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Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos d’Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68, Serge Audier, La Pensée anti-68, Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective et Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68

par Xavier Vigna

à propos de

Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.)

La France des années 68

Serge Audier

La Pensée anti-68

Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.)

68, une histoire collective

Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal

Mai-juin 68

Ça recommence ; ça empire peut-être même. Avec la commémoration décennale, et le « 40e anniversaire » de 1968, l’édition s’affole et publie du 68 par kilos. Comme le célèbre héros de Manuel Vasquez Montalban, qui a l’exquise manie de jeter au feu les livres inutilisables, à voir certaines publications récentes, il nous vient une furieuse envie d’autodafé. La tentation de Carvalho peut se comprendre s’agissant de ces livres neufs et pourtant déjà vains, mais Carvalho a tort quand Clio en profite pour avancer, masquée ou pas. Montrer le travail de Clio et donner la mesure de travaux proprement historiens s’avère une entreprise d’autant plus salutaire que la complaisance nostalgique de 68 et le prurit éditorial qui l’accompagne suscitent chez quelques jeunes contemporains un désir légitime de tout envoyer paître. En l’espèce, il ne s’agit pas de séparer le bon grain de l’ivraie, mais les rentiers des jeunes pousses.



Rentiers




68 est devenu une véritable rente. Ainsi de ces jeunes adultes d’il y a quarante ans devenus de sémillants sexagénaires, qui croient être passés dans l’histoire et avoir « fait » 68 pour l’avoir vécu. Rentiers de 68, ils le sont, en conteurs aussi intarissables qu’approximatifs d’un mouvement retranché dans un étroit périmètre parisien, où les spectres inlassablement défilent : De Gaulle, Cohn-Bendit, Séguy, Sauvageot et quelques autres. En 1988, ils prirent la peine de coucher leurs légendes par écrit : ce fut Générations, Que reste-t-il de 1968 ?, Mai 68, une histoire en mouvement,etc. , les plus prolixes opérant d’ailleurs une première relecture de travaux antérieurs . L’affaire fut juteuse pour les auteurs et pour la maison d’édition, le Seuil, qui leur ouvrit toutes grandes ses collections. La rente ne faiblissant pas, ils continuent imperturbablement d’écouler leur marchandise en 2008. Un des plus audacieux tente même d’épater le chaland avec un nouveau livre, écrit d’autant plus rapidement qu’il est constitué d’un entretien . La nouvelle astuce du « 40e anniversaire » consiste à associer les héritiers à la rente : d’où désormais ces livres à quatre mains, où géniteurs et enfants devisent aimablement sur 68 : Rotman père et fille donc et, plus comique, ou plus affligeant encore, Glucksmann fils et père . Du dernier, on se contentera ici de rappeler la définition qu’en donnait en 1972 Nicolas Boulte, militant de la Gauche prolétarienne établi à Renault-Billancourt : « le plus stupideinter pares des idéologues maoïstes français  ».



La rente tend également à séduire certains chercheurs. Forts le plus souvent d’un passé militant, ayant jadis goûté aux plaisirs arides de la recherche, ils n’hésitent plus désormais devant de petits livres, qui sont autant de petites compilations. Délaissant l’archive (sauf deux cartons de la fédération CFDT des cheminots), s’appuyant sur une bibliographie dépassée, on aboutit au triste Mai 68 en France ou la révolte du citoyen disparude Christine Fauré . Un autre écueil réside dans une manière d’académisme militant. C’est une telle veine qu’empruntent les directeurs du volumineux La France des années 68,coordonné par Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein . L’éditeur a l’habitude de marier chercheurs et militants, avec des résultats parfois précieux et convaincants . En l’espèce cependant, le résultat s’avère décevant : saugrenue, d’abord, l’idée de nommer La France des années 68un livre qui contient plusieurs contributions sur l’étranger, dont certaines, notamment celles sur la Révolution des oeillets au Portugal ou la Grèce des colonels, sont suggestives ; contestable, la publication actuelle du texte de 1978 de Jacques Kergoat intitulé « Sous la plage la grève », alors que les archives se sont ouvertes et les chantiers de recherche multipliés ; fâcheuse, la volonté de rassembler d’abord (quoique pas exclusivement) des auteurs, militants ou proches de la Ligue communiste révolutionnaire, dont on ne comprend pas toujours d’oùils parlent : de leur expérience militante ancienne ? de leur position institutionnelle actuelle ? ou d’une articulation confuse des deux qui brouille les cartes. Ces textes sont par ailleurs émaillés de pénibles pratiques de coucou, consistant à emprunter des catégories ou des périodisations sans citer les collègues qui les ont élaborées : Antoine Artous, par exemple, évoque les « années 68 » sans signaler le séminaire de l’IHTP construit sur cette périodisation problématique, et qui a débouché sur un colloque publié ; de même Pierre Cours-Salies ne daigne pas citer l’ouvrage fondamental de Frank Georgi dans sa contribution sur la CFDT , sans pourtant s’en expliquer, tandis que Georges Ubbiali pille mes travaux pour aboutir à une pâle compilation, émaillée d’étranges références aux grèves d’employés dans ce qui se veut une considération sur les « Luttes ouvrières radicales ». Certes, des chercheurs en devenir (Fanny Gallot) ou plus confirmés (Jean-Philippe Legois, Gérard Mauger) opèrent des mises au point précieuses ou ouvrent des pistes , mais l’ensemble est par trop disparate pour emporter la conviction.



Florilège anti-soixante-huitard : Clio au travail




Ce faisant, et à leur corps défendant, Artous, Epstajn, et Silberstein risquent d’entretenir un réflexe de défiance à l’endroit de 68, voire d’alimenter La Pensée anti-68, dont Serge Audier propose en revanche une histoire passionnante . L’« historien des idées », comme ce dernier se définit , a accumulé les lectures pour dresser une fresque édifiante d’une pensée plurielle, qui s’est certes largement épanouie en France, mais qui emprunte beaucoup au néo-conservatisme américain comme aux penseurs réactionnaires italiens. Audier décortique une hostilité qui se développe à la fois au sein de l’extrême droite et de la droite traditionnelle, de la droite libérale, d’une mouvance républicaniste floue ou de la gauche communiste. Ainsi, l’antienne communiste des étudiants nécessairement gauchistes et bourgeois (et réciproquement) et, à ce titre, « alliés objectifs du patronat », trouve des échos contemporains dans les fulminations d’Emmanuel Todd ou de Jean-Claude Michea sur la « composante antipopulaire » du gauchisme . De même, Audier traque les contorsions définitionnelles de Ferry et Renaut sur une hypothétique « pensée 68 » pour démontrer l’inanité du propos. Il en profite d’ailleurs pour rappeler, contre ces mêmes auteurs, que l’anti-humanisme des années 1960 trouve ses origines dans le courant épistémologique qui s’est développé autour des figures de Bachelard et Cavaillès, et ne peut donc être rapporté à 68.
C’est cependant à Régis Debray que Serge Audier réserve ses flèches les plus acérées. Considéré comme « le plus important liquidateur de 68 », l’inoubliable amateur de pizza de Pristina n’a eu de cesse en effet, depuis sa modeste contribution aux discours et cérémonies officielles du dixième anniversaire , de dégoiser contre un mouvement qu’il n’a pas vécu. C’est Debray en effet qui introduit les motifs de la dénonciation de la dérive libérale-libertaire, selon laquelle 68, loin de constituer une rupture, favorisa le libéralisme économique et l’américanisation de la France, viales abandons coupables de l’idée de nation et de classe ouvrière . Les militants de 68, par une ruse de la raison, auraient été les fourriers d’un libéralisme mâtiné de libéralisation des moeurs. Ce schéma hégélien a ceci de commode qu’il permet de se dispenser de la moindre preuve empirique et de la moindre étude sur les pratiques effectives de ces militants. Chez Debray, comme chez Ferry, la ruse de la raison prouve tout et donc n’importe quoi. Serge Audier relève donc avec justesse que « faute d’arguments, de preuves et de chiffres, le lecteur est prié de croire sur parole les propos d’un « philosophe » qui ne s’embarrasse pas de justifications  ». Le déploiement de cette pensée anti-68 suppose ainsi une « opération de décontextualisation et de dépolitisation radicale », dont l’analyse du gaullisme par Debray fournit le meilleur exemple .
Dans cette traque, Serge Audier refuse de faire de 68 un « simulacre  ». Il souligne en conclusion combien le mouvement relève à ses yeux d’une volonté de participation et de démocratisation . C’est pourtant sur cette assimilation des deux termes que nous ne le suivons pas. La participation relève en effet du vocabulaire et du projet gaullistes, contre lesquels les étudiants et les ouvriers se soulèvent en 1968. S’il y a bien une exigence de démocratisation dans les années 68, elle ne relève pas de la participation, mais plutôt d’une volonté généralisée que les acteurs sociaux puissent décider de tous les aspects de leur existence, contre toutes les déclinaisons d’un ordre imposé. À cette réserve près, l’ouvrage constitue une contribution importante, qui rend immédiatement caduques les imprécations des vieux anti-soixante-huitards qui continuent de se répandre dans les médias : grâce en soit rendue à Serge Audier.





Fresques : Clio au travail (suite)




Les chercheurs en sciences sociales et autres historiens de métier contribuent également au renouveau de l’historiographie de 68. Il faut d’abord saluer la synthèse informée et pugnace de Boris Gobille : son petit livre – rouge – opère davantage qu’une simple juxtaposition de travaux existants. Cette qualité est d’abord liée au statut de Gobille, spécialiste des mobilisations intellectuelles en 1968. Mais, y compris dans les aspects qu’il maîtrise moins directement, il réussit pleinement à rendre compte de la multiplicité du mouvement, grâce à la forte problématique qu’il propose dans cet ouvrage, comme dans le gros volume qu’il a codirigé.
Car l’histoire de 68 propose aujourd’hui un décentrement ainsi qu’un élargissement. Le décentrement est géographique : contre un rétrécissement de 68 aux rives de la Seine (gauche pour la crise étudiante, droite pour sa gestion par le pouvoir), l’ambition est de prendre acte du caractère national de l’événement, inclus dans une conjoncture de contestation internationale. Un tel souci est inauguré dès 1978 par le livre d’Alain Delale et Gilles Ragache, La France de 68 : déjà leur cartographie de la contestation montrait son caractère national. Dix ans plus tard, une exposition de la Bibliothèque internationale de documentation contemporaine débouchait sur le riche catalogue Mai 68 : les mouvements étudiants en France et dans le monde , qui dépassaient le cadre des universités parisiennes pour s’attacher aux campus de province (Toulouse et Caen par exemple), mais également aux mouvements étrangers encore mal connus comme celui des Provos aux Pays-Bas. La même année, à l’initiative du Centre de recherche d’histoire des mouvements sociaux et du syndicalisme, était organisé un colloque dont les actes ne furent publiés qu’en 1992. Délaissant les mouvements étudiants et privilégiant une entrée plus institutionnelle, le premier volume envisageait cependant plusieurs scènes régionales, par exemple Nantes et Sochaux .
L’élargissement, plus audacieux et plus récent, est chronologique. Cet élargissement est en premier lieu un refus explicite de la focalisation sur mai 68 autour du triptyque – crise étudiante, crise sociale, crise politique –, dans lequel, selon un schéma parisien, chaque étape de la crise est censée subsumer la précédente, et qui aboutit in fineà sa résorption magique dans le verbe gaullien. Car le mouvement se poursuit en juin, avec une répression policière qui gagne en brutalité, des grèves qui s’étirent jusqu’à début juillet, puis un festival d’Avignon qui ranime et déplace la contestation. En outre, ces semaines échevelées s’inscrivent dans un arc temporel plus vaste de contestation : les « années 68 », lesquelles constituent clairement un moment de l’histoire occidentale, des premières mobilisations des années 1960 jusqu’à l’épuisement de ces contestations, à la fin des années 1970. Une telle problématique, travaillée dans un séminaire de l’Institut d’histoire du temps présent entre 1994 et 1998 , a donné lieu à la tenue d’un colloque dont les actes ont été publiés sous le titre explicite Les Années 68. Le temps de la contestation .
Ce décentrement et cet élargissement constituent, à n’en pas douter, une des singularités de l’historiographie nationale sur 68, au regard des travaux étrangers. Dans sa vaste fresque sur les Sixties par exemple, Arthur Marwick s’est contenté d’aborder le cas français à partir de quelques généralités, et au prix de nombreuses approximations, au point qu’on peut se demander si les auteurs français qui le citent comme référence majeure l’ont seulement lu . Pour le reste, les meilleurs travaux étrangers, ceux d’Ingrid Gilcher-Holtey et de Michael Seidman, s’en tiennent, explicitement ou pas, à la région parisienne . Cette focalisation se comprend aisément, eu égard au temps nécessaire pour dépouiller les archives, mais a pour grave défaut de gommer l’aspect national du conflit et son inscription dans un temps plus long.
Les deux ouvrages les plus remarquables publiés ce printemps – Mai-Juin 68 aux éditions de l’Atelier et 68, une histoire collective aux éditions La Découverte – prennent acte de cet élargissement, et proposent en conséquence une histoire polyphonique . Une telle diversité correspond d’abord à celle des auteurs, qui comprennent au moins deux générations : les aînés, Dominique Damamme, Bernard Pudal ou Michelle Zancarini-Fournel et Nicolas Hatzfeld ont connu 1968 et ont souvent été des militants actifs des années 1968 ; les cadets, à l’inverse, tels Boris Gobille ou Philippe Artières, n’ont pas été exposés aux événements et ne sont pas nécessairement des enfants de soixante-huitards.
L’aspect polyphonique de cette histoire est également lié au souci de marier les sciences sociales (histoire, sociologie, science politique) dans ces entreprises collectives, même si le volume de La Découverte rassemble davantage d’historiens tandis que celui de l’Atelier privilégie les politistes. Dès lors, plusieurs types de récits et différents registres d’écritures sont proposés : Mai-Juin 68confronte par exemple des contributions générales et des analyses de cas particulièrement stimulantes. 68, une histoire collective choisit une juxtaposition plus audacieuse : les quatre parties de l’ouvrage sont structurées autour d’un grand récit de Michelle Zancarini-Fournel, illustré ensuite par un film que commente Antoine de Baecque, des objets, des « ailleurs » toujours étrangers, des lieux, des acteurs, des portraits réalisés par Philippe Artières et des traverses destinées à approfondir une problématique ou un événement particulier. Un tel parti pris donne lieu à de savoureux morceaux de bravoure, tel celui de Bertrand Lemonnier sur la guitare, ou à des récits plus personnels, comme le magnifique texte de Thomas C. Holt sur le mouvement des droits civiques aux États-Unis. Dès lors, d’autres figuresjaillissent de ces deux volumes, qui contrastent avec les icônes pâlissantes qu’on nous sert ad nauseam : Catherine Achin et Delphine Naudier dans une contribution remarquable sur « les féminismes en pratique » évoquent ainsi une jeune aide-soignante d’Auxerre, Mireille Bressoles, qui, parce qu’elle avait réclamé le paiement de ses heures supplémentaires, n’a pas été titularisée. Épuisée par une grève de la faim de 67 jours pour exiger sa titularisation, elle décède le 19 mai 1977 .
De fait, à la différence des écrits des rentiers de 68, cette histoire polyphonique s’écrit avec de nouvelles sources et notamment à partir d’archives. À cet égard, la loi de 1979 sur les archives publiques, qui permet généralement une consultation après un délai de trente ans, et les multiples dérogations dont ont bénéficié les chercheurs pour les archives plus sensibles, autorisent une perception affinée de la contestation et de sa diffusion, mais permettent également de saisir les réactions des institutions contestées, en particulier celle de l’État. Sur ce point, le récit de Michelle Zancarini-Fournel consacré à mai-juin 1968, qui croise les chronologies et joue avec les échelles, constitue un modèle. Mais les archives sont également privées, émanant du mouvement syndical (la CFDT plus que la CGT d’ailleurs), des organisations d’extrême gauche, souvent déposées à la BDIC, des intellectuels (Archives Althusser, Foucault ou Guattari à l’IMEC), des mouvements étudiants (collectées désormais par le CAARME à Reims ) ou des groupes catholiques (le fonds de l’équipe nationale des prêtres-ouvriers se trouve par exemple au Centre des archives du monde du travail, à Roubaix). Ainsi, la recension extrêmement précieuse des sources entreprise par l’Association « Mémoires de 68 », en 1993, a parfaitement rempli sa mission ; elle devrait d’ailleurs prochainement être actualisée .




Volumineux, les deux ouvrages apparaissent décisifs pour les apports et les lectures qu’ils proposent. Deux aspects nous semblent à cet égard essentiels. En premier lieu, ces livres refusent de faire de 68 un moment hédoniste, libératoire ou « jouisseur », comme une lecture culturaliste hâtive a pu parfois le faire, qui a ensuite donné lieu à de sombres sottises, notamment lors de la dernière campagne présidentielle. C’est pourquoi, dès le prologue, les directeurs de Mai-Juin 68refusent les « interprétations lénifiantes, ou si générales qu’elles ne sont ni vraies ni fausses (Mai 68 comme crise des débouchés, moment festif, avènement de l’individualisme, crise de la jeunesse, etc.)  ». Certes, 68, et plus encore les années 68, constituent un moment de libération, y compris sexuelle. Cependant, cette focalisation obsessionnelle sur les aspects sexuels témoigne d’abord d’une ignorance : les historiens de la sexualité en France ont montré combien ce mouvement s’inscrit dans une longue durée . Surtout, une telle lecture dissout l’événement et sa conflictualité. Contre ces thématiques, les auteurs soulignent fortement dès l’incipit : « il faut restituer à Mai-Juin 68 en France son tranchant ».
Les deux ouvrages s’attachent ainsi à montrer en quoi les années 68 constituent un moment d’affrontement social et politique, opposant des protagonistes clairement identifiés : l’État et ses multiples représentants, les forces de maintien de l’ordre et le patronat d’un côté, de l’autre, des étudiants, des paysans, le mouvement ouvrier et les féministes, avec des lieux d’affrontements (les rues à Paris, Chicago ou Berlin, les universités de Prague ou Mexico, les usines Rhodiaceta à Besançon ou Mirafiori à Turin) et de répression (le centre d’identification Beaujon à Paris). Une telle identification de l’affrontement s’avère indispensable pour tordre définitivement le cou à la pénible légende d’un 68 paisible : Michelle Zancarini-Fournel compte sept morts en France, après le 24 mai, dont trois ouvriers (un dans le Calvados et deux à Peugeot-Sochaux, le 11 juin) . L’arrivée au ministère de l’Intérieur de Raymond Marcellin, en juin 1968, contribue en outre à figer cette logique d’affrontement, et son successeur après 1974, Michel Poniatowski, s’inscrit dans la continuité, au point qu’il porte une lourde la responsabilité dans la fusillade de Montredon entre CRS et vignerons, qui fit deux morts en mars 1976 .
Mais l’intérêt des deux ouvrages est de compliquer ces trop simples oppositions binaires, et de montrer comment la contestation brouille les repères, déplace les positionnements et suscite de nouveaux lieux de conflits. Dominique Memmi souligne ainsi dans un article suggestif combien la « domination rapprochée » dans l’espace domestique entre progressivement en crise dès les années 1950 ; dans le monde du cinéma, après et contre 68, les statuts deviennent plus rigides et la frontière entre réalisateurs et techniciens est renforcée . Au-delà, Boris Gobille démontre combien ces années poussent les contestataires à « habiter en hérétiques les cadres institutionnels rénovés », dans une figure de l’entre-deux, qui fait droit à une « vocation d’hétérodoxie  ».
Par là, les deux ouvrages opèrent, chacun à leur manière, ce que Philippe Artières appelle « un travail de cartographie du soulèvement  », plus social et temporel que géographique d’ailleurs. Car, plus que les espaces du soulèvement, ce sont les acteurs du soulèvement, leurs pratiques et leur positionnement social qui intéressent les auteurs. Les directeurs de Mai-Juin 68présentent à cet égard une hypothèse particulièrement forte : ils pensent 68 comme une vaste crise du consentement, qui met au jour des ruptures d’allégeance antérieures, souvent souterraines, initiées à partir de la seconde guerre mondiale. Ils traquent alors ces ruptures dans une série de lieux de socialisation, notamment, comme on l’a déjà indiqué, la famille, mais aussi l’Église, l’École et, bien évidemment, l’Université. De fait, les crises sectorielles des rapports d’autorité conduisent à des recompositions, des réaménagements, comme le montre Muriel Darmon dans un article passionnant sur le lycée Poincaré à Nancy . L’après 68 est davantage le temps des « subversions en pratique ». À partir d’une enquête sur les militants révolutionnaires à Rennes, Erik Neveu tord le cou à la légende de soixante-huitards devenus grands bourgeois . Les différents auteurs montrent surtout l’exigence militante des différents engagements d’après 68, jusque chez les enseignants de l’école Vitruve, dans le XXe arrondissement parisien, aux méthodes pédagogiques pour le moins audacieuses .



Ce faisant, les directeurs de Mai-Juin 68répondent explicitement aux fulminations anti-sociologiques de Kristin Ross, dans Mai 68 et ses vies ultérieures, et entendent démontrer la possibilité d’une lecture socio-politique qui ne dissout pas l’événement. Kristin Ross, dans sa lecture justement politique de 68, avait dénoncé les récupérations tant culturalistes que sociologiques de 68. Dans la lignée de Rancière, elle faisait de la sociologie une instance parmi d’autres de la police, et allait jusqu’à un raccourci volontairement provocateur : « Raymond Marcellin fut le premier sociologue de Mai 68, et peut-être le plus assidu . » La réponse que Mai-Juin 68opère est multiple : l’événement n’est pas inscrit dans un schéma causal simpliste, et n’est pas assigné à des acteurs sociaux particuliers. Répondant explicitement à Ross, Gobille précise d’ailleurs le propos du livre en évoquant « à la foisle sol et l’envol, c’est-à-dire les racines historiques, sociologiques et biographiques de cette crise de consentement à l’ordre symbolique, et le fait qu’une fois advenue cette ouverture à la subjectivité, la dissidence symbolique vit sa vie propre et se déploie selon d’autres logiques et d’autres significations que celles qui l’ont fait naître .» Le risque d’une entreprise comme celle de Kristin Ross, dénonçant la sociologie sans mener aucune enquête empirique, est de verser dans l’essai hyperinterprétatif, sans déterminer le lieu d’où elle parle. Certes, Kristin Ross a beaucoup lu, et d’abord ses collègues français, mais l’archive est rare dans son ouvrage. Dès lors, si sa problématique politique et son inscription de 68 dans un temps plus long s’avèrent extrêmement précieuses, sa charge contre la sociologie est insoutenable. De fait, l’historien aime parfois reprendre cet énoncé maoïste : « Sans enquête [que l’historien traduit par : sans archives], pas de droit à la parole ».



En outre, la thématique d’une crise de l’ordre symbolique renvoie à des trajectoires biographiques réelles, comme le montrent les témoignages recueillis en 1988 et 2007 par Nicolas Daum auprès d’anciens membres du Comité d’action du IIIe arrondissement de Paris . Assez brefs ou elliptiques sur les courtes semaines de mai et juin, les anciens militants sont infiniment plus diserts sur le militantisme au CA, sur la volonté de transformer leur existence au quotidien et les difficultés soulevées par une telle ambition, comme les difficultés et contradictions de la libération sexuelle et des expériences communautaires ; ils évoquent aussi, de manière plus positive, une galerie de peinture ouverte sur le quartier, cette inscription qu’une jeune femme avait rédigée au bas d’une minijupe : « L’indécence n’est pas dans la tenue mais dans le regard », ou un groupe masculin baptisé « Pas rôle d’hommes » .



Par ce propos général, les deux maîtres ouvrages participent également à la remise en question de la période de croissance économique, dite des « Trente Glorieuses » depuis l’ouvrage éponyme de Jean Fourastié, paru en 1979. Il suffit de quelques rappels élémentaires pour faire vaciller cette vision lénifiante. Pour la paysannerie, par exemple, cette période constitue d’abord une phase de crise dramatique, marquée par un exode rural puissant, et ponctuée par des révoltes paysannes, en Bretagne ou dans le Languedoc. Dans certains vieux bassins industriels, la situation économique est également déprimée dès la fin des années 1950, de sorte que des commissaires à la reconversion industrielle sont nommés dès 1967 pour le Nord et la Lorraine. Des luttes ouvrières défensives jaillissent dès l’orée des années 1960, à Decazeville, Port-de-Bouc ou Hennebont . Si l’on prend en compte la perpétuation de la pénibilité du travail ouvrier, et sa dangerosité, y compris dans les grandes entreprises comme Renault , si l’on veut bien considérer la persistance de bidonvilles où s’entassent plusieurs dizaines de milliers d’immigrés en région parisienne jusqu’au milieu des années 1970, tandis que d’autres s’entassent dans des quartiers dégradés comme la Goutte d’Or, ou dans des foyers casernes , il convient de relativiser très sérieusement la perspective enchanteresse des Trente Glorieuses. En outre, cette appellation minimise l’autoritarisme, le conservatisme et la dureté de la société française, dans les années 1950 d’abord, avec notamment les séquelles de la guerre d’Algérie , mais encore, à la fin des années 68, contre les femmes et les féministes : à la figure de Mireille Bressoles fait également écho celle de Georgette Vacher, qui se suicide en 1980 après avoir subi les avanies de l’Union départementale CGT du Rhône .





Poursuivre : les devoirs de Clio.



Ces ouvrages invitent enfin à débattre, et soulèvent des questions. On se contentera ici d’en pointer quatre. La première est une manière de tension, qui court tout au long du livre 68, une histoire collective, entre deux manières d’écrire l’histoire, et en particulier celle de cette période. À un pôle, une histoire culturelle, attentive aux productions artistiques, aux intellectuels et à certains happy few(ainsi les huit situationnistes que comptait la France en 1968) , voire une histoire un peu « foucaldo-centrée » : dans l’index, par exemple, l’entrée « Foucault » comporte 49 occurrences, contre 42 pour Sartre, alors que leurs rôles historiques ne peuvent guère être mis sur le même pied, surtout dans les années 1960 – et pas une ne mentionne la participation active de Foucault à la réforme Fouchet, en 1967, que Serge Audier signale malicieusement . À l’autre pôle, se développe une histoire sociale, qui intègre la multiplicité des groupes sociaux (définis par la classe, le genre, la nationalité ou la confession) et prend en compte les réactions de l’Ėtat face à ces contestations protéiformes .



La seconde remarque porte sur le récit du temps court des semaines du printemps 1968. Les directeurs de Mai-Juin 68soulignent, dans la lignée de Michel Dobry , la désectorisation de l’espace social qui s’opère à la faveur de la crise. Pourtant, le découpage adopté correspond largement à des césures fonctionnelles : les ouvriers, les étudiants, les gens de cinéma, les artistes, etc., même si Bernard Pudal et Jean-Noël Retière soulignent le métissage social que les grèves ouvrières favorisent . Dans son excellent petit livre, Boris Gobille se heurte à la même difficulté. De fait, c’est l’enchâssement même des contestations qui se trouve un peu oblitéré, et la circulation d’une scène protestataire à une autre. En historienne, Michelle Zancarini-Fournel résout cette difficulté en pointant combien les chronologies de la contestation sont croisées, et souligne le caractère commun des prises de parole et des occupations. À cet égard, on attend encore des études locales, voire centrées sur quelques individus, pour mieux saisir la manière dont cet enchâssement a été vécu et a opéré dans le temps court, et comment il s’est inscrit dans la moyenne durée. La création du groupe Medvedkine à Besançon, en 1967, correspond largement à ces métissages sociaux, mais la jonction dans la contestation s’esquisse entre ouvriers et paysans au Mans dès l’automne 1967, ou entre ouvriers et étudiants à Caen dès janvier 1968 .



Le profil sociologique des ouvriers contestataires en mai-juin 1968 constitue un autre enjeu. Dans leur étude sur les ouvriers de l’usine Rhodiaceta de Besançon, Nicolas Hatzfeld et Cédric Lomba signalent « le rôle prépondérant des ouvriers diplômés déclassés en Mai 68  » et renvoient, comme administration de la preuve, à la fois à un article d’Antoine Prost, qui souligne « l’initiative [dans le déclenchement de la grève] de jeunes ouvriers diplômés du second degré  » et au papier de Pudal et Retière qui citent le même Prost, mais soulignent également que « la sociologie fine de ces jeunes ouvriers […] nous manque  ». Au-delà de l’érudition, cette affaire illustre la manière dont une idée reçue, voire une idée fausse, est susceptible d’apparaître en sciences sociales. À cet égard, il faut distinguer deux faits attestés. D’une part, il est indubitable, et Hatzfeld et Lomba en apportent une nouvelle illustration, que les jeunes ouvriers des années 68 ont connu une scolarisation plus importante que leurs aînés, dans la mesure où le mouvement de démocratisation scolaire est bien entamé depuis la Libération. Ainsi, de jeunes ouvriers entament un cursus secondaire, tandis qu’environ un million de jeunes deviennent titulaires d’un CAP dans les seules années 1950, soit six fois plus que dans les années 1930 . D’autre part, dans un certain nombre d’usines, notamment parisiennes, les jeunes ont été à l’initiative du mouvement. Antoine Prost allègue l’exemple de Flins mais l’on peut sans difficulté étoffer la liste. Le litige porte sur la possibilité d’établir un lien de causalité entre ces deux réalités et, par une montée en généralité, de faire des grèves de 1968 un mouvement de jeunes ouvriers déclassés, ce que Hatzfeld et Lomba se gardent d’ailleurs de faire. Pour avoir un peu travaillé la question, une telle analyse non seulement nous semble infondée, mais elle risquerait également de conduire à négliger la participation d’ouvrières, d’ouvriers immigrés, ou encore le rôle contestataire d’ouvriers professionnels intégrés dans les appareils syndicaux. C’est pourquoi il importe de faire preuve ici d’une grande réserve. Boris Gobille, à propos d’éventuels étudiants déclassés en 1968, a refusé cette vulgate qui renoue avec un « motif idéologique conservateur  » : le déclassement chassé par la porte étudiante ne saurait, sans précaution élémentaire, rentrer par la fenêtre ouvrière.



Enfin, comme tous les bons livres, ces ouvrages nous invitent à poursuivre le travail. Il y a sans doute deux directions chronologiques à envisager. L’hypothèse audacieuse et féconde d’une crise du consentement dans la société française, que 68 mettrait à jour et radicaliserait, invite à déplacer le regard vers l’amont : notamment sur ce qui se joue pendant la seconde guerre mondiale, pour les jeunes et les femmes sans doute, mais, au-delà, pour toutes les formes quotidiennes de manifestation, y compris à l’usine. Il s’agirait en quelque sorte d’étendre l’enquête vers toutes les failles et fêlures de la société française, que la défaite et l’Occupation ou, dans un registre différent, la Libération et le retour à l’ordre qui s’opère alors produisent. La métaphore géologique peut éclairer cette hypothèse : une faille, apparue autour de la seconde guerre mondiale, sape l’édifice social et favorise le séisme en 1968, de sorte qu’il faudrait envisager un double régime d’événementialité : un événement implosif d’abord, explosif ensuite, dont les explorations successives nécessitent de mobiliser différents types de sources. Reste également à envisager l’hypothèse que la guerre d’Algérie, en métropole comme pour les soldats du contingent qui la mènent de l’autre côté de la Méditerranée, constitue un second événement implosif, qui accuse certaines failles, et en fait émerger d’autres. Kristin Ross, il faut lui accorder ce point, a plus que quiconque souligné ce point . De même, en aval, et sous des problématiques différentes, la restauration des années Mitterrand gagnerait à être scrutée, au-delà de la forme roborative du pamphlet . Si les premiers linéaments ont été posés, notamment par les animateurs du séminaire sur les années 68 qui travaillent désormais sur la crise , d’immenses chantiers restent en friche, notamment sur les reconversions militantes ou le monde du travail.



Un vaste chantier se dessine alors, qui inscrit les années 68 dans l’histoire sociale du second vingtième siècle, tant français qu’européen. L’événementialité de 68 doit alors se situer dans un basculement à grande échelle des subjectivations politiques. C’est une telle piste que Laure Pitti a empruntée à sa manière, quand elle a traqué la manière dont les ouvriers algériens de Billancourt ont fait jouer leur appartenance nationale et sociale, notamment autour de la guerre d’Algérie, puis entre 1968 et 1975 . Dans un tout autre registre, les catholiques connaissent également un bouleversement de leurs repères identitaires, avec la guerre et Vatican II, qui inaugure une « crise catholique  ». De ce fait, localement, leurs investissements militants se laïcisent, sans perdre de leur radicalité, et ils sont souvent les agents, ou les accompagnateurs, de transformations politiques et sociales considérables à l’échelle du demi-siècle. On voit donc comment les « agencements identitaires  », irréductibles aux seules transformations matérielles, ouvrent à des subjectivations politiques nouvelles, dont il faut encore écrire l’histoire dans, comme par-delà, les années 68. De même, il convient d’opérer des enquêtes européennes systématiques sur ces reconfigurations, autour de quelques figures emblématiques : les ouvrier(e)s évidemment, mais également les étudiant(e)s, les paysan(ne)s, les jeunes, les immigré(e)s, au double sens français et italien du terme, et les femmes. C’est avec une attention renouvelée à la question sociale dans ses déclinaisons contemporaines, et aux groupes sociaux qui la portent, qu’il convient de poursuivre ses chantiers ; c’est par là aussi que l’historien pourra contribuer à desserrer l’étau contemporain.





De fait, Clio travaille, et a besoin de lecteurs. Paraphrasant André Breton dans Les Pas perdus, on peut donc s’écrier à bon droit : « Lâchez tout et notamment tous les rentiers ; lâchez les livres faciles, petits et vite écrits », à défaut de les brûler. « Suivez Clio dans son patient travail ».



Xavier Vigna
Xavier Vigna est Agrégé d'histoire, maître de conférences d'histoire contemporaine à l'université de Bourgogne. Membre du Centre Georges Chevrier, il poursuit des recherches sur la conflictualité sociale et politique dans le second xxe siècle. Il est coauteur de Le Pain, la paix, la liberté. Expériences et territoires du Front Populaire (La Dispute, 2006) et vient de publier L'Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d'histoire politique des usines (PUR, 2007).
Autre(s) article(s) du même auteur paru(s) dans la RiLi
Mai 68 : le débat continue
Pour citer cet article : Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68 », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 08/07/2008, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=205
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Rili, Numéro 5, mai-juin 2008

Numéro 5

mai-juin 2008


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Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68
Serge Audier, La Pensée anti-68
Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective
Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


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Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes
Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)




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de l’industrie atomique :
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À propos de Frédéric Marillier, EPR. L’impasse nucléaire,


Charlotte Nordmann - Insoutenable nucléaire

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À propos de Laure Noualhat, Déchets, le cauchemar du nucléaire,


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"Penser à gauche. Figures de la pensée critique" en librairie

Jean-Numa Ducange - Editer Marx et Engels en France : mission impossible ?

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Miguel Abensour et Louis Janover, Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx
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L'histoire du Quilt

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Yves Citton - Démontage de l’Université, guerre des évaluations et luttes de classes

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Christopher Newfield, Unmaking the Public University
Guillaume Sibertin-Blanc et Stéphane Legrand, Esquisse d’une contribution à la critique de l’économie des savoirs
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Antonella Corsani, Sophie Poirot-Delpech, Kamel Tafer et Bernard Paulré - Le conflit des universités (janvier 2009 - ?)

Judith Revel - « N’oubliez pas d’inventer votre vie »

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Michel Foucault, Le Courage de la vérité, t. II, Le gouvernement de soi et des autres


Naomi Klein - Ca suffit : il est temps de boycotter Israël

Henry Siegman - Les mensonges d'Israël

Enzo Traverso - Le siècle de Hobsbawm

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Eric J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991)


Yves Citton - La pharmacie d'Isabelle Stengers : politiques de l'expérimentation collective

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Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient


Isabelle Stengers - Fabriquer de l'espoir au bord du gouffre

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Donna Haraway,


Serge Audier - Walter Lippmann et les origines du néolibéralisme

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Walter Lippmann, Le Public fantôme
Pierre Dardot et Christian Laval, La Nouvelle Raison du monde. Essai sur la société néolibérale


Nancy Fraser - La justice mondiale et le renouveau de la tradition de la théorie critique

Mathieu Dosse - L’acte de traduction

à propos de
Antoine Berman, L’Âge de la traduction. « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire


Daniel Bensaïd - Sur le Nouveau Parti Anticapitaliste

à propos de
Jérôme Vidal, « Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA », RiLi n°9


Iconographie (légende)

La RiLi a toutes ses dents !

Yves Citton - La passion des catastrophes

Marielle Macé - La critique est un sport de combat

David Harvey - Le droit à la ville

Grégory Salle - Dérives buissonières au pays du dedans

Bibliographies commentées: "L'étude des camps" et "Frontière, citoyenneté et migrations"

Jérôme Vidal PS - Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA

Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

à propos de
Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux
Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine
Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie
Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

L’anthropologie sauvage

Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

Frédéric Lordon - Finance : La société prise en otage

Mahmood Mamdani - Darfour, Cour pénale internationale: Le nouvel ordre humanitaire

André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

à propos de
Marcel Gauchet, L’Avènement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche »

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de
Marcel Gauchet,


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de
Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de
Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de
Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos de
Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn - Mai 68 : le débat continue

à propos de
Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

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Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

à propos de
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Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes.

à propos de
Les cours de Gilles Deleuze en ligne
François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée
Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

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Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie
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John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir
Richard Day, Gramsci is dead


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Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

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Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

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Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

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Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

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Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


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Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

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Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

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Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

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Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de
Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

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Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro