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L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

A propos de Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom? Circonstances, 4

par Peter Hallward

à propos de

Alain Badiou

De Quoi Sarkozy est-il le nom ? Circonstances, 4

Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, qu’il présente comme l’avatar le plus récent du « transcendantal pétainiste » qui s’incarne régulièrement depuis la restauration, Alain Badiou se livre à un exercice de philosophie à chaud et en appelle au renouvellement de l’hypothèse communiste. Plus qu’un simple texte d’intervention, ce livre est également le fruit du travail de théorisation politique entamé par Alain Badiou depuis le début de sa carrière. Travail de théorisation dont il convient, pour Peter Hallward, d’interroger les effets et la portée.

Quelques semaines avant que Nicolas Sarkozy ne soit élu président de la République française en mai 2007, Alain Badiou tenait à Paris une séance de son séminaire où il rappelait à son auditoire les raisons pour lesquelles il avait toujours refusé de se plier au rituel du suffrage populaire, « procédure irrationnelle», passive et impuissante. Dix jours après le décompte des voix de ceux de ses compatriotes qui s’étaient rendus aux urnes, Badiou tint une nouvelle séance lors de laquelle il consola ceux que le résultat consternait en arguant que cela, au moins, annonçait la fin de leur supplice : la gauche parlementaire, depuis longtemps moribonde, s’était maintenant effondrée, sans espoir de rémission, entraînant avec elle tout l’ordre politique qui s’était établi en France depuis la deuxième guerre mondiale.



Comme l’expliquait Badiou, Sarkozy a été élu car il a réussi à se présenter comme le champion de la richesse et des privilèges français face à une menace globale diffuse. Il a remporté les élections en se fondant sur la peur et la paranoïa. Il a mené une campagne reposant sur l’effroi à l’égard des étrangers, des ouvriers, des immigrés, des jeunes, des terroristes, de toutes sortes d’« autres », d’« outsiders », conjuguant cet effroi à la détermination impitoyable d’user de toute la force nécessaire pour les maintenir à distance. Sa politique de la peur l’a emporté parce que sa rivale, la candidate du Parti socialiste Ségolène Royal, n’avait rien d’autre à offrir que « la peur de la peur », répugnant sans grande conviction à approuver le développement d’un État policier ouvertement agressif. Puisque la gauche traditionnelle a depuis longtemps renoncé à toute tentative de formuler un projet émancipateur fondé sur la mobilisation directe des exploités et des opprimés, l’élection de Sarkozy marque la fin de l’ancienne orientation droite/gauche de la vie politique, au profit d’une désorientation dont se servent les riches pour attaquer les pauvres et exclure les opprimés.



Le court ouvrage De quoi Sarkozy est-il le nom ? développe le texte des séances de séminaire, tout en posant un diagnostic plus général sur la conjoncture politique française actuelle et en appelant, opportunément, à renouveler une solution « communiste ». Pour la première fois en plus de trente ans, les idées politiques de Badiou ont trouvé une résonance chez une partie importante de l’opinion nationale. Son Sarkozy s’est vendu à plus de 25 000 exemplaires dans les trois mois suivant sa publication. Horrifiés par l’apparente résurrection d’un « marxisme non reconstruit » au coeur de l’establishment philosophique français, des commentateurs issus des deux extrémités du spectre politique traditionnel se sont, au cours de ces deux derniers mois, rangés sur un même front pour dénoncer cet ouvrage dans la grande presse.



Le transcendantal pétainiste



Il est aisé de comprendre pourquoi le livre de Badiou a si bien accroché des pans entiers du public français. Badiou est passé maître dans l’art du pamphlet il y a longtemps. Comme la plupart de ses écrits polémiques, De quoi Sarkozy est-il le nom ? constitue un véritable tour de force rhétorique. À ceux qui sont démoralisés par la désorientation régnante, le livre promet acuité critique et conviction. Lançant une attaque ferme et ciblée, il monte à l’assaut de tout ce que défend Sarkozy. Il accuse son gouvernement ainsi que le moment politique qu’il représente d’être le sommet de la lâcheté réactionnaire et de la corruption, opposant à ces fautes l’affirmation vibrante du courage et de la vertu incorruptibles de la tradition révolutionnaire française.



La partie la plus efficace de l’ouvrage fait de Sarkozy la variante la plus récente d’une configuration qui s’enracine dans Thermidor et dans la Restauration de 1815. Badiou nomme cette configuration réactionnaire le « transcendantal pétainiste». Comme il l’explique en détail dans Logiques des mondes (2006), le « transcendantal » d’un monde donné est l’ensemble des opérations servant à diriger et à ordonner la manière générale d’apparaître de ses éléments, leur manière d’apparaître plus ou moins en conformité avec l’état dominant des choses. Au cours de ses diverses incarnations historiques, ce que Badiou désigne comme le transcendantal pétainiste a réussi à faire passer une situation de défaite ou de retraite pour la victoire éclatante d’un statu quo menacé. Pétain et ses avatars surviennent en sorte que « la capitulation et la servilité se présentent comme invention […] et régénération ». Le pétainisme redessine les traits de la collaboration avec la puissance étrangère – triomphe de la monarchie en Europe en 1815, victoire des nazis en 1940, hégémonie américaine aujourd’hui – et la présente comme la stratégie d’autodéfense nationale la plus honorable. Soutenus par le racisme et le nationalisme, les profiteurs du pétainisme saisissent dans la désorientation politique une occasion de prêcher en faveur d’un retour aux valeurs de la morale traditionnelle, aux vertus de « la discipline « travail, famille, patrie »». S’appuyant sur un modèle emprunté à l’étranger (Pétain émule de Mussolini et d’Hitler, Sarko admirateur de Blair et Bush), ils associent la reconnaissance de la propriété et du « mérite » à la criminalisation des pauvres et des exclus. Ils justifient la répression de ces derniers en leur faisant porter le legs désastreux d’un événement passé, condamné en tant que cause immédiate de la crise actuelle (la Révolution et le régicide pour les Ultras de 1815, le Front populaire et la menace de grève générale pour les collaborateurs de 1940, l’irruption anarchique de Mai 68 pour Sarko lui-même).



Badiou suggère que c’est l’habileté de Sarkozy à manipuler cet ensemble bien enraciné de réflexes politiques droitiers qui lui a permis de présenter des mesures anti-ouvriers, anti-immigrés, anti-étrangers et anti-pauvres comme essentielles à la restauration d’une France « ré-énergisée » à sa juste position d’influence privilégiée dans le monde. Un rapide survol des premiers mois de fonction de Sarkozy suffirait à le montrer : le diagnostic accablant que faisait Badiou était d’une éclatante prémonition.



Badiou défait cette réaction néopétainiste point par point. À la place de la brutale opposition qu’elle établit entre « eux » et « nous », Badiou offre une vision tolérante reconnaissant qu’il existe une infinité de manières d’appartenir à « un seul monde ». À l’exigence posée par Sarkozy que les étrangers « aiment la France », Badiou répond en soulignant que « tous ceux qui [sont] ici sont d’ici ». Contre la politique du ressentiment et de la peur, il formule une brève série de quelques « points » sur le travail, l’art, la science, l’amour, la santé, la politique, les médias et le monde. En réponse à l’appel de Sarkozy à se défaire de Mai 68, Badiou applaudit à ce qui fut « l’épicentre, du point de vue de la nouveauté politique », de la décennie révolutionnaire qui s’ouvrit alors. Et surtout, face au nationalisme droitier de Sarkozy, Badiou en appelle à renouveler de ce qu’il appelle « l’hypothèse communiste ».



L’hypothèse communiste



C’est la manière dont Badiou formule le moment contemporain de cette hypothèse – à commencer par cette décision même de la présenter comme une hypothèse plutôt que comme un projet ou une prescription – qui risque de diviser les lecteurs qui pourraient autrement être d’accord avec son évaluation de Sarkozy et Bush. Ce qui est en jeu, c’est la conception générale que se fait Badiou de la politique : « l’action collective organisée, conforme à quelques principes, et visant à développer dans le réel les conséquences d’une nouvelle possibilité refoulée par l’état dominant des choses. »



S’appuyant sur les textes canoniques de Marx et Engels, Badiou définit l’hypothèse communiste comme un pari sur la possibilité d’une action qui pourrait surmonter « la subordination fondamentale des travailleurs réels à une classe dominante ». Agir selon cette hypothèse, c’est poursuivre « [le] dépérissement de l’État» en conformité à des principes opposés à toute division inégalitaire du travail ou de la richesse.



Dans les derniers chapitres de son Sarkozy, Badiou opère une distinction entre deux grands moments ou séquences historiques dans le développement de l’hypothèse communiste. Le premier l’établissait comme une hypothèse viable. Avec et après Marx, elle se développa en tant que théorie méthodique de la pratique politique reliant l’organisation d’un « mouvement populaire de masse et une thématique de la prise du pouvoir […], [la thématique d’un] renversement insurrectionnel » de l’ordre établi. Selon Badiou, cette première séquence s’étend du tournant radical de la Révolution française en 1792 à la défaite de la Commune de Paris en 1871.



Succédant à des décennies de réaction désastreuse et de contre-révolution, le second moment va de 1917 à 1976, de la Révolution bolchevique à la Révolution culturelle.



« Cette deuxième séquence […] est dominée par la question du temps. Comment être victorieux ? Comment, contrairement à la Commune de Paris, durer face à la sanglante réaction des possédants […] ? Comment organiser le nouveau pouvoir […] de façon à ce qu’il soit à l’abri de sa destruction par ses ennemis ? […] On peut dire qu’il ne s’agit plus de formuler et d’expérimenter l’hypothèse communiste, mais de la réaliser. […] Ce que le XIXe siècle a rêvé et expérimenté, le XXe doit l’accomplir intégralement. »



La nouvelle « obsession de la victoire » conduit les défenseurs de l’hypothèse communiste à mettre l’accent sur des questions d’organisation et de discipline et trouve dans la théorie du « parti de classe, centralisé et homogène » de Lénine sa modalité première et son vecteur principal. Selon Badiou, cependant, la solution léniniste apportée au problème rencontré par les Communards a créé des problèmes supplémentaires qui finirent par transformer la victoire en défaite. Les partis communistes triomphants mutèrent en une forme d’État sans cesse plus répressive : leur brutalité facilita le renforcement d’un second intermède contre-révolutionnaire que Badiou fait s’étendre de 1975 à nos jours.

Il y a besoin aujourd’hui, donc, de renouveler l’hypothèse.



Vous vous êtes sans doute attendus, de la part d’un auteur rodé à une « dialectique matérialiste », à une première articulation de ce troisième moment qui, en un sens, tout à la fois retient et dépasse les deux premiers. Au lieu de cela, Badiou semble affirmer qu’il est aujourd’hui davantage question d’un « ni… ni… ». « Notre problème n’est ni celui du mouvement populaire comme porteur d’une nouvelle hypothèse, ni celui du parti prolétarien comme dirigeant victorieux de la réalisation de cette hypothèse. » Plutôt que de retravailler et de renforcer des aspects centraux des moments précédents, Badiou les abandonne au profit d’un principe axiomatique conçu explicitement comme une sorte de norme conductrice ou d’idéal plutôt que comme un impératif concrètement médiatisé. Dans ses débats récents avec Badiou, Slavoj Žižek lui a reproché à de nombreuses reprises de proposer une conception simplement kantienne – opposée à une conception plus hégélienne ou dialectique – de l’égalité. Comme pour confirmer ce point, Badiou conclut ici « [qu’] il s’agit en somme d’une Idée, pour parler comme Kant, dont la fonction est régulatrice, et non d’un programme ». Le prix que Badiou est apparemment prêt à payer pour ce pas est exorbitant. « Le marxisme, le mouvement ouvrier, la démocratie de masse, le léninisme, le Parti du prolétariat, l’État socialiste, toutes ces inventions remarquables du XXe siècle, ne nous sont plus réellement utiles. Dans l’ordre de la théorie, elles doivent certes être connues et méditées. Mais dans l’ordre de la politique, elles sont devenues impraticables. » À leur place, laisse entendre Badiou, il se pourrait que la réinvention communiste dépende « [d’]un nouveau rapport entre le mouvement politique réel et l’idéologie ».



Le rejet de l’État



Il est probable que peu de lecteurs discuteront sa critique du stalinisme et de son héritage, mais son rejet radical des formes actuels de la mobilisation populaire et de la démocratie de masse est une tout autre affaire. Ce rejet soulève plusieurs ensembles de questions, qui excèdent tous la portée polémique immédiate de De quoi Sarkozy est-il le nom ? tout en demeurant pertinents eu égard au projet général de Badiou.



Premièrement, Badiou n’explique pas comment son rejet de l’État et de la politique des urnes [electoral politics] rejoint son insistance intransigeante sur l’universalité. Les points de référence auxquels il tient (il mentionne, ici comme ailleurs, « Solidarnosc en Pologne ; la première phase de l’insurrection contre le Shah d’Iran ; la création en France de l’Organisation politique ; le mouvement Zapatiste au Mexique ») ont pu contribuer, certes, à orienter l’action politique au cours d’une période dominée par l’effondrement du communisme soviétique et par l’émergence d’un « nouvel ordre mondial » au début des années 1990. Il est, de plus, facile de voir combien le mépris envers l’État a de sens dans un pays dont l’État est aux mains de gens comme Mitterrand, Chirac et Sarkozy. Toutefois, il n’explique pas comment cette approche politique pourra nous aider à comprendre et à renforcer les mobilisations qui se sont récemment développées dans des pays comme le Venezuela, la Palestine, l’Équateur ou la Bolivie. Il n’explique pas pourquoi les militants politiques oeuvrant dans de tels endroits devraient abandonner la politique des urnes et le contrôle de l’État aux mains de leurs adversaires.



En particulier, Badiou ne s’intéresse pas à la différence existant entre des situations où l’État n’est que l’instrument du statu quo et de la classe dominante, et celles où l’État, jusqu’à un certain point, peut être ou a été l’objet d’une appropriation populaire qui en a fait le mécanisme d’un changement progressiste. Il n’examine pas non plus dans quelle mesure le rôle aujourd’hui en péril de l’État dans des pays comme le Chili, l’Afrique du Sud ou Haïti peut être le résultat d’une réponse délibérée aux tentatives récemment faites d’instaurer un tel changement, c’est-à-dire le résultat d’une réaction militaire ou d’un projet politique visant à contenir, paralyser puis inverser les tentatives antérieures de mobilisation populaire. Ici, la référence personnelle de Badiou à Robespierre et à la tradition jacobine est elle-même difficile à comprendre indépendamment d’un intérêt pour l’État et pour la patrie. Dressant la liste des séquences politiques plus récentes, Badiou mentionne le Hezbollah et le Hamas, avec cette clause : l’universalité de leurs principes semble limitée par leur « allégeance religieuse ». Mais selon la perspective badiousienne, vraisemblablement, leur importance doit être aussi limitée par le fait qu’ils ne sont plus aussi indifférents qu’autrefois aux élections, à l’État ou à l’organisation classique de services publics.



Dans tous ces cas, la question n’est bien sûr pas de s’en remettre à l’État en tant que tel, mais de reconnaître que la politique conduite par l’État exerce souvent des effets clairs et durables sur des situations où les gens réclament la justice ou le changement ; dans la situation actuelle des pays comme l’Équateur ou la Bolivie, refuser cette évidence ne serait peut-être pas la manière la plus efficace de renouveler l’hypothèse communiste. On peut en dire autant au sujet des questions d’immigration ou d’exploitation. Badiou n’explique pas pourquoi des militants qui combattent pour établir les droits des travailleurs immigrés dans des endroits comme la Californie ou Dubaï devraient se rallier à l’hostilité envers les syndicats et l’intervention de l’État qui caractérise l’Organisation politique postmaoïste de Badiou. Il n’articule pas sa – parfaitement louable – prise de position pour les travailleurs immigrés à une analyse de l’une des conséquences les plus manifestes de leur manipulation par les employeurs locaux et le secteur économique : la diminution des salaires et la dégradation des conditions de travail pour tous les travailleurs, immigrés et nationaux. Il ne montre pas ce qui, tout en n’étant pas un syndicat ou son équivalent, serait capable de résister à un tel usage et de contester la mécanique de l’exploitation transnationale, ici et ailleurs. (Sartre est fréquemment cité comme point de référence dans De quoi Sarkozy est-il le nom ?. La fidélité de longue date de Badiou aux sans-papiers peut être rapprochée, d’une certaine façon, de l’intervention intransigeante et courageuse de Sartre sur l’Algérie dans les années 1950. En comparaison cependant avec ce qu’on trouve de meilleur parmi les textes politiques de Sartre, par exemple « La colonisation est un système », de 1956, ou ses analyses du racisme dans la Critique de la raison dialectique, Badiou préfère ici poser le problème davantage dans les termes d’un principe abstrait que dans ceux de prescriptions politiques particulières et de structures socio-économiques.)



Plus généralement, Badiou n’explique pas pourquoi les militants politiques devraient envisager notre présent global dans les termes, supposément obscurs et expérimentaux, d’une nouveauté plutôt que dans ceux d’une dialectique médiatisée plus conventionnelle : une dialectique capable de fonder l’invention de nouvelles manières de conduire des demandes claires et intelligibles de justice et d’égalité, dans une confrontation stratégique avec les contraintes tout aussi claires héritées du passé. À mon avis, les séquences qui ont récemment abouti aux victoires populaires à Haïti ou en Bolivie, par exemple, attestent moins d’une période de transition confuse que de situations d’une clarté passablement familière, quoiqu’avec des effets politiques (jusqu’à présent) limités. On peut les comprendre par rapport au contexte d’une longue et, sur bien des aspects, continuelle lutte contre l’oppression et l’exploitation. Ils n’engagent pas à l’indifférence envers les préoccupations de la gauche traditionnelle ou même de la « vieille gauche », des préoccupations héritées des deux moments précédents distingués par Badiou – l’articulation de la théorie et de la pratique, la mobilisation de masse, l’engagement en profondeur avec l’appareil hégémonique établi, une évaluation stratégique du rapport de force, un effort pour développer des formes d’institutions et de services publics plus encapacitantes [empowering], etc.



Badiou reconnaît que nous en sommes trop tôt dans la troisième phase pour en dire long sur la manière exacte dont sa version de l’hypothèse communiste doit faire avec les dynamiques de classe, les hiérarchies sociales ou les idéologies hégémoniques qui s’y opposent ; voilà qui paraît retenir toute évaluation conséquente du fait que nous vivons tous dans « un seul monde ». Mais, lorsqu’on met entre parenthèses le bilan de cette confrontation, n’apparaît pas encore clairement ce que peut ajouter l’avis de Badiou sur ce monde-ci, et sur les formes de différenciation qui le structurent, au volumineux corpus d’oeuvres sur la mondialisation qui s’est rapidement accumulé ces dernières décennies (voyez Amin, Wallerstein, Wood, Harvey ou Robinson). Il n’explique pas non plus ce qu’il y a de « nouveau » dans la relation actuelle entre politique et idéologie ou hégémonie. Un élément déjà central des oeuvres immédiatement postléniniste était constitué par l’insistance sur la primauté de cette relation, à commencer par le travail de Gramsci, poursuivi dans différentes directions par C. L. R. James, Lefebvre, Williams, Althusser, Jameson, Žižek, etc. Peut-être rien n’a-t-il eu autant d’importance dans les débats entre lesdits « marxistes occidentaux » ces cinquante ou soixante dernières années que leur discussion de la nature et du rôle de l’idéologie ; la contribution de Badiou a été, jusqu’ici, plutôt légère.



Si l’on peut voir enDe quoi Sarkozy est-il le nom ? la promesse que quelque chose de plus substantiel sur ces questions est en préparation, alors les lecteurs de Badiou ont beaucoup à en attendre !



Bien entendu, ce petit livre est avant tout un pamphlet, écrit en vue d’un objectif particulier et destiné à un public bien défini. Au niveau polémique local, De quoi Sarkozy est-il le nom ? est d’une brillante efficacité. Comme contribution à une reconceptualisation plus générale de la politique, il laisse de nombreuses questions sans réponse et offre une interprétation marquée par l’étroitesse et l’abstraction.





■ Traduit de l’anglais par Claire Saint-Germain –
Avec l’autorisation de la Radical Philosophy,
RP 149,
mai/juin 2008. Copyright © Radical Philosophy Ltd.


Peter Hallward
Peter Hallward est professeur à la Middlesex University à Londres. Philosophe, il est connu pour ses ouvrages sur Alain Badiou et Gilles Deleuze. Il est également traducteur et membre du comité de rédaction de la revue Radical Philosophy. Parmi ses derniers ouvrages : Badiou: A Subject to Truth (University of Minnesota Press, 2003), Out of this World: Deleuze and the Philosophy of Creation (Verso, 2006) et Damming the Flood: Haiti, Aristide, and the Politics of Containment (Verso, 2007).
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Tout est possible
Pour citer cet article : Peter Hallward, « L'hypothèse communiste d'Alain Badiou », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 08/07/2008, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=207
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Daniel Bensaïd - Sur le Nouveau Parti Anticapitaliste

à propos de
Jérôme Vidal, « Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA », RiLi n°9


Iconographie (légende)

La RiLi a toutes ses dents !

Yves Citton - La passion des catastrophes

Marielle Macé - La critique est un sport de combat

David Harvey - Le droit à la ville

Grégory Salle - Dérives buissonières au pays du dedans

Bibliographies commentées: "L'étude des camps" et "Frontière, citoyenneté et migrations"

Jérôme Vidal PS - Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA

Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

à propos de
Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux
Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine
Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie
Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

L’anthropologie sauvage

Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

Frédéric Lordon - Finance : La société prise en otage

Mahmood Mamdani - Darfour, Cour pénale internationale: Le nouvel ordre humanitaire

André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

à propos de
Marcel Gauchet, L’Avènement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche »

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de
Marcel Gauchet,


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de
Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de
Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de
Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos de
Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn - Mai 68 : le débat continue

à propos de
Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

à propos de
Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

à propos de
Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes.

à propos de
Les cours de Gilles Deleuze en ligne
François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée
Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

à propos de
Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie
Tzvetan Todorov, La Littérature en péril
Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes
Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)


Marc Escola - Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire

à propos de
Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature


Xavier Vigna - Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos de
Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68
Serge Audier, La Pensée anti-68
Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective
Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


Peter Hallward - L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

à propos de
Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom ? Circonstances, 4


François Cusset - Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne

à propos de
Jean-Loup Amselle, L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes


Warren Montag - Sémites, ou la fiction de l’Autre

à propos de
Gil Anidjar, Semites : Race, Religion, Literature


Alain de Libera - Landerneau terre d'Islam

Frédéric Neyrat - Géo-critique du capitalisme

à propos de
David Harvey, Géographie de la domination


Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l’avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne

à propos de
Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme


Artistes invités dans ce numéro

Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

à propos de
Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais


François Héran - Les raisons du sex-ratio

à propos de
Éric Brian et Marie Jaisson, Le Sexisme de la première heure :


Michael Hardt - La violence du capital

à propos de
Naomi Klein, The Shock Doctrine


Giorgio Agamben et Andrea Cortellessa - Le gouvernement de l'insécurité

Cécile Vidal - La nouvelle histoire atlantique: nouvelles perspectives sur les relations entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques du xve au xixe siècle

à propos de
John H. Elliott, Empires of the Atlantic World
John H. Elliott, Imperios del mundo atlántico


Antonio Mendes - A bord des Négriers

à propos de
Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History


Nicolas Hatzfeld - 30 ans d'usine

à propos de
Marcel Durand, Grain de sable sous capot. Résistance et contre-culture ouvrière


Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

à propos de
Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

à propos de
Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

à propos de
Alessandro Piperno, Proust antijuif


Artistes invités dans ce numéro

Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

à propos de
George L. Mosse, Zeev Sternhell, Emilio Gentile,


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

à propos de
John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir
Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Slavoj Zizek - La colère, le ressentiment et l’acte

à propos de
Peter Sloterdijk, Colère et Temps


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

à propos de
Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

à propos de
Xavier Bébin, Pourquoi punir ?


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

à propos de
Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de
Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de
Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de
Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de
Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de
Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de
Jack Goody, The Theft of History


Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de
Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de
Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro