

Frédéric Lordon - Finance : La société prise en otage

Mahmood Mamdani - Darfour, Cour pénale internationale: Le nouvel ordre humanitaire

André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

à propos de
Marcel Gauchet, L’Avènement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche »

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de
Marcel Gauchet,


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de
Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de
Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de
Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos de
Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn - Mai 68 : le débat continue

à propos de
Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

à propos de
Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

à propos de
Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes.

à propos de
Les cours de Gilles Deleuze en ligne
François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée
Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

à propos de
Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie
Tzvetan Todorov, La Littérature en péril
Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes
Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)


Marc Escola - Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire

à propos de
Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature


Xavier Vigna - Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos de
Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68
Serge Audier, La Pensée anti-68
Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective
Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


Peter Hallward - L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

à propos de
Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom ? Circonstances, 4


François Cusset - Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne

à propos de
Jean-Loup Amselle, L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes


Warren Montag - Sémites, ou la fiction de l’Autre

à propos de
Gil Anidjar, Semites : Race, Religion, Literature


Alain de Libera - Landerneau terre d'Islam

Frédéric Neyrat - Géo-critique du capitalisme

à propos de
David Harvey, Géographie de la domination


Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l’avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne

à propos de
Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme


Artistes invités dans ce numéro

Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

à propos de
Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais


François Héran - Les raisons du sex-ratio

à propos de
Éric Brian et Marie Jaisson, Le Sexisme de la première heure :


Michael Hardt - La violence du capital

à propos de
Naomi Klein, The Shock Doctrine


Giorgio Agamben et Andrea Cortellessa - Le gouvernement de l'insécurité

Cécile Vidal - La nouvelle histoire atlantique: nouvelles perspectives sur les relations entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques du xve au xixe siècle

à propos de
John H. Elliott, Empires of the Atlantic World
John H. Elliott, Imperios del mundo atlántico


Antonio Mendes - A bord des Négriers

à propos de
Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History


Nicolas Hatzfeld - 30 ans d'usine

à propos de
Marcel Durand, Grain de sable sous capot. Résistance et contre-culture ouvrière


Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

à propos de
Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

à propos de
Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

à propos de
Alessandro Piperno, Proust antijuif


Artistes invités dans ce numéro

Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

à propos de
George L. Mosse, Zeev Sternhell, Emilio Gentile,


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

à propos de
John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir
Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Slavoj Zizek - La colère, le ressentiment et l’acte

à propos de
Peter Sloterdijk, Colère et Temps


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

à propos de
Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

à propos de
Xavier Bébin, Pourquoi punir ?


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

à propos de
Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de
Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de
Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de
Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de
Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de
Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de
Jack Goody, The Theft of History


Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de
Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de
Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro